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Formation au numérique : une solution à la crise et au chômage de masse ?  Voir?


Table ronde OWF2013

Titre : La formation au numérique : une solution à la crise et au chômage de masse ?
Intervenants : Fatiha Gas, Roberto Di Cosmo, Kwame Yamgnane, Jean-Marie Gilliot, Philippe Montargès
Lieu : Paris, Open World Forum
Date : Octobre 2013
Durée : 38 min 38
Pour visionner la vidéo

Transcription

Présentateur : Bonjour à tous. Donc on est en tout petit peu en retard comme vous avez dû vous y attendre. Si vous pensiez avoir les sujets suivants il faudra attendre un tout petit peu.
Là on va parler d'une question qui dépasse le logiciel libre et qui est pourtant portée aujourd'hui par des acteurs du Libre. On parle beaucoup de chômage de masse, on parle beaucoup de problèmes d'emploi et, de l'autre côté, on a une économie numérique qui est en très forte croissance, qui génère beaucoup d'emplois, dans laquelle les entreprises se plaignent de ne pas avoir assez de compétences. La question du panel aujourd'hui c'est : est-ce qu'on a une solution ? On a des cycles longs, on a des cycles courts, est-ce qu'on a vraiment une solution, aujourd'hui, pour combler ce besoin de compétences en France et dans une logique, peut-être, soit de court terme soit de moyen terme ? On va commencer par la première personne à ma droite.

Fatiha Gas : Par les dames. C'est ça ?

Présentateur : Par les dames, oui.

Fatiha Gas : Bonsoir à tous. Je voudrais commencer d'abord par réagir à la remarque qui a été faite tout à l'heure qui disait que les formations ne sont pas bonnes. Moi je dis et je répète les formations sont bonnes, elles sont bien pensées, mais parfois elles ne sont pas forcément pensées en adéquation avec le besoin des entreprises. Et pour que ces formations soient pensées en adéquation avec votre besoin il faut qu'il y ait plus de dialogue, il faut qu'il y ait plus de partage, plus de travail en commun, pour qu'on réussisse à mettre, entre guillemets « sur le marché », un produit qui convienne aux entreprises. Voila, ça c’était ma première remarque. La seconde par rapport à : est-ce qu'il y a une solution ? Eh bien ma foi, s'il y avait une solution je crois qu'on ne serait pas là.

Présentateur : Très bien. Alors là il y a une question, je connais un peu Roberto. Je pense qu’il va beaucoup avoir aimé le côté « on met un produit sur le marché » en parlant d’étudiants qu'on va former.

Fatiha Gas : Formations.

Présentateur : Par rapport à ça justement, aujourd’hui, il y a différentes notions. Aujourd'hui on doit former des ingénieurs, on doit former des développeurs, on a des cursus en France, on a un historique même d’enseignement qui est fort. L'idée ce n'est pas remettre en cause cet historique. Mais d'où vient ce sentiment aujourd'hui partagé par des entreprises et certaines activités, de ce décalage entre la demande d'emplois et l'offre aujourd'hui ? Roberto !

Roberto Di Cosmo : Est-ce que je peux répondre à une question différente de celle que tu as posée ?

Présentateur : Oui tu as le droit.

Roberto Di Cosmo : Je vais essayer de le faire quand même. Je vais juste revenir un instant sur une question qui me parait très importante. Ça a été évoqué tout au long des interventions antérieures par Patrice, par Tony 1. On a besoin de plus en plus de faire en sorte qu'on prenne conscience de l'importance essentielle du logiciel dans notre vie d'aujourd'hui, donc de la compréhension du logiciel, de la maîtrise de ce logiciel. Maîtriser le logiciel est essentiel pour maîtriser, finalement, nos vies. Vous savez que ce sont les logiciels qui contrôlent nos vies aujourd’hui. Donc ça ne se résume pas juste à répondre aux besoins d'entreprises qui ont besoin d'embaucher un peu plus d'ingénieurs. Évidemment ce serait une partie de la question, mais ça ne s’arrête pas là.

Je vais essayer de donner quelques éléments de réponses et des réflexions. Si vous regardez un instant, on vit, aujourd'hui, une révolution industrielle majeure. L'arrivée de l'informatique fait en sorte que tout un tas de choses qui étaient difficiles à faire, aujourd'hui disparaissent, parce qu'il y a des automatismes pour les simplifier. On construit des programmes qui remplacent des personnes anciennes et on a une grosse tendance, de la part d'un certain nombre d’entreprises, d'essayer de transformer l'ensemble de la population en utilisateurs plutôt qu'en acteurs du logiciel. C'est pour ça que, finalement, on s'étonne trop tard du fait que notre vie privée est compromise, que nos connaissances sont prises en otage, que nos données disparaissent, etc., alors que ce devrait être quelque chose d'assez évident, qui était assez évident pour un certain nombre d'entre nous. Si on veut répondre à tout ça, il est absolument important que la plus grande partie de la population, donc pas seulement les ingénieurs qu'on va former dans nos écoles, aient une bonne idée, un bon modèle mental, de ce qu'est un ordinateur, ce qu'est l'informatique, ce qu'est cette révolution qui est en train de changer nos vies. Il n'y a pas d'autre façon, c'est triste à dire, mais il n'y a pas de choses gratuites dans la vie. Si vous voulez avoir un bon modèle mental de quelque chose, il faut mettre la main à la pâte, jouer avec, essayer d’apprendre. Les mathématiques, on apprend dès qu'on est tout petit, on commence à compter sur nos doigts, un, deux, trois, quatre, puis on fait trois plus deux, deux plus trois, on s'aperçoit que c'est la même chose, on apprend la commutativité, etc., depuis qu'on est tout petit.

Qu'est-ce qui se passe avec les logiciels ? Eh bien les logiciels, on a essayé de faire des efforts, de très bonne volonté, mais insuffisants. C'est-à-dire mettre des enfants devant des ordinateurs pour jouer avec des traitements de texte ou des jeux vidéos. Ça c'est sûrement très intéressant pour leur faire perdre la peur du mulot, de la souris, mais ça ne leur donne pas un modèle mental de ce qu'un ordinateur peut faire. C'est absolument essentiel qu'ils apprennent à coder, à savoir, aussi, quelle est la limite du code. Un certain nombre de choses que des chercheurs ont découvert il y a très longtemps, il ne faut pas que ce soit caché parce que c'est difficile. Il y a des résultats importants. On ne peut pas tout faire avec un ordinateur. Il y a des résultats limitatifs importants et ça, il faut que ce soit porté à la portée de tout le monde de la façon la plus large possible. C'est essentiel pour que cette révolution informatique, dans laquelle on vit, soit profitable pour tout le monde.

Maintenant je vais arriver à la réponse. Je vois le temps qui passe. Je vais essayer de m’arrêter relativement vite. Après, pour ce qui concerne les formations en France, la France vit dans un monde un petit peu paradoxal, parce que souvent on nous dit : « En France vous avez des personnes qui sont des ingénieurs, des développeurs fantastiques, mais ils se tirent tous pour aller s'installer en Californie, là où il y a 150 000 ingénieurs, par ailleurs ». Ce n'est complètement fou ! Regardez un instant. Il y a un paradoxe, un peu, chez nous, qui n'existe pas ailleurs. Regardez aux États-Unis, les meilleurs étudiants sont dans les meilleures universités, en contact avec les meilleures équipes de recherche, qui leur transmettent, dans le cadre de leur formation, une vision de ce qu'ils pensent que va être le monde dans dix ans, dans quinze ans. Donc ces étudiants sortent avec une avance technologique formidable.

Ici en France, pour des raisons qui me dépassent, étant italien je n'ai pas vécu ça, je le découvre maintenant avec mes enfants, l'idée c'est : on essaye de prendre les meilleurs étudiants possibles, on les met dans des écoles, séparées, dans lesquelles on ne met pas les laboratoires de recherche où les personnes font du développement technologique super avancé et dans lesquelles on essaye de répondre un peu trop directement aux besoins directs des entreprises. Je pense que là c'est une erreur fondamentale. Il faut remettre en contact tout ça : la recherche, l’enseignement et le développement.

N’oubliez que, en France. vous avez une énorme quantité de contributeurs au monde du logiciel libre, qui est issu du monde de la recherche, on l'a vu ce matin, pas que, évidemment et heureusement, pas que issu du monde de la recherche, mais c'est un avantage compétitif énorme dont il faudrait tirer partie et ne pas se laisser juste, disons, bloquer par l’ancien carcan dans lequel on est habitué, dans la séparation écoles d'ingénieurs, universités, etc. Tout ceci il faut le remettre en question et essayer de remettre un peu plus de contacts entre l'activité d'innovation moderne dont on dispose et l'enseignement qu'on donne qui ne peut pas, je le répète ça c'est mon rôle d'académique de le rappeler, ne peut pas se résoudre en formation spécifique pour les besoins ponctuels d'une entreprise aujourd'hui.

Présentateur : D'accord. Donc là, sur le passage de fond et cette question-là, j'allais dire plus fondamentale, de l'enseignement, du rôle de l'enseignement de l'informatique dedans, il y a aussi une réalité, une réalité qui est actuelle. C'est-à-dire qu'il y a notre grande capacité, on le sait bien, à pouvoir faire de la prospective, à voir à dix ans, à essayer d'enseigner, et l'enseignement, mais aujourd'hui, concrètement, on a une situation actuelle. Il y a des réponses que vous essayez d'apporter à l'École 42, de se dire « bon est-ce qu'on ne peut pas donner une deuxième chance à des gens qui ont envie, qui n'ont peut-être pas eu l’occasion ni l'envie de faire ces cursus-là, et qui ne se sont peut-être pas retrouvés dans ce qu'on a actuellement, pas ce qu'on a à construire, mais ce qu'on a actuellement ? » Et c'est quoi votre approche, justement, chez 42 ?

Kwame Yamgnane : C'est une question qui est hyper large. La première chose, un peu pour répondre d'où le débat est parti, mais un peu sur les premières questions. Il y a un fait déjà majeur, moi je ne suis pas capable d'y répondre, mais en tous les cas, ce qui est certain, c'est que ça fait à peu près vingt ans ou plus qu'il n'y a pas de croissance et je ne sais pas si on n'est pas en train de courir derrière une chimère. Globalement elle n’existera plus. Ensuite je ne suis pas en plus certain que faire reposer sur la formation et le numérique la croissance de demain, si l'éducation est capable de supporter d'avoir comme rôle de redonner de la croissance à cinq milliards d'humains sur terre. Ça me parait compliqué, mais je ne suis pas un grand spécialiste du sujet. Ce que je veux juste dire c'est qu'il y a peut-être des décalages là-dedans. Je suis tout à fait d'accord avec Roberto sur ce qu'il a dit.

La programmation. Pour parler crûment, vous me filez à peu près n'importe qui, au bout d'un moment je vais réussir à lui faire pondre trois lignes de C ou alors c'est qu'il lui manque des doigts. Ce n'est pas possible ! Les langages sont ridicules en termes d'apprentissage.U ne fois qu'on a appris vingt mots de langage, in, parenthèse ouvrante, fermante, crochet, point virgule et virgule, avec ça on peut commencer à faire des choses. La problématique n'est pas là. La problématique est de savoir qu'effectivement programmer c'est un schéma de pensée et ce schéma de pensée-là, c'est le schéma de pensée qui va permettre d'aborder, effectivement, le monde de demain dans lequel on est numérique. Et qu’aujourd’hui, ce schéma de pensée, en France, il a été directement, ni plus ni moins, qu’attrapé et complètement fermé, au niveau de l’Éducation nationale, sur une tranche de population extrêmement faible.

Effectivement les écoles d'ingénieurs, je suis né à Brest, j'ai fait le lycée naval donc je connais bien l'ENSTB2, j'ai plein de collègues qui l'ont faite. Ce n'est pas un problème, on sort des super ingénieurs. Au-delà du fait qu'ils ne soient pas du tout formés pour entrer dans les entreprises, mais ça, c'est encore un autre sujet, bon là ça ne sert à rien de… Vous allez sur le site de la Conférence des grandes écoles, vous téléchargez l’enquête insertion 2009, et vous voyez qu'il y a 76 % des étudiants qui ont un travail six mois après être sortis des grandes écoles. Ça sous-entend qu'il y en a quand même un sur quatre qui n'est pas en situation d'emploi. Ça d'accord, mais il y a tout un tas de raisons autour de ça. En tous les cas, aujourd'hui ça été fermé, et ça a été cerné, pour une toute petite part de la population. Et je suis tout à fait d'accord avec Roberto, aujourd'hui si on veut former des gens qui soient capables de comprendre les problématiques du numérique et de savoir quand on clique qu'est-ce qui est en train de se passer derrière ! Et au-delà de ça, on va encore beaucoup plus loin. C'est que je ne vois pas comment et je vais faire rapide, mais comment est-ce que la prochaine directrice marketing de chez Chanel va pouvoir être directrice de marketing de chez Chanel si elle ne sait pas ce que c'est que la big data et si elle n'est pas capable de concevoir des choses là-dedans. De la même façon qu'aujourd'hui la directrice marketing de chez Chanel ne peut pas être directrice de marketing de chez Chanel si elle ne sait pas comment fonctionne Excel. Vous voyez ce que je veux dire ? Si on ne sait pas compter, on ne peut pas devenir directeur marketing. On a appris à compter aux gens, on leur a appris à parler, on leur a appris à écrire. Moi je pense qu'il faut tout simplement leur apprendre à coder.

Nous, notre réponse a été de dire, qu'après s’être un peu débattus depuis une dizaine d'années sur d'autres écoles, je suis un ancien, moi-même, d'Epitech3, on a décidé de passer à une autre échelle, avec d'autres gens, dans un autre cadre, en faisant des choses effectivement gratuites, ouvertes à tous, avec et sans le bac. Parce que nous, ça ne nous intéresse pas, effectivement, de bosser sur les quelques pour cent de gens qui ont la capacité de rentrer en école d'ingénieur et qui, à la sortie, sont extrêmement bons et hyper reconnus par tout le marché, effectivement quand ils partent aux États-Unis, etc. Nous, notre réponse se situe à ce niveau-là. C'est apprendre à coder pour tous. Il se trouve qu'en plus, quand on leur apprend à coder avec notre méthode, le marché les adore. Ça tombe bien ! Mais en soi, à la base, on ne les a pas du tout formés pour leur apprendre à faire du C. Vous allez sur le site du Zéro, vous allez apprendre tout seul, ça marche très bien. Nous on leur apprend vraiment autre chose à l'intérieur de ce code.

Présentateur : Très bien. Parlons du site du Zéro, c'est bien, qui a changé maintenant de nom justement pour prendre la mode du MOOC dans le sens.

Jean-Marie Gilliot : Openclassrooms.

Présentateur : Voila. Je voudrais savoir en tant que dirigeant d’entreprise Philippe, on entend « les ingénieurs sont d'un très bon niveau ». On ne remet pas en cause le niveau d'un ingénieur. Après, pour une entreprise, une PME, en France, du logiciel libre, qui n'est pas une très grande multinationale, ça représente quoi l'ingénieur ? Ça représente quoi ces besoins-là ? Est-ce qu'on a besoin de toujours quelqu'un ? C'est quoi le profil aujourd'hui idéal ou ce dont vous, vous avez besoin en tant qu'entreprise ?

Philippe Montargès : Je vais jouer à l'ancien, encore. Mais depuis trente ans les entreprises de l'informatique, du numérique maintenant, recrutent, cherchent à recruter toujours le même type de profil, c'est-à-dire le bac plus cinq, école d'ingénieur, qui est capable de faire papa/maman, qui est un mouton à cinq pattes et qui pourrait être facturé, de manière directe ou indirecte, très cher. C'est à peu près le business modèle de beaucoup des entreprises informatiques depuis trente ans. Je pense qu'effectivement, là, on arrive à une rupture par rapport à ce modèle-là. Et vu le besoin, et là je ramène ça à la filière open source, vu le besoin propre de notre filière en termes de compétences, en termes de développeurs, puisqu’il y a un mot qui n'a pas été utilisé encore, c'est le mot développeur, ce dont on a besoin par exemple chez nous, dans les entreprises du logiciel libre et de l'open source, c'est une étude qui était sortie l'année dernière, c'est à 60 %, quand même, des besoins en termes d'ingénieurs développement, logiciel, web. Et donc on est confronté nous, effectivement tu l'as souligné, sur un modèle économique où on ne peut pas rentrer forcément dans une surenchère systématique par rapport au niveau de qualification, au niveau d'école, donc au niveau de salaire, donc au niveau de tarification, derrière, par rapport au client. Donc effectivement, on suit de près les initiatives, de très près, tout ce qui a trait actuellement sur le marché, qui bouscule un peu les lignes, le projet 42 par exemple, mais aussi l'arrivée des MOOC qui peuvent être d'autres modèles pour accélérer la formation.

Par contre je ne suis pas dupe sur le fait, aussi, qu'on est sur un secteur où la technologie ne s'improvise pas. Ce n'est pas que de l'usage. Il faut que les gens soient formés, effectivement, et soient qualifiés. On a besoin de qualification. Et je pense que la problématique qui se pose essentiellement, que ce soit pour 42, pour les écoles d'ingénieurs, pour les cycles universitaires, c'est où met-on la barre ? Comment détermine t-on cette notion de certification ? Cette notion de qualification ? Et je crois que là on est vraiment au cœur du problème. C'est-à-dire à tel degré de qualification, j'ai tel niveau de rémunération, ça génère un business modèle, que ce soit chez les éditeurs ou dans les sociétés de service, les ESN4 comme dirait le président du Syntec numérique puisqu'il a changé de nom, on est tous confrontés au même business modèle. On doit recruter. On doit faire face à une demande croissante, notamment dans le secteur de l'open source, qui est forte. Il est prévu, je crois, sur les trois ans qui viennent, plus de dix mille recrutements, rien que sur notre filière de l'open source. Je ne parle pas du monde web au sens large et ainsi de suite. Comment on fait pour alimenter ça ? En restant dans un business modèle qui tient. Et moi je crois effectivement que si on arrive à garantir un niveau de qualification et qu'on puisse baisser un petit peu le coût de la fabrication et éviter de rentrer dans la surenchère des écoles d'ingénieurs où quand le gars sort, le premier truc qu'il veut c'est être chef de projet sans avoir fait de développement et avoir un salaire à 45 000 euros, ça me parait bien si ça va dans ce sens-là.

Présentateur : Très bien. Justement, Jean-Marie, on parlait de qualification, de validation, de toute cette partie-là. En gros, on va avoir des nouvelles solutions, on va parler des MOOC, Massive Open Online Coursive, donc une sorte de miracle où tout le monde va se former tout seul, en ligne. Mais comment moi je valide ? Comment on valide une compétence dans ce cas-là ? Comment on peut savoir ? Qu'est-ce qu'un MOOC dans cet univers de la formation et dans cet univers de l'enseignement ? Parce qu'on se dit, on va sur des sites, le site du Zéro et tout ça, on se dit on peut apprendre PHP, on peut apprendre tout ça. C'est quoi le sens du MOOC dans cet univers-là ?

Jean-Marie Gilliot : Je vais faire comme Roberto, je vais d'abord répondre à une autre question et ensuite répondre à la tienne. En passant, c'est amusant, depuis quelques temps quand je me promène je rencontre toujours quelqu'un qui a fait le lycée naval de Brest et ça fait super plaisir, surtout que mon fils va y rentrer, mais ça ce n'est pas l'histoire. Premier point, sur les écoles d'ingénieurs qui ont 76% des gens formés au bout de six mois. Je pense qu'il ne faut pas faire du global sur ce genre de choses-là. Toutes les écoles sont très indépendantes, ont chacune leur modèle et démarrent chacune un petit peu avec leur profil et font ce qu'elles peuvent. Il y a dans certaines écoles des contacts réguliers avec les entreprises. Il y a des écoles qui intègrent complètement la problématique de la recherche dans leur formation. Je suis dans une école, pas loin du lycée naval à Brest, puisque Télécom Bretagne on est voisins, ce sont des choses qu'on intègre dans notre formation. Et on a une qualité, c'est que vu qu'on est petits comme des petites entreprises, on peut évoluer, on peut faire ce qu'on veut, on peut tester des choses, et on peut avancer, et à la sortie avoir, non pas 75 %, mais tous nos élèves qui quasiment ont un boulot avant de sortir, dans l'entreprise, et qui ne sont pas mal payés, ce qui nous fait plaisir. Mais je suis bien d'accord sur deux choses, ça ne représente qu'une toute petite partie de la population formée et ça intègre bien le fait qu'il faut former les gens à avoir la culture informatique, Computer Thinking, pour reprendre ce que dirait Jeannette Wing. Donc ça, OK.

Deuxième chose que je voudrais dire avant de répondre à la question, c'est qu'en fait ce qui m'étonne à chaque fois que je croise les gens du logiciel libre, c'est qu'il nous disent : « Il faut comprendre le logiciel libre, il faut maîtriser le logiciel, etc. » On est tout à fait d'accord. Il me semble qu'on manque un point quand on fait ça. C'est qu'en fait il y a une culture derrière le logiciel libre, il y a la culture du Libre qui, quelque part, est la culture du bien commun et qui pose la question de comment on gère une connaissance commune, comment on la fait évoluer, comment on la fait grandir et comment on travaille ensemble à coproduire cette connaissance commune. Ce truc-là c'est une notion qui est en ce moment en train d’être, je dirais, théorisée, qui s'appelle le bien commun. Cette notion de bien commun elle marche dans la santé, elle marche dans la culture, dans la construction de nourriture et elle marche aussi dans la construction de l'éducation. Et je vais arriver à ta réponse, quand même je ne perds pas le fil. Cette culture-là, qu'on a là, il faut qu'on la valorise aussi et qu'on dise qu'on a compris le logiciel, mais on a compris aussi une manière d’être et une culture, pour pouvoir faire avancer des biens communs ensemble.

La bonne nouvelle, si on parle des MOOC, excuse-moi je vais garder le terme à l'anglaise, on parle de FLOSS, de machin, c'est qu'il y a l'université, les écoles et des entreprises, on parlait de l'OpenClassrooms, ce qui était le site du Zéro il n'y a pas si longtemps, font un pas dans le domaine de l'éducation en disant on va ouvrir des choses, on va permettre aux gens de venir apprendre quelque chose en ligne dans un contenu qui n'est pas seulement déposé mais qui est emballé pour que les gens puissent apprendre avec un prof, avec des gens qui sont autour d'eux. Il y a cette culture de la collaboration qui se met en place qui est celle du Libre. Ça tombe bien ! Donc ce truc là va dans le bon sens. Ça n'emmène sans doute pas tout le monde. La personne qui est réticente à aller sur un ordinateur, qui n'a pas la culture minimum, ne va sans doute pas accrocher à ces trucs-là, mais c'est un pas et c'est un pas qui a l'air de ne pas mal marcher parce qu'il y a quand même pas mal de monde qui apprend au travers de ça.

Un deuxième pas qui est intéressant, c'est que, certes on parle de MOOC, on pense aux élèves, mais nous sommes tous des élèves, toute notre vie. C'est-à-dire que tu disais PHP, je suis désolé moi, quand je suis sorti de l'école, PHP n'existait pas. J'ai eu la chance d'avoir une culture informatique qui soit suffisante pour que je puisse me dire OK je prends un petit temps et je vais appendre PHP, si j'ai besoin de PHP ou de Python, etc. J'en profiterai pour évoluer sur quelques concepts par rapport à un schéma global. Donc le MOOC on peut le voir aussi comme un outil ouvert, partagé, qu'on peut améliorer ensemble, pour pouvoir se former tout au long de la vie. Ça, il me semble que ça fait sens pour les entreprises. OK. Donc ça c'est un premier point.

Après la question que tu posais, c'était le problème de la certification de ces apprentissages sur ces cours en ligne. Ce mouvement des MOOC est un mouvement qui est tout récent. France Université Numérique, ça été annoncé le deux octobre, on est le trois octobre. Donc voilà ! On a un jour qui s'est passé on n'a pas répondu à toutes les questions en une journée. Heureusement, sinon on n'aurait plus de boulot, comme on disait tout à l'heure. Donc il y a un mouvement qui se met en place qui donne de l'accès. La question de la certification va se mettre en place doucement, enfin doucement, assez rapidement. Je crois que des entreprises comme OpenClassrooms imaginent assez rapidement de faire des certifications qui soient, en gros, l'équivalent de ce qu'on fait dans pas mal d'universités et de facs, c'est de faire des examens sur site, éventuellement avec machine. Donc on les moyens de faire aussi bien que ce qu'on faisait avant. Après, c'est clair que si on veut une évaluation sur des compétences et tout, eh bien il faudra y passer du temps, il faudra retourner à un endroit et faire ce que mes anciens collègues appelaient un examen de labo, c'est-à-dire mettre les mains dans la pâte et valider qu'on est capable de mettre les mains dans la pâte. Mais ce n'est pas lié aux MOOC c'est lié, quelque part, à tous nos modes d'évaluation, dans toutes nos formations, de la maternelle, enfin peut-être pas de la maternelle, de la primaire jusqu'à la fin de la formation, au moment où on la termine. Donc effectivement, ce n'est pas un objet idéal en termes de certification, mais c'est un objet comme un autre.

Dernier point. On a quand même un truc, je finis sur la certif quand même, on a un truc qui n'est pas mal en France dont on ne parle pas très fort, c'est la validation des acquis de l'expérience, qui permet de valider, de faire reconnaître des choses. Quelque part en Europe on a des mécanismes qui vont nous permettre de certifier des expériences qu'on a eues dans l'entreprise, des cours qu'on a suivis, que ce soit un MOOC, ou que ce soit un truc en ligne, ou que ce soit un truc qu'on a fait ailleurs. Donc on a des outils qu'on va pouvoir mettre en œuvre qui vont compléter le numérique pour pouvoir dire où est-ce que ce gars-là ou cette personne-là elle est compétente sur tel sujet.

Présentateur : Très bien. Donc c'est intéressant. Pour la partie Public Goods, biens communs, ça fait très longtemps qu'on en parle dans le logiciel libre, depuis des années. On peut tomber sur des débats, même il y a encore cinq six ans aux RMLL ou à d'autres, où il y a des grands économistes. Ça fait même partie de l'essence du logiciel libre. Ça c’était pour fermer la parenthèse. Par rapport aux MOOC, justement, Fatiha, vous travaillez, vous, au sein d'une école d'ingénieurs, vous dirigez une école d’ingénieurs, vous travaillez aussi au sein de Pasc@line5, moi, quand j'entends ce que j’entends sur le MOOC, il y a un mot qui est arrivé à la fin des années 90, qui n'a pas réussi à percer, ça s'appelait le e-learning. Et depuis, j'ai eu l'occasion de travailler dans le e-learning et c'était un peu ça : on met des cours en ligne, avec plus ou moins de vidéos, plus ou moins d'interaction et on essaye de certifier les gens. Et comme généralement les diplômes ça se passe à l'université ou dans des écoles qui sont certifiées, à la fin on les envoyait dans des universités passer des diplômes. Qu'est-ce que ça apporte de plus le MOOC ? Est-ce qu'il y a vraiment une révolution ou c'est un effet de mode ?

Fatiha Gas : C'est vrai que la frontière est ténue. On voit bien que le MOOC, finalement c'est un petit peu ce fameux enseignement à distance, ce e-learning. Aujourd'hui avec les infrastructures, avec l'arrivée d'Internet de façon massive, pour un petit peu monsieur et madame Toulemonde, les MOCC, finalement, se sont démocratisés. Ce n'est pas réservé à une population qui décide de… Il y a cet aspect-là. Mais les MOOC sont aujourd'hui victimes de leur succès, puisque l'apprentissage ou la formation, son intérêt c'est aussi l'interactivité. Or quand vous avez un million de personnes qui sont connectées, même vingt mille, même deux mille, même mille, c'est compliqué pour un enseignant qui est derrière son écran de faire un cours interactif et de répondre aux interrogations de toutes les personnes qui sont de l'autre côté. L’intérêt des MOOC, finalement, je dirais qu'il est là, mais il faut trouver le bon compromis, il faut trouver la bonne façon de fonctionner. Et je sais, aujourd'hui, qu'il y a certaines universités qui ont mis en stand-by leur projet de MOOC qui avait démarré, pour réfléchir à nouveau à comment offrir un enseignement qui permette soit une évolution de compétences, pour quelqu’un qui a déjà un diplôme, soit un changement de formation, soit une certification ou le passage d'un diplôme. Mais effectivement, ça reste une question.

Maintenant pour rebondir sur ce qui a été dit tout à l'heure, les MOOC c'est très bien, les formations d'ingénieurs c'est très bien, mais on ne peut pas forcer un jeune à s'intéresser à quelque chose. Qu'est-ce qu'on peut faire pour que les jeunes viennent vers nos métiers, vers les études qui les mènent aux métiers de l'informatique ou du numérique. Il y a aussi une question, vous l'avez dit tout à l'heure, d'introduire l'enseignement des langages informatiques dans des petites classes, au collège ou au lycée, c'est une bonne façon, c'est peut-être une bonne façon d'intéresser les jeunes au numérique. En général, une personne qui va pour s'auto-former sur un MOOC ou autre c'est parce qu'elle est intéressée par le sujet. Un jeune pour qu'on l'amène à nos sujets à nous, il faut, peut-être, le prendre un peu plus tôt et ne pas attendre le bac.

Présentateur : Très bien. C'est un débat sur lequel on va parler. Je vous invite demain après-midi où on va traiter, justement, de ce débat très intéressant de l'enseignement de l'informatique en tant que science très tôt. Là Kwame, j'ai une autre question avec vous. Tout à l'heure vous avez dit « il faut mettre les mains dans le cambouis, il faut pratiquer ». Je veux bien que quelqu’un apprenne sur le MOOC comment on fait PHP, comment je fais, mais s'ils viennent chez vous, et vous me dites que vous pouvez les transformer en très peu de temps à faire les trois lignes de C, c'est parce qu'il n'y a pas qu'une capacité d'auto-apprentissage, il y a aussi une pédagogie, une relation.

Kwame Yamgnane : Bien sûr. Après sur ce qui a été dit, c'est là que clairement on dévie quoi ! C'est-à-dire que moi je ne suis plus du tout d'accord avec vous. Vous dites comment est-ce qu'on fait pour attirer les jeunes dans nos écoles. Vous avez-vu les frontières qu'il y a pour accéder à une école d'ingénieurs, en France, aujourd'hui ?

Fatiha Gas : Pas forcément une école d'ingénieurs, mais une formation du numérique.

Kwame Yamgnane : Non mais une formation, une école. Une formation en exemple. On parle des écoles d’ingénieurs, Pour rentrer à l'ENSTB, je vous conseille quand même d'être dans les trois premiers français. Ce n'est pas n'importe quoi.

Fatiha Gas : Pour attirer les jeunes vers le numérique. Pas forcément une école d’ingénieurs.

Kwame Yamgnane : Non, mais les jeunes vers le numérique. C'est ce que je vous ai dit. Les écoles d'ingénieurs et scientifiques ont accaparé, effectivement, la formation scientifique de l'informatique, ce qui n'est pas tout dans l'informatique d'ailleurs, je tiens vraiment à le préciser. C'est ce que vous dites tout à l'heure quand vous dites les sciences, l'informatique etc. Il y a beaucoup de pas du tout science dans l'informatique. C'est quand même un métier d'art, où on part, globalement, d'une feuille blanche avec son Emacs6 et on commence à créer. Vous parlez des certifications. Les certifications, comme vous le savez, sur 42, on n'en a pas. Pourquoi on n'en a pas ? Parce qu'il n'y en pas besoin. Les certifications sont là pour certifier qu'une personne est individuellement bonne dans un endroit. On est quand même à l'Open World Forum. Notre métier, à tous, quand on fait de l'open source, c'est qu'on bosse tous ensemble. Dire qu'une personne on veut la certifier personnellement etc., ce qu'on appelle travailler à deux, au lycée, c'est ce qu'on appelle tricher. Ce qu'on appelle ici travailler à deux c'est collaborer. Donc la problématique qui se pose c'est qu'aujourd'hui on est dans un système d'enseignement où on fait de l'enseignement individuel, pour faire rentrer des gens dans un monde qui est partagé. La notion de hiérarchie mondiale de « on part du prix Nobel machin, ta ta ta ta et on descend, on descend, on descend », ce sont des choses qui sont en train de disparaître. On travaille, comme l'a dit tout à l'heure un des précédents intervenants, il a dit : « Voilà, il y a des choses qui sont en train de se passer dans l'open source où on est en train de redescendre dans la hiérarchie entre ceux qui te donnent les logiciels, ceux qui les font, etc. » On travaille dans un monde qui est global. Et aujourd'hui qui a certifié que Linus Torvalds savait faire du Linux ? Qui l'a dit ? Eh bien les autres. Il y en a un qui s'est mis à coder, on a dit il est bon, etc., et entre eux ils ont partagé.

Moi je pense que, justement, si on ne change pas effectivement profondément la pédagogie on n'y arrivera pas. On n'a jamais eu autant de moyens pour travailler. On n'a jamais eu autant de profs. On a la chance, en France, d'avoir effectivement une grande tradition de l'éducation, donc énormément de professeurs. Je rappelle juste que le ministère de l’Éducation nationale, tous les agents, c'est un million de personnes et il y a à peu près quinze millions d'élèves qui sont de la maternelle jusqu'à la terminale, ce qui sous-entend qu'il y a à peu près un agent pour quinze élèves. Donc le problème n'est pas là. Il n'empêche qu'on sort quand même cent cinquante mille personnes qui sont exclues du système. Cent cinquante mille personnes exclues du système par année, ça sous-entend quand même, une classe d'âge en France c'est un million de personnes, on envoie 15 % au casse-pipe.

La réflexion n'est pas de savoir… Le MOOC, pour moi, est un outil qui peut fonctionner. C'est fondamentalement qu'est-ce qu'on essaye de faire ? Or dans le MOOC, ce qu'on essaye de faire aujourd'hui et ce qui est fait aujourd'hui, c'est de la transmission de savoir. Transmettre le savoir dans notre milieu, c'est-à-dire le milieu du numérique, on pense que ça ne sert à rien. Vous allez sur Google si vous voulez apprendre à faire du C, vous allez apprendre du C. C'est Google. Si vous voulez aujourd’hui suivre des cours de maths de M. Wasserman vous allez directement sur le site du Carnegie Mellon 7 et vous regardez les cours. Vous n'avez pas besoin d'aller voir un prof, qui a été plus ou moins formé sur le sujet, qui va vous expliquer tout ça.

La question ce n'est pas d’appendre aux gens, faire de la transmission de savoir du numérique et de la transmission de savoir de trois lignes de code de C, ça franchement il n'y a vraiment besoin de personne pour le faire s'il est un peu motivé. La question c'est comment est-ce qu'on fabrique un schéma de pensée numérique ? Et on ne fabriquera pas un schéma de pensée numérique en assommant toute la journée des élèves à grands coups de « il faut faire ci, il faut faire ça, les tris c'est dans…, etc. C'est la raison pour laquelle nous on le fait pas. Et on forme, effectivement, un millier d'étudiants avec globalement zéro prof et zéro cours. Donc on n'a pas de profs, pas de cours. Donc on maintient une zone d'à peu près une dizaine effectivement d'organisateurs de l'école pour un millier d'étudiants qui sont dedans aujourd'hui.

Intervenant : Inaudible

Présentateur : S'il vous plaît pas de trolls dans la salle. Philippe tu voulais réagir.

Philippe Montargès : Je voulais juste réagir. Je trouve ça séduisant sur le papier et effectivement je suis comme beaucoup d'entrepreneurs, j'attends de voir effectivement les premières promotions déboucher dans les entreprises et dans les projets que mènent ces entreprises par rapport à leurs clients. Je me demande, juste, s'il n'y a pas un risque, effectivement, en faisant cohabiter d'une part, une filière formation type ingénieur universitaire et une filière, on va dire, ouverte, comme vous la présentez. Si on ne risque pas d'avoir, je dirais, une filière « low cost », entre guillemets, d'informaticiens, de travailleurs dans le numérique et ce n'est pas cela qui peut se produire, et l'absence de certification, pour moi. En tout cas elle n'obéit pas tellement à un processus de pédagogie, mais elle obéit surtout, aussi, à un niveau de qualification et on le sait bien c'est la qualification quand même qui justifie, oui ou non, un salaire.

Présentateur : Très bien, on va prendre Roberto. Une minute.

Roberto Di Cosmo : Je voudrais juste réagir à un tas de choses qui ont été dites ici. Il y a plein de sujets différents. On voit qu'on a des opinions assez diverses et variées. Je me permets de donner la mienne aussi. Si on veut attirer plus de monde qui fasse de l'informatique, il faut les mettre en contact avec l'informatique dès le plus jeune âge. Il faut qu'on apprenne ce que c'est que la programmation assez rapidement, qu'on comprenne ce qu'il y a à l’intérieur d'un ordinateur assez rapidement. Évidemment ça peut être fait de façon très rébarbative ou de façon très amusante.

Je ne vais pas dévoiler un grand secret pour les gens qui me connaissent. En théorie, en étant italien, formé à une époque où on envoyait les bons étudiants faire du grec et du latin, je devrais être maintenant, en suivant le schéma, dans une conférence de philosophie sur, je ne sais pas, les auteurs latins du XIIIe siècle, etc. Non ! Je suis à l'Open World Forum. Je suis passionné d'informatique. C'est arrivé comment ? C'est arrivé parce qu'à dix-huit ans par hasard j'ai acheté un ZX80, comme c'est arrivé à plein de monde. J'ai commencé à toucher à ça, j'ai découvert cet objet et je n'ai plus jamais réussi à m'en remettre. Si on m'avait donné ça plus tôt, probablement je serais tombé dedans plus vite, n'est-ce pas ? Moi j’observe. Je suis désolé. J'ai des enfants. J'imagine que c'est le cas chez vous aussi. Regardez un peu dans les écoles à quoi ils sont confrontés. On leur apprend, c'est vrai, on leur fait toucher de temps à autre un éditeur de texte pour écrire le journal de l'école. On leur fait faire un peu de macros dans Excel, ce qui est peut-être la torture la plus grave pour quelqu'un qui a envie d'apprendre la programmation, qu'on puisse imaginer. Finalement ça les dégoûte pas mal. Si on pouvait faire autre chose, on aurait plus de monde passionné. C'est évident. Ce n'est pas la matière elle-même.

Et là, c'est triste, mais malheureusement ce que tu disais Kwame, c'est oui. Oui, il y a je ne sais pas combien de millions d’agents de l'État, mais on avait appris sous Charles V le fait qu'en moyenne il y a une poule dans chaque pot ça veut dire que, peut-être, il y a des gens qui ont plein de poules et des gens qui n'ont rien du tout. Donc là, on a effectivement beaucoup d'agents qui font de la formation. Il y en a très peu qui font de la formation des enfants sur ce qui concerne l'informatique. Ça c'est le vrai combat d'aujourd'hui. C'est un combat qu'il faut mener dès le départ. Il y a des petites tentatives qui arrivent grâce à l'effort de plein de personnes, y compris plein qui sont dans cette salle auxquelles il faut rendre hommage, pour avoir une option informatique au lycée. Mais c'est très peu, c'est très tard. Il faut quand même généraliser ça et commencer tôt pour intéresser les gens, pour qu'ils puissent arriver dans des bonnes formations.

Après il y a un deuxième débat qui est beaucoup plus compliqué. C'est quelle est la bonne façon de faire de la transmission de connaissances ou de la génération de connaissances ou de la validation des personnes ? Ça ce n'est pas spécifique à l'informatique en tant que telle. L'arrivée de l'informatique a introduit des nouveaux instruments. Les MOOC n'auraient pas été possibles sans des internets à grande vitesse. Il faut aussi le dire, à la belle époque du e-learning, à l'époque où on avait commencé, les débits n'étaient pas les mêmes, les serveurs ne coûtaient pas la même chose, les vidéos coûtaient beaucoup plus cher. Il y a aussi des phénomènes économiques qui font en sorte que, peut-être, les mêmes idées reviennent aujourd'hui de façon beaucoup plus efficace qu'il y a quinze ans ou vingt ans.

Est-ce que vraiment je dois aller tout de suite me suicider en sortant de cette salle, avec plein de collègues, en disant je ne sers plus à rien ? Est-ce que les professeurs universitaires ne servent plus à rien ? Il suffit de me filmer une fois, après on peut me mettre sous un camion. Les gens vont regarder des films et pendant quarante ans on va apprendre toutes les choses que j'ai à dire. Ce serait sympa. Je suis désolé, je m'inscris en faux sur cette vision. C'est un peu trop simpliste. Il y a des choses différentes qui se passent dans l'interaction dans une petite classe, en petit groupe.

Là il y a d'autres choses aussi qui ont été dites sur lesquelles par contre je peux être pleinement d'accord. La pédagogie par projets, le fait d'apprendre ensemble, d'arriver à travailler, à collaborer, dans un monde qui, je suis désolé de le dire pour les collègues qui sont ici dans le monde de l'open source depuis longtemps, qui est très dur. C'est-à-dire le monde du logiciel libre n'est pas un monde dans lequel on est très poli. Ça dépend des communautés dans lesquelles vous allez. Vous écrivez du code qui est mal fait, vous faites des contributions qui ne sont pas bonnes, on vous envoie dans la gueule des e-mails qui sont par ailleurs publics, donc ça déprime pas mal la première fois où vous récupérez, parce que c'est une mailing list dans laquelle il y a mille personnes inscrites, on vous dit votre code est nul. Bon bref, après le week-end est un peu gâché. Il faut s'y reprendre. Il y a ces éléments formateurs-là qui sont importants.

On arrive sur la partie qualification. On sait bien que pour un certain nombre de recruteurs, pas pour tous, le fait d'avoir contribué efficacement à un projet en logiciel libre c'est un élément, c'est une vraie case cochée, ça coche pas mal d'éléments. Ça coche capacité de gestion de projet, d'interaction, de collaboration, etc. Ça coche plein de cases qui correspondent à pas mal de cours qu'on pourrait avoir dans une école de management.

En même temps n'oubliez pas, on a parlé tout à l'heure des grands consommateurs de logiciels qui utilisent énormément et massivement du logiciel libre, je parle de Google, Amazon etc. Est-ce que vous avez regardé comment ils recrutent ? Vous avez fait, un peu, un petit test pour voir comment est fait le processus de sélection ? D'ailleurs je retourne la balle à Kwame ici. Vous dites, d'accord, c'est une école ouverte à tous la vôtre, mais vous vous permettez quelque chose qu'on m'interdit à moi, c'est-à-dire vous avez une phase de sélection qui est très rude. Parce que vous récupérez mille personnes, mais il y en a dix mille inscrites au début. Vous vous permettez une phase de sélection qui, finalement, vous garantit au moins que les personnes que vous avez prises… Finalement vous prenez des risques, peut-être, mais pas tellement. Dans le monde académique, universitaire en France, je vous rappelle que 85 % des informaticiens dans cette nation qui est la France sont quand même des professeurs et des maîtres de conférences et des enseignants-chercheurs dans les universités et pas ailleurs. Donc 85 %. Mais nous n'avons aucune possibilité de sélection de personne. Donc on se débrouille comme on peut. Des fois ça fait de la sélection par l'échec, etc. Il y a certainement mieux à faire pour employer les compétences dont nous disposons aujourd'hui. C'est un défi long. Il y a vraiment une véritable question sur comment traiter toutes ces questions qui ne sont pas forcément les mêmes.

Présentateur : Très bien. On me fait signe. On va essayer de respecter notre temps. Je vous remercie tous pour cette discussion. N'hésitez pas à venir discuter avec eux. Je vous invite à venir demain après-midi sur ce sujet-là et participer à ce débat, et vous pourrez plus facilement interagir avec les invités. Merci beaucoup et à demain.

Applaudissements.

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(29/04/2016 @ 14:14)

Conférence « Priorité au logiciel libre : point d'étape de l'April » (12 mai 2016 à Lyon)  Voir?

12 Mai 2016 - 19:30
12 Mai 2016 - 23:30

Frédéric Couchet, délégué général de l'April, donnera le 12 mai 2016 à 19h30 à Lyon une conférence intitulée « Priorité au logiciel libre : point d’étape de l’April » et dont la description est :

Public visé : Tous (néophytes/débutants/experts). L’April a pour mission de promouvoir et défendre le logiciel libre. La mobilisation de ses bénévoles et de son équipe de permanents (3 personnes) lui permet de mener des actions nombreuses et variées en faveur des libertés informatiques. L’association produit des outils de promotion du logiciel libre et contribue à sensibiliser les responsables politiques et les pouvoirs publics sur les enjeux éthiques, sociaux, économiques et stratégiques du logiciel libre. Cette présentation sera l’occasion de faire un point d’étape sur les activités de l’April, les dossiers institutionnels, les actions récentes et à venir, les mobilisations et les manières de contribuer, la priorité au logiciel libre…(Conférence avec des autocollants, des anecdotes, des échanges…).

Cette conférence sera suivie d'un apéro partagé, vous êtes invités à apporter quelque chose à boire et/ou à manger. Nous prévoierons bien sûr un minimum vital. Vous pouvez signaler votre présence sur le Framapad.

La conférence est organisée dans le cadre des Jeudis du Libre à l'EPN Des Rancy, Maison Pour Tous / Salle des Rancy, 249 rue Vendôme – 69003 Lyon.

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(28/04/2016 @ 15:18)

Le Sénat adopte une simple « déclaration de bonnes intentions » sur le logiciel libre  Voir?

Dans le cadre de l'examen du projet de loi « pour une République numérique » en séance publique au Sénat, le 27 avril 2016, les sénateurs ont adopté une simple « déclaration de bonnes intentions » sur le logiciel libre. Donner une réelle priorité au logiciel libre dans le secteur public est la condition préalable indispensable pour une informatique loyale au service de l'intérêt général. Pour son inscription dans la loi, il faudra donc revenir plus tard.

À l'occasion des débats en séance publique, plusieurs amendements visaient à inscrire la priorité au logiciel libre dans le secteur public : l'amendement n° 449 des sénateurs Éliane Assassi, Jean-Pierre Bosino, Patrick Abate et du groupe communiste républicain et citoyen ; l'amendement n° 393 de la sénatrice Joëlle Garriaud-Maylam (LR) ; l'amendement n° 183 de la sénatrice Corinne Bouchoux et du groupe écologiste. Les débats ont duré près d'une heure et 10 minutes. Malgré l'évident consensus sur les qualités et vertus du logiciel libre, notamment en termes de souveraineté numérique, c'est l'amendement n° 223 rect du sénateur Jean-Pierre Sueur et des membres du groupe socialiste et républicain qui a été adopté. Cet amendement propose un simple encouragement à l'utilisation du logiciel libre. Cette disposition souffre d'un manque flagrant de portée politique, est dénuée de toute portée contraignante et n'est assurément pas à la hauteur des enjeux.

L'April remercie les sénateurs qui ont déposé les amendements priorité au logiciel libre et particulièrement Mme Joëlle Garriaud-Maylam, M. Jean-Pierre Bosino et Mme Corinne Bouchoux pour leurs interventions en séance.

L'April continue la lutte pour une informatique loyale au service de l'intérêt général qui passe par la priorité au logiciel libre.

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(27/04/2016 @ 22:23)

La communicabilité des codes sources des administrations encore plus restreinte  Voir?

À l'occasion des débats en séance publique au Sénat sur le projet de loi « pour une République numérique » la communicabilité des codes sources des services publics a encore été réduite par l'adoption de l'amendement n° 486 rect.

L'inscription dans la loi, via l'article 1er bis ajouté lors des débats à l'Assemblée nationale, de la qualité de document administratif communicables des codes sources représente une avancée certaine vers une véritable « République numérique », ouverte et transparente. Cependant, le troisième alinéa de l'article 1er bis introduit une nouvelle exception à la communicabilité des documents administratifs en cas de risque d'atteinte « à la sécurité des systèmes d'information des administrations ». Cette exception apparaît disproportionnée et porte le risque de vider l'avancée de cet article de sa substance. L'April a soutenu la suppression du troisième alinéa proposée par l'amendement n°181 de madame la Sénatrice Corinne Bouchoux et du groupe écologiste et par l'amendement n° 438 des sénateurs Eliane Assassi, Jean-Pierre Bosino, Patrick Abate et les membres du Groupe communiste républicain et citoyen. Malheureusement ces amendements ont été rejetés lors des débats en séance publique au Sénat le 26 avril 2016.

De plus, l'amendement n° 486 rect des sénateurs Vasselle, Deromedi, Cayeux, Deroche, Charon, Doligé et Fournier, a été adopté, contre l'avis du rapporteur et du gouvernement. Cet amendement exclut de la liste des documents administratifs communicables les codes sources des « personnes publiques ou privées chargées d’une mission de service public dans un secteur exposé à la concurrence ». C’est le cas par exemple des entreprises chargées d'un SPIC (service public à caractère industriel et commercial) dans le domaine des transports, comme la SNCF.

Le compte-rendu des débats sur cet article est disponible.

L'article 1er bis est donc désormais rédigé ainsi :

I. – Le premier alinéa de l’article L. 300-2 du code des relations entre le public et l’administration est complété par une phrase ainsi rédigée :

« Constituent également de tels documents les codes‑sources, à l’exception des codes-sources des personnes publiques ou privées chargées d’une mission de service public dans un secteur exposé à la concurrence. »

II. – Le 2° de l’article L. 311‑5 du code des relations entre le public et l’administration est ainsi modifié :

1° À la fin du d, les mots : « ou à la sécurité des personnes » sont remplacés par les mots : « , à la sécurité des personnes ou à la sécurité des systèmes d’information des administrations » ;

2° (nouveau) Le g est ainsi rédigé :

« g) À la recherche et la prévention, par les services compétents, d’infractions de toute nature ; ».

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(27/04/2016 @ 10:10)

Contactez les sénateurs pour inscrire la priorité au logiciel libre dans le secteur public  Voir?

Le projet de loi « pour une République numérique » va être examiné en séance publique au Sénat à partir du 26 avril. L'April appelle à la mobilisation pour introduire la priorité à donner au logiciel libre dans le secteur public par l'adoption des amendements n° 449, 393, 183.

Les Sénateurs Éliane Assassi, Jean-Pierre Bosino, Patrick Abate et le groupe communiste républicain et citoyen ont déposé amendement n° 449 visant à inscrire la priorité au logiciel libre dans le secteur public. La sénatrice Joëlle Garriaud-Maylam (LR) a également déposé un amendement n° 393 dont la rédaction est très proche. Même chose pour la Sénatrice Corinne Bouchoux et le groupe écologiste qui ont déposé amendement n° 183. Ce sujet avait fait l'objet d'un intense débat de 45 minutes en séance publique à l'Assemblée nationale et le gouvernement se retranchait derrière une prétendue incompatibilité juridique pour s'opposer à cette priorité. L'April encourage à l'adoption des n° 449, 393,183. Un argumentaire sur cette priorité au logiciel libre est disponible.

Comment agir ?

Le texte va être examiné en séance publique au Sénat à partir de mardi 26 avril 14h30 et la commission saisie au fond se réunit le mardi matin pour examiner les amendements de séance. Le grand nombre d'amendements déposés sur l'article 4 du projet de loi laisse à penser que l'article 9 ter sera débattu à partir du mercredi 27 lors de la séance de 16h30. Il faut donc idéalement contacter les sénateurs d'ici mercredi 16h30.

Le site NosSénateurs et celui du Sénat vous permettent de trouver les informations utiles (courriel, téléphone). Vous pouvez également appeler directement le standard du Sénat au 01 42 34 20 00 pour être mis en relation avec un sénateur.

Un appel téléphonique est beaucoup plus efficace qu'un courriel. Un coup de fil est plus personnel et beaucoup plus difficile à éviter. Une bonne technique consiste à envoyer un courriel, puis appeler quelques heures après pour s'assurer qu'il a bien été reçu, poser des questions à son sujet, demander les intentions du sénateur. Un courriel copié/collé à partir d'un modèle type a un impact négatif : cela affaiblit le contenu et le fait ressembler à du spam. Il vaut toujours mieux envoyer des courriels personnalisés. Nul besoin d'être un spécialiste du droit ou des questions techniques pour que votre message soit pertinent. Il s'agit surtout de convaincre par une mobilisation citoyenne.

Si vous avez des questions ou si vous souhaitez nous remonter les réactions des sénateurs, vous pouvez nous contacter par courriel (contact@april.org) ou sur le canal de discussion #april sur irc.freenode.net pour des échanges instantanés (accès via un webchat).

Un pad dédié est également à disposition.

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(26/04/2016 @ 09:50)

Revue de presse de l'April pour la semaine 16 de l'année 2016  Voir?

La revue de presse de l'April est régulièrement éditée par les membres de l'association. Elle couvre l'actualité de la presse en ligne, liée au logiciel libre. Il s'agit donc d'une sélection d'articles de presse et non de prises de position de l'association de promotion et de défense du logiciel libre.

En podcast.

Sommaire de la revue de presse de l'April pour la semaine 16

[Liberté Algérie] L’incroyable équation de la motivation

Par Sadek Amrouche, le vendredi 22 avril 2016. Extrait:
> Nous sommes en 1945, Karl Dunker, célèbre psychologue allemand, présente pour la première fois les résultats de son expérience intitulée «the candle problem» (le problème de la bougie). Cette expérience est un test rapide permettant de mesurer les capacités d’un individu à résoudre un problème. Il est très utilisé aujourd’hui dans une grande variété d’études en sciences du comportement. Si vous ne connaissez pas l’expérience, lisez ce qui suit et cherchez la solution avant de regarder la réponse.
Lien vers l'article original: http://www.liberte-algerie.com/cap-enp-liberte-algeriecom/lincroyable-equation-de-la-motivation-246245

[Unidivers] Imprimante 3D: panorama des débats et des ruptures

Par Thibault Boixiere, le vendredi 22 avril 2016. Extrait:
> L’imprimante 3D. Le nom lui-même fait penser à la dimension spectaculaire du cinéma en relief. On confond la lanterne magique avec la camera obscura. Pourtant, l’impression tridimensionnelle n’est pas un procédé technique récent. Ses implications restent néanmoins actuelles. Entre industrialisation et démocratisation, cette technologie suscite le débat et provoque la rupture. Your next stop, the Twilight Zone…
Lien vers l'article original: http://www.unidivers.fr/imprimante-3d-technologie-debats-ruptures

[Framablog] Sympathy for the Free Software

Par Véronique Bonnet, le jeudi 21 avril 2016. Extrait:
> Indésirable, le logiciel libre (free software)? Un amendement de la commission des lois du Sénat vient de faire disparaître, pour l’instant, avant l’examen en séance prévu fin avril, l’encouragement au logiciel libre. Certes, il s’agissait bien d’un amendement de repli, non juridiquement contraignant, que l’Assemblée avait voté comme pis-aller, vu les tirs de barrage contre la priorisation. Le simple encouragement est-il déjà tabou? Caillou dans la chaussure ? Loup dans la bergerie?
Lien vers l'article original: http://framablog.org/2016/04/21/allumons-les-reverberes-du-libre

[Developpez.com] Europe: l'open source va-t-il être exclu des standards pour le Marché Numérique Unique?

Par Michael Guilloux, le jeudi 21 avril 2016. Extrait:
> Dans le cadre de sa nouvelle stratégie pour le Digital Single Market (Marché Numérique Unique) présentée l’année dernière, la Commission européenne (CE) a décidé de faire de la normalisation des technologies de l’information et de la communication (TIC) la pierre angulaire.
Lien vers l'article original: http://www.developpez.com/actu/98036/Europe-l-open-source-va-t-il-etre-exclu-des-standards-pour-le-Marche-Numerique-Unique-L-UE-penche-vers-le-modele-de-licence-FRAND

Et aussi:
[Silicon.fr] Le RGI v2 officialisé, ODF préféré à OpenXML
[TableauxInteractifs] Les logiciels libres et gratuits pour ecran interactif et TBI

Voir aussi:
Approbation du RGI v 2.0, l'April salue le travail de la DISIC/DINSIC

[Le Point] Qui veut la peau de l'open data?

Par Mathieu Lehot, le jeudi 21 avril 2016. Extrait:
> Tangui Morlier de Regards citoyens s'inquiète du coup de frein mis à la politique de transparence des données publiques. Interview.
Lien vers l'article original: http://www.lepoint.fr/politique/qui-veut-la-peau-de-l-open-data-21-04-2016-2033949_20.php

Et aussi:
[La gazette.fr] «L’open data est de plus en plus ancré dans les pratiques»
[Faire Face] Le Défenseur des droits réclame une République numérique accessible à tous

Voir aussi:
Soutenez une réelle communicabilité des codes sources des administrations

[Libération.fr] Android: que reproche Bruxelles à Google?

Par Anaïs Cherif, le jeudi 21 avril 2016. Extrait:
> La Commission européenne a adressé au géant américain une liste de griefs contre son système d’exploitation pour smartphones. Il est accusé de ne pas respecter les règles de la concurrence.
Lien vers l'article original: http://www.liberation.fr/futurs/2016/04/21/android-que-reproche-bruxelles-a-google_1447667

[Numerama] Richard Stallman: «Plus rien ne me fait rêver dans la technologie»

Par Guillaume Champeau, le mardi 19 avril 2016. Extrait:
> Entretien avec Richard Stallman, l'inventeur du logiciel libre, résolument attaché aux libertés et au combat contre toutes les technologies qu'il juge «oppressives».
Lien vers l'article original: http://www.numerama.com/tech/164017-richard-stallman-plus-rien-ne-me-fait-rever-dans-la-technologie.html

[L'Atelier] «L’invention n’est pas source de valeur, la transformation du produit, oui»

Par Anna Bochu, le lundi 18 avril 2016. Extrait:
> En quoi les brevets peuvent-ils parfois freiner la dynamique de création? Réponse avec Hacène Lahrèche, scientifique français faisant partie de l'équipe dirigeante de La Paillasse, premier laboratoire citoyen d'Europe.
Lien vers l'article original: http://www.atelier.net/trends/articles/invention-source-de-transformation-produit-oui_441237

Note

Les articles de presse utilisent souvent le terme « Open Source » au lieu de Logiciel Libre. Le terme Logiciel Libre étant plus précis et renforçant l'importance des libertés, il est utilisé par l'April dans sa communication et ses actions. Cependant, dans la revue de presse nous avons choisi de ne pas modifier les termes employés par l'auteur de l'article original. Même chose concernant l'emploi du terme « Linux » qui est généralement utilisé dans les articles pour parler du système d'exploitation libre GNU/Linux.

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(25/04/2016 @ 17:54)

Soutenez une réelle communicabilité des codes sources des administrations  Voir?

Infographie sur le code source

Le projet de loi « pour une République numérique » va être examiné en séance publique au Sénat à partir du 26 avril. L'April appelle à la mobilisation pour garantir une réelle communicabilité des codes sources des administrations par l'adoption des amendements n° 181 et 438.

L'inscription dans la loi, via l'article 1er bis, de la qualité de document administratif des codes sources représente une avancée certaine vers une véritable « République numérique », ouverte et transparente. Cependant, le troisième alinéa de l'article 1er bis introduit une nouvelle exception à la communicabilité des documents administratifs en cas de risque d'atteinte « à la sécurité des systèmes d'information des administrations ». Cette exception apparaît disproportionnée et porte le risque de vider l'avancée de cet l'article de sa substance. C'est pourquoi nous soutenons la suppression du troisième alinéa de l'article 1er bis telle qu'elle est par exemple proposée par l'amendement n°181 de madame la Sénatrice Corinne Bouchoux et du groupe écologiste et par l'amendement n° 438 des sénateurs Eliane Assassi, Jean-Pierre Bosino, Patrick Abate et les membres du Groupe communiste républicain et citoyen. Outre l'infographie ci-contre (et les vignettes ci-dessous), vous pouvez consulter un argumentaire pour un récapitulatif des enjeux.

Bannière pour infographie sur le code source Vignette pour infographie sur le code source

Comment agir ?

Le texte va être examiné en séance publique au Sénat à partir de mardi 26 avril 14h30 et la commission saisie au fond se réunit le mardi matin pour examiner les amendements de séance. Il faut donc idéalement contacter les sénateurs d'ici lundi soir.

Le site NosSénateurs et celui du Sénat vous permettent de trouver les informations utiles (courriel, téléphone). Vous pouvez également appeler directement le standard du Sénat au 01 42 34 20 00 pour être mis en relation avec un sénateur.

Un appel téléphonique est beaucoup plus efficace qu'un courriel. Un coup de fil est plus personnel et beaucoup plus difficile à éviter. Une bonne technique consiste à envoyer un courriel, puis appeler quelques heures après pour s'assurer qu'il a bien été reçu, poser des questions à son sujet, demander les intentions du sénateur. Un courriel copié/collé à partir d'un modèle type a un impact négatif : cela affaiblit le contenu et le fait ressembler à du spam. Il vaut toujours mieux envoyer des courriels personnalisés. Nul besoin d'être un spécialiste du droit ou des questions techniques pour que votre message soit pertinent. Il s'agit surtout de convaincre par une mobilisation citoyenne.

Si vous avez des questions ou si vous souhaitez nous remonter les réactions des sénateurs, vous pouvez nous contacter par courriel (contact@april.org) ou sur le canal de discussion #april sur irc.freenode.net pour des échanges instantanés (accès via un webchat).

Un pad dédié est également à disposition

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(25/04/2016 @ 09:45)

Approbation du RGI v 2.0, l'April salue le travail de la DISIC/DINSIC  Voir?

Paris, le 25 avril 2016, communiqué de presse.

L'arrêté officialisant la version 2.0 du Référentiel général d'interopérabilité (RGI) a enfin été publié le 22 avril 2016. Cette nouvelle version du RGI (84 pages) recommande le format ODF pour les documents bureautiques au sein des administrations. Et elle énonce des critiques argumentées sur le format OOXML de Microsoft. L'April salue le travail mené depuis près d'un an par la DISIC1 devenue la DINSIC2, sous la direction de Jacques Marzin puis d'Henri Verdier.

Le chantier d'actualisation du RGI (Référentiel général d'interopérabilité)3 avait été entamé début 2015. Ce travail avait notamment abouti à préconiser ODF (Open Document Format) comme seul format recommandé par l'État pour les documents bureautiques. Micrososft s'était alors activé au plus haut niveau de l'État pour faire intégrer dans le RGI son format OOXML (Office Open XML).

Au final, la version 2.0 du RGI mentionne OOXML mais pour mieux discréditer ce format et lui assigne le statut « en observation », le format ODF conservant le statut « recommandé ».

Le document explique en effet:

Office Open XML est une norme ISO/CEI 29500 créée par Microsoft, destinée à répondre à la demande d’interopérabilité dans les environnements de bureautique. Ce format (dont les suffixes sont .docx, .xlsx, .pptx...) est utilisé à partir de Microsoft Office 2007, en remplacement des précédents formats Microsoft (reconnus à leurs suffixes tels que : .doc, .xls, .ppt), il est toutefois légèrement différent, pour ces versions d'office, de la norme ISO définitive, qui a tenu compte des remarques des membres de l'organisme normalisateur. Seule la suite Office à partir de la version 2013 est totalement compatible avec la norme (en lecture et en écriture).

Le standard est conservé dans le RGI au statut « en observation ». Sa complexité, son manque d’ouverture (notamment dans la gouvernance de la norme) et le strict respect tardif de la norme par Microsoft même n’ont pas permis de réviser son statut. La version « transitionnal » de la norme n’est quant à elle pas recommandée.

Pour des besoins d’échanges d’informations sous forme de tableaux qui notamment embarquerait du code, l’utilisation d’OOXML peut être une alternative. C’est toutefois une pratique à encadrer.

La DINSIC réitère les critiques adressées depuis de nombreuses années aux format OOXML et tolère son utilisation uniquement pour des « besoins échanges d’informations sous forme de tableaux ». Il est fort probable que cette tolérance correspond à un cas d'usage particulier au sein d'un service de l'administration.

Il est savoureux de constater que le lobbying exercé par la firme Microsoft n'a pas obtenu le résultat escompté et qui se résume à l'invalidation d'OOXML au sein de l'administration.

« Les termes employés dans le RGI sont posés mais la critique contre OOXML est sans appel. La DINSIC a démontré qu'elle agit dans l'intérêt à long terme de l'ensemble des citoyens français et de leurs administrations. Néanmoins le RGI ne résoudra pas tous les problèmes et un travail de terrain restera nécessaire » a déclaré Frédéric Couchet, délégué général de l'April

  • 1. Direction interministérielle des systèmes d'information et de communication de l'Etat
  • 2. Direction interministérielle du numérique et du système d'information et de communication de l'État
  • 3. Le RGI est le document de référence pour les administrations, leur permettant notamment de savoir quels formats privilégier pour assurer l'interopérabilité.

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(25/04/2016 @ 09:15)

Revue de presse de l'April pour la semaine 15 de l'année 2016  Voir?

La revue de presse de l'April est régulièrement éditée par les membres de l'association. Elle couvre l'actualité de la presse en ligne, liée au logiciel libre. Il s'agit donc d'une sélection d'articles de presse et non de prises de position de l'association de promotion et de défense du logiciel libre.

En podcast.

Sommaire de la revue de presse de l'April pour la semaine 15

[AndroidPIT] Android est-il aussi libre que l'on peut le penser?

Par Benoit Pepicq, le jeudi 21 avril 2016. Extrait:
> Vous avez entendu à de nombreuses reprises qu'Android appartient à Google et que ce dernier tire les ficelles. Pourtant, vous avez probablement entendu également qu'Android est un système ouvert dans lequel chacun peut faire ce qu'il veut. Au final, Android est-il un système ouvert ou non? Nous vous expliquons tout dans notre article.
Lien vers l'article original: http://www.androidpit.fr/android-est-il-aussi-libre-que-l-on-peut-le-penser

[usine-digitale.fr] Quelle propriété pour les logiciels libres?

Par Pascal Agosti, le vendredi 15 avril 2016. Extrait:
> Le numérique ne bouleverse pas que les business models. Pour le prendre en compte, les règles et les lois sont elles aussi en pleine mutation. Chaque semaine, les avocats Eric Caprioli, Pascal Agosti, Isabelle Cantero et Ilène Choukri se relaient pour nous fournir des clés pour déchiffrer les évolutions juridiques et judiciaires nées de la digitalisation: informatique, cybersécurité, protection des données, respect de la vie privée... Aujourd’hui, regard sur le Droit du logiciel libre... car il existe.
Lien vers l'article original: http://www.usine-digitale.fr/article/quelle-propriete-pour-les-logiciels-libres.N387317

[Ouest France] Insolite. Un tour de France pour aider les inventeurs

Par Pierre Lemerle, le vendredi 15 avril 2016. Extrait:
> Depuis le 2 mars, le Breton Xavier Coadic vient en aide à des porteurs de projets sur des nouvelles technologies, gratuitement. Il s'est arrêté à Concarneau pour travailler avec Explore.
Lien vers l'article original: http://www.entreprises.ouest-france.fr/article/insolite-tour-france-pour-aider-inventeurs-15-04-2016-264294

[La gazette.fr] Le numérique public: cache-sexe du déni des droits ou levier de solidarité?

Par Valérie Peugeot et Michel Briand, le mercredi 13 avril 2016. Extrait:
> Plus que jamais un enjeu majeur, la médiation numérique sous toutes ses formes doit être prise en main par les acteurs publics.
Lien vers l'article original: http://www.lagazettedescommunes.com/437476/le-numerique-public-cache-sexe-du-deni-des-droits-ou-levier-de-solidarite

[L'OBS] «Le jour 1, on décide et on fait. Le jour 2, on se demande si ça a marché»

Par Benoît Le Corre, le lundi 11 avril 2016. Extrait:
> Depuis le début du mouvement #NuitDebout, les manifestants sont en quête des meilleurs outils informatiques qui leur permettront de s’organiser, de ne pas être surveillés, mais qui devront surtout être en accord avec les visions politiques des participants.
Lien vers l'article original: http://rue89.nouvelobs.com/2016/04/11/nuitdebout-a-recherche-lapplication-parfaite-263729

[ZDNet France] Avènement du PC Linux: Linus Torvalds y travaille toujours

Par la rédaction, le lundi 11 avril 2016. Extrait:
> Linux dominera-t-il le PC un jour ? Pourquoi pas selon Linus Torvalds. Le créateur du kernel entend y travailler encore les 25 prochaines années. Pour autant, pas question de parler d'un échec de Linux.
Lien vers l'article original: http://www.zdnet.fr/actualites/avenement-du-pc-linux-linus-torvalds-y-travaille-toujours-39835408.htm

Note

Les articles de presse utilisent souvent le terme « Open Source » au lieu de Logiciel Libre. Le terme Logiciel Libre étant plus précis et renforçant l'importance des libertés, il est utilisé par l'April dans sa communication et ses actions. Cependant, dans la revue de presse nous avons choisi de ne pas modifier les termes employés par l'auteur de l'article original. Même chose concernant l'emploi du terme « Linux » qui est généralement utilisé dans les articles pour parler du système d'exploitation libre GNU/Linux.

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(18/04/2016 @ 17:04)

Le groupe diversité s'enrichit d'un nouvel animateur  Voir?

Benoît Ansieau a accepté de renforcer l'animation du groupe Diversité. C'est ainsi qu'il devient co-animateur du groupe et prend la place laissée vacante par Armony Altinier.

« Ce sont dans les gens hors des normes que l'on trouve les choses les plus intéressantes. Et notre monde gagnerait à considérer les différences comme des opportunités et des forces plutôt que comme des problèmes à résoudre.
Voici les idées qui sont aujourd'hui les miennes et que je voudrais fondatrices du renouveau du groupe diversité.
Trouvons en chacun la part de diversité qui le définit. »,
indique Benoît.

Benoît, membre de l'April depuis 2009, est de plus un des fondateurs du FAI Associatif CAFAI et Président du LUG Marnais LoLiCA, qui anime mensuellement des ateliers «Vie Privée» et des G.L.O.U. (Équivalent locaux des Apéros).

Sa co-animatrice, Magali Garnero (Bookynette) s'enthousiasme de cette décision :«nbsp;Ce groupe mérite plus d'attention car les projets sur la diversité foisonnent... Je suis heureuse d'être rejointe par un aprilien motivé. Je vous promets des échanges trollesques, ou pas. »

Benoît et Magali sont aidés dans leurs tâches par Luc Fievet, leur suppléant. Animateur radio, pilier des revues de presse en podcast et utilisateur de Gimp à ses heures perdues.

Le groupe de travail diversité de l'April vise à promouvoir l'accueil de toutes les différences dans le monde du Libre. Si le constat révèle une certaine homogénéité des profils (hommes, blancs, éduqués, informaticiens...), tout le monde est concerné par la liberté et chacun peut trouver sa place. Les valeurs du Libre, l'ouverture des logiciels et la disponibilité de l'information portent un universalisme qui a vocation à être approprié par tous.

Ainsi, plutôt que de se focaliser sur le constat d'un manque de diversité, et alors que tout le monde s'accorde pour dire que favoriser la diversité c'est faire la place à des expériences et des points de vue différents, sources d'enrichissement pour tous, le groupe de travail diversité se donne pour mission de promouvoir la diversité dans le monde du Libre afin de faciliter l'accueil d'un public aux profils variés.

Vous trouverez tous les renseignements utiles ici :
Groupe de travail « Diversité »
Le wiki du groupe de travail
Inscrivez-vous à la liste du groupe de travail Diversité et n'hésitez pas à participer !

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(15/04/2016 @ 12:47)

April, Lionel Allorge - Qu'est-ce que le logiciel libre ?  Voir?


Lionel Allorge - Quesch

Titre : Qu'est-ce que le logiciel libre ?
Intervenants : Lionel Allorge - Quesch
Lieu : Radio RMLL 2015 - Beauvais
Date : Juillet 2015
Durée : 31 min 33
Pour écouter le podcast

Présentation

Lionel Allorge, ancien président de l’April répond à la première question de cette édition : « Qu’est ce que le logiciel libre ? »

Transcription

Quesch : Bonjour et donc bienvenue à Radio RMLL. On va dire ça comme ça. On est avec Lionel Allorge.

Lionel Allorge : Bonjour.

Quesch : De l'April. Donc c'est gentil d’être venu nous voir et nous expliquer ce qu'est le logiciel libre.

Lionel Allorge : Avec plaisir.

Quesch : Donc logiciel libre, en fait les personnes qui vont écouter Radio RMLL, Radio ReMeLeLe, ce qu'on veut, vont avoir une petite idée de ce qu'est le logiciel libre, mais il y a tout un tas de personnes qui ne savent pas. Tu peux m'expliquer, nous expliquer, ce qu'est le logiciel libre ?

Lionel Allorge : Oui, je peux vous expliquer ce que c'est en quelques mots. Donc, en gros, l’informatique libre c'est une informatique qui respecte ses utilisateurs, qui respecte leurs droits. Et pour ça, on a utilisé un système qui s'appelle les licences, et les licences de logiciels libres garantissent donc aux utilisateurs que le logiciel va être à leur disposition, et pas eux à la disposition du logiciel. C'est assez important de nos jours parce que l'informatique se développe dans tous les aspects de la vie pratiquement, aussi bien la vie professionnelle que la vie privée. On a, de plus en plus, nos vies privées sur informatique et donc c'est important de savoir qui contrôle cette informatique, et notamment, quand on a posté, enfin enregistré sur notre ordinateur, éventuellement posté sur des réseaux sociaux, des textes qu'on a écrits.

Quesch : Des images.

Lionel Allorge : Des images, des photos, des vidéos. De plus en plus, maintenant, les gens font beaucoup de vidéos grâce aux téléphones et aux smartphones, il faut savoir qui contrôle ça. Et beaucoup de gens, en fait, ne s'en inquiètent pas, jusqu'au jour où ils rencontrent un problème. Par exemple ils n'arrivent pas à récupérer leurs photos qu'ils avaient mises sur un site web. Ou l'ordinateur plante parce qu'il est pourri par des virus.Ou des choses même encore plus graves, c'est-à-dire que leur ordinateur a été pris à distance et contrôlé à distance.

Quesch : Par d'autres personnes.

Lionel Allorge : Par d'autres personnes, malveillantes souvent. Donc voilà, tout ça, ça implique de s’intéresser, un petit peu, à qui contrôle son ordinateur, ou ses ordinateurs, les smartphones.

Quesch : Et les informations qu'il y a à l'intérieur, oui bien sûr.

Lionel Allorge : Qu'il y a dedans. Et si ce n'est pas l’utilisateur qui contrôle son informatique, c'est l'informatique qui contrôle l'utilisateur. Parce que c'est l'informatique, donc des gens derrière, qui vont décider de ce fait votre ordinateur. Qui vont décider que votre ordinateur va renvoyer des informations à telle ou telle autre personne. Ou va servir à faire des activités, éventuellement illégales, ce qu'on appelle les bots, quoi, des choses comme ça. Donc, c'est important de se préoccuper un petit peu de ça, d'autant plus qu'il y a encore trente ans, quand les projets de logiciels libres ont démarré, ça concernait plutôt des informaticiens, des spécialistes, mais aujourd'hui l'informatique concerne tout le monde, parce que pratiquement tout le monde a un ordinateur dans la poche, qu'on appelle un smartphone.

Quesch : Oui. Effectivement l’informatique est un peu chez tout le monde. L'informatique, je le répète de temps en temps, l'informatique ce n'est pas fait pour les informaticiens ou informaticiennes, c'est vraiment fait pour tout le monde, parce que tout le monde a une box ADSL, enfin, la plupart du temps, les gens ont une box ADSL à la maison, ils ont des télés connectées maintenant. On a des chaînes Hifi aussi connectées. On a les ordinateurs classiques, plus

Lionel Allorge : Les ordinateurs de bureau.

Quesch : De bureau.

Lionel Allorge : Les tablettes.

Quesch : Les tablettes. Oui.

Lionel Allorge : Les téléphones qui, de plus en plus, sont ce qu'on appelle des smartphones.

Quesch : Les montres connectées.

Lionel Allorge : On voit arriver des montres connectées.

Quesch : Et des bracelets pour courir et savoir combien de kilomètres j'ai fait.

Lionel Allorge : C'est ça, et c'est tout l'univers de ce qu'on appelle les objets connectés. Tous ces objets, en fait, sont des mini-ordinateurs. Dedans il y a petit micro processeur pour faire tourner les programmes. Donc, c'est important de se poser la question de qui contrôle ces programmes. Le GPS dans votre voiture, par exemple, tout ça.

Quesch : Oui, aussi.

Lionel Allorge : Tout ça ce sont des ordinateurs.

Quesch : Il y a des ordinateurs, en fait, un peu partout, vraiment partout.

Lionel Allorge : Vraiment de plus en plus.

Quesch : Il n'y a pas que les ordinateurs eux-mêmes, il y a aussi les données qu'on va donner. La carte de cantine, là on est à l'antenne universitaire du PGU de Beauvais, je ne sais pas si c'est bien du PGU, mais c'est en tout cas l'antenne universitaire de Beauvais pour les RMLL.

Lionel Allorge : Oui.

Quesch : Eh bien, ils ont des cartes de cantine à biper devant, il y a des informations, même si la carte elle-même n'est pas un ordinateur, eh bien on va savoir que j'ai bipé, que j'ai mangé tel jour à telle heure.

Lionel Allorge : C'est ça. Et ce que tu as mangé probablement, et des choses comme ça.

Quesch : Peut-être, sûrement, ce que j'ai mangé,si je prends des suppléments ou pas.

Lionel Allorge : Ça s'appelle les cartes RFID.

Quesch : Alors il y a du RFID1 ?

Lionel Allorge : Il y en a où c'est « à l'ancienne », entre guillemets, c'est-à-dire qu'il faut les rentrer dans un lecteur. Les cartes RFID ce sont celles qui sont sans contact, on les pose juste devant l’appareil. Et ça, ça présente énormément de risques, parce que ces cartes il y a plein d'infos dedans.

Quesch : Tout à fait. Il y a aussi d'autres moyens, parce que là c'est une carte, mais il y a aussi d'autres moyens où on met l'empreinte digitale.

Lionel Allorge : Digitale.

Quesch : On met son doigt, donc ça va vraiment très loin. Et ces informations-là, si elles sont détournées ou si elles sont utilisées par des personnes, là, on l'a vu ce matin avec le Hacking Team, Hacking Team2, je déteste avoir ce terme-là.

Lionel Allorge : Ce terme.

Quesch : Parce que je n'arrive pas à le prononcer comme il faut, sans boire un verre d'eau entre les deux. Et donc, il y a plein de sociétés qui travaillent pour des gouvernements et qui font en sorte de récupérer des informations, de casser des systèmes, pour aller faire je ne sais quoi. Parce que ce sont souvent des choses un peu en dehors de la loi, ou dans une zone grise, ou carrément illégale.

Lionel Allorge : Oui. Il y a un gros problème de protection des données personnelles, de manière générale. La loi est assez floue là-dessus pour l'instant.

Quesch : D'accord. Donc logiciel libre très important, on le sait.

Lionel Allorge : On peut préciser pourquoi c'est important, du coup. Parce que vraiment, à la base de tous ces systèmes informatiques, il y a des logiciels. Les logiciels ce sont des suites d'instructions, qui ont été écrites par des informaticiens, et qui vont permettre à ces systèmes informatiques, ces ordinateurs, de faire quelque chose. Les ordinateurs, en eux-mêmes, sont complètement idiots, ils savent juste lire des 0 et des 1 et puis faire quelques additions, des choses comme ça. Ce sont vraiment les programmes qui donnent l'impression d'intelligence, en tout cas de faire des choses utiles. Et ces programmes, ils sont, donc, faits par des humains et ils sont faits dans des langages informatiques. Et ces langages informatiques, évidemment, tout le monde ne peut pas les comprendre, mais beaucoup de gens, beaucoup d'informaticiens arrivent à les lire.

Quesch : On peut apprendre à le faire ?

Lionel Allorge : On peut apprendre à le faire.

Quesch : Ou on peut demander à quelqu'un.

Lionel Allorge : Ou on peut demander à quelqu’un de le faire pour soi. Et c'est important de pouvoir lire ce que fait le programme, justement pour aller vérifier qu'il n'y a pas de fonctions malveillantes, par exemple.

Quesch : Oui.

Lionel Allorge : Beaucoup de logiciels qui sont fournis au grand public, vendus ou donnés d'ailleurs, sont des logiciels qui ne sont pas libres. On les appelle propriétaires ou privateurs, selon les termes, mais l'idée c’est qu'on ne peut pas aller lire ce qu'il y a dedans.

Quesch : Oui.

Lionel Allorge : Ils sont fermés, c'est une boîte noire, et on ne peut pas aller comprendre ce que fait le logiciel.

Quesch : C'est un peu comme quand j'achète un plat cuisiné. On me dit voilà, il y a des carottes dedans, il y a du poireau, mais après, il y a des E je ne sais pas quoi.

Lionel Allorge : Voilà,

Quesch : On sait à peu près ce qu'il y a. Et puis je peux avoir marqué « additifs ».

Lionel Allorge : C'est ça.

Quesch : Là encore, c'est bien, parce que sur la nourriture on a des étiquettes, mais j'ai essayé de peindre, et en fait, sur d'autres produits, les produits chimiques, ou de beauté, ou d'autres, il y a vraiment zéro.

Lionel Allorge : Il n'y a pas les compositions.

Quesch : Il y a des endroits où il n'y a pas de composition du tout.

Lionel Allorge : Parce qu'on considère que ça fait partie du secret industriel, en fait.

Quesch : Oui.

Lionel Allorge : Le problème avec l'informatique, c'est que, si on n'a pas accès à cette recette de cuisine qui a permis de faire le programme, ce que les informaticiens appellent le code source, eh bien on ne peut pas être sûr de ce que fait le programme. Et malheureusement, l’histoire pourtant relativement courte de l'informatique, puisque l'informatique elle naît durant la Seconde guerre mondiale, eh bien on a déjà plein d'exemples de logiciels malveillants. C'est-à-dire de logiciels qui, en douce, sans en informer les utilisateurs, modifiaient leurs données, lisaient leurs données personnelles, les renvoyaient à d'autres gens, et donc avaient des actions nuisibles pour les utilisateurs, au profit, en général, de grands groupes, qui n'hésitent pas à développer ce genre de problèmes, ce genre de logiciels qui posent problème. Sony, par exemple, s’était autorisée à le faire avec un système qui s’appelait le Rootkit, qui espionnait ses utilisateurs. Et puis, des fois, ça peut être ce qu'on appelle des hackers, même si le terme est impropre.

Quesch : Des bidouilleurs, des gens qui bidouillent.

Lionel Allorge : Ce sont des bidouilleurs d'informatique qui vont faire ça pour le profit ou, des fois, même juste pour prouver qu'ils sont capables de le faire.

Quesch : Ou pour des gouvernements.

Lionel Allorge : Ou au nom de gouvernements.

Quesch : Ou au nom de gouvernements comme on l'a vu, comme on le voit se répandre, lamentablement, sur les réseaux sociaux.

Lionel Allorge : Voilà, ces dernières années.

Quesch : Voilà avec ce hacker. Non, même aujourd'hui, là.

Lionel Allorge : Ah d'accord.

Quesch : Avec la Hacking Team, je mange des pop-corns et je regarde ce qui se passe. Ce sont des pseudos hackers qui bossent pour des gouvernements et qui, apparemment, ne sont pas aussi bons que ça au niveau protection.

Lionel Allorge : On en parle vraiment depuis plusieurs années, parce qu'il y a eu tout un tas de cas. Régulièrement les États-Unis accusent les Chinois d’essayer de rentrer dans leurs systèmes informatiques. On s'aperçoit que les Américains espionnent les industriels européens.

Quesch : Tout à fait. Ou les présidents aussi.

Lionel Allorge : Et les présidents français, ou Mme Merkel, enfin ça n’arrête pas. Donc, heureusement, des gens comme Assange, d’abord Julien Assange avec WikiLeaks, et puis, récemment, Edward Snowden, ont fait sortir des documents qui ont permis de montrer l'ampleur, vraiment, de cet espionnage généralisé et des méthodes qui étaient utilisées. Tout est bon pour aller rentrer dans les réseaux, espionner les réseaux.

Quesch : Et qui a une vraie influence, parce que, apparemment, avec les dernières données de WikiLeaks, les Américains se sont servis de cet espionnage pour piquer des contrats, carrément.

Lionel Allorge : Tout à fait.

Quesch : Et on voit des corrélations, j'ai vu passer des graphiques avec des corrélations entre les « vagues » d'espionnage, entre guillemets vagues, et les baisses de chiffre d’affaires et des chiffres aussi du chômage.

Lionel Allorge : Bien sûr.

Quesch : C'est assez impressionnant de le voir sur un graphique. Bon, je n'ai pas toutes les sources donc je ne vais pas donner le lien exact, mais on voit passer ça, facilement, sur les réseaux sociaux. C'est un peu à se poser des questions, savoir si le « je n'ai rien à cacher », est-ce que vraiment on va continuer à utiliser cette phrase, parce qu'on se pose vraiment des questions là-dessus.

Lionel Allorge : Oui, elle est très problématique cette phrase, parce que « je n'ai rien à cacher », ça sous-entend « je ne suis pas quelqu'un de délinquant », « je ne suis pas un criminel ». Donc voilà, je suis un citoyen, globalement respectueux des lois, donc je n'enfreins pas les lois, donc je n'ai rien à cacher. Et en fait, c’est totalement faux, parce qu'on a tous des choses à cacher.

Quesch : Bien sûr.

Lionel Allorge : Et la première des choses qu'on a à cacher, c'est que, quand on sort dehors dans la rue, on a des vêtements.

Quesch : Oui.

Lionel Allorge : Sinon on pourrait sortir à poil, il n'y a pas de raison !

Quesch : Il n'y a pas de raison.

Lionel Allorge : Donc, la prochaine personne qui te dis « je n'ai rien à cacher », tu lui dis « eh bien vas-y, dessape-toi ! Enlève tes vêtements ! Pourquoi tu restes avec des vêtements. Tu n'as rien à cacher !»

Quesch : C'est vrai.

Lionel Allorge : « Il fait chaud là, dehors, tu peux enlever tes vêtements ». Tu commences par ça, et puis en fait, tout le monde, on a tous nos vies privées, on a nos vies intimes, qu'on n'a pas envie de voir se répandre publiquement. Et donc, ça c'est important, et surtout, il y a une corrélation vraiment très claire entre démocratie et vie privée. Si tu n'as plus de vie privée, tu ne peux plus penser par toi-même, tu ne peux plus te regrouper avec des amis pour discuter, par exemple de politique, parce que si tout se fait sur la place publique, en fait, tu vas subir la pression du groupe.

Quesch : Oui. Tout à fait.

Lionel Allorge : Et c'est super important qu'il y ait une vie privée, justement ne serait-ce que pour protéger la démocratie.

Quesch : On l'a déjà vu dans des États démocratiques ou non démocratiques. On l'a vu en Amérique avec le maccarthysme. On l'a vu, pas loin de la France, avec la Stasi. Et on continue à se poser des questions et à utiliser cette phrase qui est quand même assez horrible de « je n'ai rien à cacher ».

Lionel Allorge : Oui, c'est ça. Donc il faut bien distinguer le « je ne suis pas un délinquant », soit, très bien, de « j'ai le droit au respect de ma vie privée » et cette vie privée elle est vraiment fondamentale pour assurer une vie sociale.

Quesch : Surtout, dans des pays, cette vie privée peut t'amener au tribunal.

Lionel Allorge : Oui, bien sûr.

Quesch : Je sais que si tu vas en Russie et que tu affiches clairement ton homosexualité.

Lionel Allorge : Par exemple, c'est ça.

Quesch : Tu peux avoir de très graves problèmes.

Lionel Allorge : Tout à fait.

Quesch : Avec la loi et avec d'autres personnes qui n'ont rien à voir avec la loi.

Lionel Allorge : Tu cites la Russie, mais il y encore quelques pays dans le monde où l'homosexualité est punie de mort. Donc ça ne rigole pas, ce n'est pas pour rigoler. Je crois que c'est très important, même si on la chance de vivre dans un pays relativement démocratique, avec un certain nombre de droits que les citoyens ont acquis. Ces droits il faut les défendre, il faut les défendre tout le temps. Et un moyen de les défendre au niveau informatique, pour revenir sur notre sujet de base, c'est de s'assurer que son informatique est libre, c'est-à-dire qu'on en a le contrôle et que ce n'est pas quelqu'un d'autre qui décide à notre place de ce qui va se passer sur nos ordinateurs.

Quesch : Ouais, ça c'est assez intéressant, même si on n'a pas la capacité de le faire. Il faut toujours le noter quoi.

Lionel Allorge : Bien sûr. On est ici, donc aux Rencontres mondiales, avec un village associatif. Il y a, je ne sais pas combien, vingt ou trente associations qui sont représentées, et beaucoup de ces associations sont justement là pour aider les utilisateurs à, ou bien se former, pour les gens qui sont curieux et qui veulent apprendre par eux-mêmes, ou bien, même, il y a des associations qui fournissent des services. C'est-à-dire qu'ils vont aider les gens à régler leurs problèmes informatiques, certaines de manière bénévole, d'autres vont demander un petit peu d'argent, mais ils vont pouvoir aider ceux qui n'ont pas le temps ou pas la volonté de s'y plonger. Ils vont pouvoir, au moins, donner les bons conseils, vérifier les choses à éviter. Vous dire qu'il faut éviter certains logiciels parce que, justement, ils sont connus pour être néfastes. On pourrait citer, notamment, le problème de Facebook, par exemple, Google, enfin, ce qu'on appelle les GAFAM, Google, Facebook, Amazon, Microsoft, et j'en oublie un, et Apple.

Quesch : Et Apple oui.

Lionel Allorge : Qui sont vraiment ces grands groupes.

Quesch : Et d'autres.

Lionel Allorge : Alors, il y en a d'autres, mais on les met en avant parce que ce sont vraiment les champions du monde, aujourd'hui, de l'informatique. Ils sont présents partout sur la planète et ils ont une capacité de nuisance, du coup, qui est très importante.

Quesch : Tout à fait. On le voit sur les réseaux sociaux, assez couramment, des censures organisées par, même pas des États, mais par des sociétés privées.

Lionel Allorge : Tout à fait. Et qui ont une capacité de nuisance qui est même, des fois, plus forte que les États.

Quesch : Oui.

Lionel Allorge : Parce qu'ils ont accès à tellement d'informations, ils ont tellement d'argent, qu'ils sont capables, effectivement, de forcer, par exemple, des choses qu'on aurait jugées jusque-là inacceptables. Je peux prendre un exemple qui est assez frappant, ce sont les livres numériques, c'est-à-dire ces livres qui ne sont plus des livres sur papier, mais qui sont des fichiers informatiques, qu'on peut acheter pour les lire ou sur des ordinateurs.

Quesch : Ou des tablettes.

Lionel Allorge : Ou des tablettes, ou des liseuses, qu'on appelle, qui sont des petits ordinateurs spécialisés pour la lecture. Un exemple très connu c'est Amazon qui est, aujourd'hui, un géant de la vente.

Quesch : De la distribution, de la vente.

Lionel Allorge : De la distribution de produits culturels sur Internet. Ils vendent une liseuse qui s'appelle le Kindle, et avec ils vendent, donc, un certain nombre de livres numériques. Malheureusement, ces livres numériques sont enfermés avec un système qui s'appelle les DRM3, que nous on appelle les menottes numériques, qui font que ce livre vous ne pouvez le lire que sur le Kindle, vous ne pouvez le lire que sur leur appareil. Donc vous imaginez un livre que vous ne pourriez lire qu'avec une seule paire de lunettes, par exemple, mais pas la paire de lunettes du concurrent. Quelque chose comme ça.

Quesch : Ouais.

Lionel Allorge : Déjà, ça démarre mal ! Mais ils ont fait encore beaucoup plus fort. C'est-à-dire qu'ils avaient vendu des livres numériques, notamment le fameux roman 1984 de George Orwell, et ce roman, ils l'ont vendu avant de s’apercevoir qu'ils n'avaient pas le droit, en fait, de le vendre. Ils n'avaient pas négocié les droits.

Quesch : Ils avaient des droits, mais pas pour tous les pays.

Lionel Allorge : Oui, c'est ça.

Quesch : Il y avait une bisbille.

Lionel Allorge : Il y a avait un problème, tout à fait. Il y avait un problème de droits, et donc ils ne sont pas ennuyés. Ce qu'ils ont fait, c'est qu'ils ont envoyé un ordre aux liseuses, un ordre électronique, par Internet, en leur demandant, en demandant aux appareils d'effacer les romans en question. Donc les gens qui avaient acheté légitimement ces romans, qui les avaient payés, qui les avaient sur leurs liseuses, du jour au lendemain, ils ont ouvert leur liseuse, le livre avait disparu.

Quesch : Le livre et les annotations, les métadonnées.

Lionel Allorge : Et tout ce qu'ils avaient pu ajouter eux-mêmes. Donc c'est complètement délirant. C’est-à-dire qu'on imagine qu'il y a un gars qui vient chez vous la nuit , un cambrioleur, et il vient retirer des livres de votre bibliothèque et il repart avec parce que la Fnac a oublié de payer je ne sais quelle licence. Donc, on est vraiment dans une espèce de délire orwellien. Ça tombe, malheureusement, très mal pour eux. Ça tombe sur ce livre.

Quesch : Oui, c'est clair. Je crois que ce livre est assez maudit, 1984'', parce qu'on a aussi eu le ministère de la Culture qui a enlevé4, sur Tweeter, qui parlait de l'anniversaire de ''1984, et qui s'est rendu compte ! Enfin ça a du être fait exprès, parce qu'il n'y a pas d'autre explication, et qui a retiré ce tweet, et qui l'a effacé, c'est assez hallucinant. Ce livre est maudit !

Lionel Allorge : En fait, ce livre pour ceux qui ne l'ont pas lu, est vraiment très intéressant. Il a été écrit en 1948, par George Orwell qui était un écrivain anglais, et qui s’inquiétait des dérives qu'il voyait, notamment dans les pays de l’Est, notamment en URSS. En fait il a essayé d'imaginer une société anglaise qui aurait dégénéré, avec un système de contrôle des citoyens, où les citoyens ont chez eux une télévision qui, au lieu de leur envoyer des programmes, les regarde, eux. Et donc ils voient constamment à l'écran un visage d'un monsieur, qui les regarde, qui s'appelle big brother'', et ce ''big brother is watching you'', c'est-à-dire ce ''big brother les regarde en permanence. Et dans leur appartement il n'y a aucun endroit où ils peuvent être tranquilles. Ils sont espionnés en permanence, donc il n'y a pas d'angle mort, donc il n'y a pas de vie privée. Et donc ce n'est pas une démocratie, évidemment c'est une dictature. Et ça pousse le bouchon encore plus loin, c'est-à-dire que les voisins sont appelés à s'espionner les uns les autres, et les enfants sont appelés à espionner leurs parents et à rapporter à l’école ce que font leurs parents. Donc on est dans une société vraiment !

Quesch : Ce qui a été fait avec la Stasi.

Lionel Allorge : Georges Orwell avait bien vu vers quoi étaient en train de dégénérer les pays de l'Est parce que, effectivement, malheureusement, ça a été appliqué dans les pays de l'Est. Sauf que là, dans le roman, c'est vraiment quelque chose de très noir. Je ne veux pas gâcher la fin du roman, mais ce n'est pas vraiment positif comme roman.

Quesch : Après ça se termine avec la NSA, avec WikiLeaks.

Lionel Allorge : Oui, c'est ça.

Quesch : Ça se termine très mal.

Lionel Allorge : C'est ça. On a, nous, la chance, quand même, d'abord d'avoir été, d’être informés de ces problèmes-là, de savoir que ça existe. De vivre dans un pays où on peut encore, à peu près, s'exprimer, ce qu'on fait aujourd'hui. Et donc c'est pour ça qu'il faut absolument, je pense, passer ce message de dire aux gens « votre vie privée est importante et les logiciels libres, l'informatique libre, c'est une des briques fondamentales qui va vous permettre de garantir votre privée ».

Quesch : Tout à fait. Parce que la vie privée, ça compte beaucoup. Juste savoir avec qui j'ai été manger hier soir, c'est beaucoup plus compliqué que ça.

Lionel Allorge : Ça a des implications beaucoup plus graves, y compris sur le fonctionnement démocratique de nos pays.

Quesch : Et donc l'April, c'est pour ça vous êtes une association de promotion.

Lionel Allorge : Et de défense.

Quesch : Et de défense.

Lionel Allorge : Des logiciels libres.

Quesch : Des logiciels libres. Parce qu'il y a des vraies attaques au niveau des projets de loi, exemple le projet de loi de programmation militaire qui ouvrait la porte à Microsoft.

Lionel Allorge : Oui, on a eu là, ces dernières années, on a eu beaucoup de problèmes. Ce que tu évoques, je pense c'est ce qu'on a appelé le contrat Open Bar.

Quesch : Open Bar, oui.

Lionel Allorge : Entre Microsoft et, donc, le ministère de la Défense. Le ministère de la Défense a passé un contrat avec la société Microsoft pour pouvoir utiliser, en gros, un panel de leurs logiciels, sans avoir à les acheter un par un, sans avoir à payer chaque licence. En fait, ils ont payé un pool de licences en gros.

Quesch : Oui.

Lionel Allorge : Ça pose deux problèmes vraiment importants. Le premier, il est fiscal. C'est que, plutôt que de traiter avec Microsoft France, qui est la société qui représente Microsoft en France, ils ont traité directement avec Microsoft Irlande, qui est le représentant de Microsoft pour toute l'Europe. Et si Microsoft s'est installé en Irlande, c'est pour pouvoir se défiscaliser.

Quesch : Tout à fait.

Lionel Allorge : Puisque c'était un des pays d'Europe qui lui offrait la fiscalité la plus intéressante. Donc, le gouvernement français traite avec une entreprise dont il sait qu'elle va défiscaliser toute une partie de ses revenus.

Quesch : Dans un petit paradis fiscal.

Lionel Allorge : Voilà, dans une sorte de paradis fiscal pour entreprises. Donc, on a vraiment un gouvernement qui se tire une balle dans le pied, puisqu'ils sont aux abois au niveau des rentrées fiscales, et ils vont faire un contrat en sachant délibérément que, donc, toute une partie de l'argent qu'ils vont verser à Microsoft va être défiscalisée en Irlande et ne bénéficiera pas aux citoyens français. Premier point. Mais le plus grave, c'est que, du coup, le ministère de la Défense français utilise massivement ces logiciels de Microsoft qui ne sont pas des logiciels libres.

Quesch : Qui font partie des GAFAM.

Lionel Allorge : Qui font partie des fameux GAFAM. Et on sait malheureusement, encore une fois par expérience, que Microsoft a, historiquement, des rapports étroits avec le gouvernement américain, et qu'il a déjà fourni un certain nombre d'aides au gouvernement américain pour pouvoir casser ses propres logiciels, enfin pour pouvoir rentrer dans ses propres logiciels, et pour pouvoir, donc, espionner les utilisateurs de ses propres logiciels.

Quesch : Donc en fait, on a aujourd'hui l'Intérieur, donc l'armée française qui utilise des logiciels.

Lionel Allorge : Dont on sait.

Quesch : Dont on sait.

Lionel Allorge : Que potentiellement.

Quesch : Ce n'est même plus potentiellement, parce qu'avec Snowden et l'histoire PRISM.

Lionel Allorge : Oui, on est sûr.

Quesch : On peut arrêter de parler au conditionnel.

Lionel Allorge : C'est ça.

Quesch : On sait, puisqu'il a même dû quitter son pays.

Lionel Allorge : Il est réfugié en Russie.

Quesch : Réfugié en Russie. On sait qu'utiliser ces logiciels égale « je vais me faire espionner par d'autres personnes ».

Lionel Allorge : C'est ça. Et notamment par le gouvernement américain ou par des instances du gouvernement américain comme la NSA. Et ça c'est dramatique parce que ça veut dire que la France s'est livrée, pieds et poing liés, aux Américains. On a beau être des alliés puisqu'on a rejoint l'OTAN depuis quelques années.

Quesch : Des alliés militaires.

Lionel Allorge : Des alliés militaires.

Quesch : Mais pas forcément des alliés économiques.

Lionel Allorge : Mais on n'est pas des alliés économiques. On est dans une guerre économique.

Quesch : Voilà, exactement, la guerre économique.

Lionel Allorge : Dont tu parlais tout à l'heure.

Quesch : Tout à fait.

Lionel Allorge : Et puis, même au niveau du renseignement, on voit qu'ils contournent les lois européennes pour pouvoir espionner les citoyens européens. Enfin, on voit vraiment des choses assez graves, et on n'a pas vraiment envie qu'ils puissent rentrer dans les ordinateurs du ministère de la Défense français comme ils veulent. Ça paraît vraiment incroyable !

Quesch : Oui. Ou d'autres ministères, parce que, apparemment, tout le monde s'est gavé de l'Open Bar.

Lionel Allorge : Alors, pas tous les ministères, mais un certain nombre ont passé des accords du même type. Mais ce qui est particulier, c'est que la Défense, on pourrait penser que ça aurait été le dernier bastion de résistance. Le truc où tu dis non pas celui, pas dans celui-là.

Quesch : Avec des gens qui ont l'habitude de se défendre et d'attaquer.

Lionel Allorge : Et puis surtout, qui connaissent les problèmes d'espionnage, qui savent ce que c'est que le secret, le secret-défense. Voilà ! Ils sont censés savoir ce que c'est. Eh bien non ! Donc, on trouve ça très grave et on a attiré l'attention du gouvernement, bien sûr, sur ce contrat, l'année dernière, parce qu'il était renouvelé. On a donc demandé des comptes5. On a demandé aux gens « comment ça se fait ? », et on a eu des réponses vraiment très incroyables. Les réponses officielles qu'on nous a faites c'est : « Ah, mais on fait partie de l’OTAN, tout l'OTAN utilise ces logiciels-là, donc pour être compatibles avec les autres pays, on doit utiliser des logiciels Microsoft ».

Quesch : Ouais.

Lionel Allorge : Et ça c'est le contraire de la définition de la compatibilité, c'est-à-dire que ce n'est pas en se mettant tous avec le même système qu'on va être interopérables.

Quesch : Être interopérables.

Lionel Allorge : On ne l'est pas du tout. On se met tous, vraiment pieds et poings liés, encore une fois, dans les mains de cette entreprise qui, encore une fois, qu'elle gagne de l'argent avec l'informatique très bien, mais on sait que, malheureusement, elle a des antécédents vraiment très néfastes.

Quesch : Ça ne s’arrête pas là du tout. OK. Eh bien, merci Lionel.

Lionel Allorge : Je t'en prie.

Quesch : On va quand même un petit peu parler de l’April, l'actualité de l’April.

Lionel Allorge : Oui, si tu veux.

Quesch : Je vois que vous avez un super nouveau tee-shirt, que j'ai moi-même acheté.

Lionel Allorge : Oui. Merci.

Quesch : Je dois être un des premiers acheteurs, je pense.

Lionel Allorge : Un des tout premiers, c’est ça. En fait l'April vient aux Rencontres mondiales depuis toujours, je crois, depuis vraiment les débuts.

Quesch : Il y a marqué depuis 1996 sur le tee-shirt.

Lionel Allorge : L'April fêtait, l'année dernière, en fin d'année dernière, ses dix-huit ans. Donc ça c'était un petit peu un cap, on l'a fêté, on a voulu réaliser ce tee-shirt pour montrer l'arrivée à la majorité de l'April. Donc on a pris un thème qui ressemble un petit peu aux tee-shirts des facultés américaines, ça rappelle les tee-shirts des facs américaines, avec une police de caractères, qui ressemble un peu. Et voilà, on a fait un message très simple donc, logiciel libre.

Quesch : Oui, c'est assez intéressant. Il est assez joli. J'en ai acheté un. Achetez-le. Achetez tous au moins un tee-shirt de l'April, sinon, ça ne va pas être possible.

Lionel Allorge : Merci. Il faut dire aussi, qu'en fait, les ventes de ce tee-shirt, évidemment, aident, en partie, à financer les activités de l'April, parce que l'April a 4 500 membres, à peu près. On a beaucoup de particuliers, mais on a aussi des entreprises, on a des associations, et puis on a des institutionnels, notamment la ville de Paris6 nous a rejoints cette année, est devenue membre de l'association.

Quesch : Ce n'est pas mal.

Lionel Allorge : Donc ça c'est un soutien vraiment sympa.

Quesch : Intéressant.

Lionel Allorge : Intéressant pour nous. Et puis donc, acheter ces tee-shirts, ça permet, déjà, de promouvoir le logiciel libre, de faire connaître un petit peu autour de soi, et puis, bon, accessoirement, ça rapporte un peu de sous à l'association pour financer.

Quesch : Qui doit étudier certains projets de loi.

Lionel Allorge : Voilà, c'est ça.

Quesch : Pour expliquer.

Lionel Allorge : Vérifier les projets de loi, être un petit peu vigilant sur, justement, ce qui se fait au gouvernement, comme ce dont on vient de parler avec l'Open Bar, et pour ça on a eu besoin d’employer des salariés, parce qu'on a besoin de gens qui suivent ces dossiers sur le long terme, souvent sur plusieurs années. Et donc on a la chance que l'argent qu'on collecte auprès de nos membres mous permette de payer actuellement trois salariés. Donc ça c'est important pour suivre les dossiers.

Quesch : C'est toujours intéressant d’être adhérent à l'April, parce qu'il y a des informations, et on peut en plus travailler.

Lionel Allorge : Et ensuite, en plus, il y a des groupes de travail7 pour ceux qui veulent s'impliquer bénévolement. Et puis, donc la deuxième chose c'est l'Exposition libre.

Quesch : Oui, tout à fait, la nouvelle exposition qui a été inaugurée cette année, à Geekopolis, et puis, qui est affichée dans les RMLL. Qui permet aux gens qui ne connaissent pas du tout le logiciel libre de venir et d'entrer, via différents prismes, donc avec la partie logicielle, la partie vie privée.

Lionel Allorge : L'Expolibre8 est un vieux projet, en fait, qui date d'il y a plusieurs années. Il y a eu, donc, trois versions. Et là c'est la troisième version, c'est la nouvelle, et elle vient de sortir comme tu l'as dit. La première version est sortie il y a quelques mois, et cette Expolibre se veut très didactique. C'est-à-dire que c'est fait pour le grand public et ça donne vraiment les très grandes lignes, ça donne une porte d'entrée, en fait, pour les gens. Et il y a actuellement en bas affichés, dans l'entrée de l'université, sept panneaux, qui ont d'abord un intérêt visuel. Parce que le graphiste qui a bien voulu faire ça, qui s'appelle Antoine Bardelli, qui a travaillé bénévolement sur ce projet, nous fait quelque chose à base de tangrams. Ce sont des petits triangles de couleur, qu'on peut mettre dans toutes les positions, pour faire des dessins, et donc ça a un côté graphique déjà intéressant, ça se voit de loin, ça intrigue un petit peu.

Quesch : Ça attire l’œil.

Lionel Allorge : Voilà, ça attire l’œil. Donc l'idée c'est que les gens s'approchent un petit peu du panneau et puis, ensuite, il y a deux ou trois colonnes de texte. Encore une fois, il n'y a pas trop de texte pour que les gens puissent le lire facilement. Et puis l'idée c'est que, évidemment, s'ils ont des questions, eh bien il y a les stands des associations, qui sont à côté, pour leur répondre.

Quesch : Oui. Ça parle de formats ouverts, ça parle de logiciels libres au quotidien.

Lionel Allorge : Alors les licences des logiciels libres.

Quesch : Les licences.

Lionel Allorge : Ça parle aussi du Libre au-delà du logiciel, donc des projets comme Wikipédia, OpenStreetMap, la photo libre, la musique libre, enfin voilà, tous ces projets-là.

Quesch : Donc voilà. Et on peut forcément venir voir au stand April, toute la journée, de 9 heures à 19 heures, à peu près. Il me semble que c'est ça.

Lionel Allorge : C'est ça.

Quesch : Les RMLL, il faut le savoir, c'est de 9 heures à 20 heures, dans l'université, donc dans l'antenne universitaire de Beauvais, et aussi à d'autres endroits. Il y a des concerts, dont un ce soir qui a lieu. Il y a un apéro musical déjà ici à l'université, et ensuite, après, le concert se fait à L'alternative, c'est un endroit connu à Beauvais, et donc tout le monde peut venir, l’entrée est libre et gratuite.

Lionel Allorge : Voilà. Oui, c'est ça.

Quesch : Il faut le rappeler l'entrée est libre et gratuite. Et on peut suivre l'April, donc, il y a des mailing-listes, il y a des comptes sur les réseaux sociaux.

Lionel Allorge : Oui. Il y a un site web assez fourni, sur lequel il y a déjà pas mal de documentation.

Quesch : Un très beau site web.

Lionel Allorge : Merci. Qui mériterait d’être amélioré, évidemment, avec le temps, mais en tout cas on a beaucoup d'informations. Et puis, surtout, il y a des bénévoles très disponibles qui sont sur le stand pour accueillir les gens qui souhaitent s'informer.

Quesch : Il y a un endroit où il y a beaucoup de foisonnement, c'est l'endroit où il y a les espaces avec les associations, donc on peut voir, vraiment, tout un tas de choses, et il y a des listes de conférences. Il y a une application pour gérer ça, parce qu'il y a vraiment des conférences dans plein de salles et de différents sujets. Venez faire un petit tour aux RMLL ; ça se passe à Bordeaux, c'est une fois par an.

Lionel Allorge : Non, pas à Bordeaux.

Quesch : Ah non, pas à Bordeaux. Moi je vis dans le passé.

Lionel Allorge : Les premières ont eu lieu à Bordeaux.

Quesch : Les premières ont eu lieu à Bordeaux, et on est ici à Beauvais.

Lionel Allorge : Voilà, c'est ça.

Quesch : Parce qu'il fait tellement chaud.

Lionel Allorge : C'est ça on se croirait à Bordeaux.

Quesch : Il fait tellement chaud dehors qu'on se dit ce n'est pas possible qu'on soit au nord de Paris, c'est impossible. Donc, effectivement ça se passe à Beauvais, et c'est toute la semaine de lundi au vendredi. Eh bien, merci beaucoup à Lionel Allorge de l'April.

Lionel Allorge : Merci.

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(13/04/2016 @ 19:55)

Revue de presse de l'April pour la semaine 14 de l'année 2016  Voir?

La revue de presse de l'April est régulièrement éditée par les membres de l'association. Elle couvre l'actualité de la presse en ligne, liée au logiciel libre. Il s'agit donc d'une sélection d'articles de presse et non de prises de position de l'association de promotion et de défense du logiciel libre.

En podcast.

Sommaire de la revue de presse de l'April pour la semaine 14

[LaDepeche.fr] Liberté et sécurité retrouvées avec l'installation de systèmes libres

Par Frédéric Pascaud, le dimanche 10 avril 2016. Extrait:
> La semaine du logiciel libre s'est terminée hier, avec comme point d'orgue l'installation de systèmes d'exploitation libres dans la salle du bureau d'information jeunesse.
Lien vers l'article original: http://www.ladepeche.fr/article/2016/04/10/2321965-liberte-et-securite-retrouvees-avec-l-installation-de-systemes-libres.html

[ActuaLitté.com] Edito: l'ebook, c'est Cosette qui cire les pompe de Cendrillon

Par Nicolas Gary, le vendredi 8 avril 2016. Extrait:
> Le livre est mort, vive le livre! Depuis des années, l’industrie du livre mène un combat pour faire comprendre à l’Europe qu’un livre reste un livre, qu’il soit de feuilles collées ou de bits codés. Depuis hier, c’est chose faite: la Commission européenne a accepté l’idée de modifier la TVA «pour les publications électroniques». Gloria in excelsis Deo! En fait, presque...
Lien vers l'article original: https://www.actualitte.com/article/edito/edito-l-ebook-c-est-cosette-qui-cire-les-pompe-de-cendrillon/64051

[Next INpact] Au Sénat, l'encouragement aux logiciels libres et aux formats ouverts passe à la trappe

Par Xavier Berne, le mercredi 6 avril 2016. Extrait:
> La commission des lois du Sénat s’est opposée ce matin à ce que les administrations recourent prioritairement aux logiciels libres et aux formats ouverts. Les élus ont carrément fait disparaître le vague «encouragement» prévu jusqu’ici par le texte porté par Axelle Lemaire.
Lien vers l'article original: http://www.nextinpact.com/news/99367-au-senat-l-encouragement-aux-logiciels-libres-et-aux-formats-ouverts-passe-a-trappe.htm

Et aussi:
[Next INpact] Au Sénat, l'impressionnant détricotage de la loi Numérique
[Next INpact] La charge de deux sénateurs contre l'ouverture des codes sources des administrations
[Silicon.fr] Loi Numérique: le Sénat tourne le dos à l'OS souverain
[Le Huffington Post] Projet de loi numérique: les lois fourre-tout crispent le débat
[Les Echos] Nicolas Bouzou: «La loi numérique aurait dû être la plus importante du quinquennat»

Voir aussi:
La commission des lois du Sénat ne veut ni encouragement, ni priorité au logiciel libre

[Silicon.fr] Les États-Unis affûtent leur projet Open Source, la France aussi

Par Ariane Beky, le mardi 5 avril 2016. Extrait:
> Les États-Unis veulent accélérer le partage et la réutilisation du code source de logiciels développés par ou pour le gouvernement fédéral américain. En France, l’administration fiscale a mis à disposition le code source de son calculateur d’impôts lors d’un hackaton.
Lien vers l'article original: http://www.silicon.fr/etats-unis-affutent-projet-open-source-france-aussi-143895.html

[Developpez.com] La Mairie de Fontaine migre 600 ordinateurs sous GNU/Linux

Par Grégory Époutierez, le mardi 5 avril 2016. Extrait:
> Nicolas Vivant est directeur du système d’information à la mairie de Fontaine, en Isère. Depuis quelques années, il s’attelle à la migration du parc informatique vers des solutions logicielles libres.
Lien vers l'article original: http://open-source.developpez.com/actu/97552/La-Mairie-de-Fontaine-migre-600-ordinateurs-sous-GNU-Linux-elle-nous-fait-partager-son-experience-des-logiciels-libres

[LeMagIT] Logiciels libres et secteur public: le contrat de support étendu aux agences du gouvernement

Par Cyrille Chausson, le mardi 5 avril 2016. Extrait:
> Publié la semaine dernière au BOAMP, l’avis de l’appel d’offres portant sur le support en logiciels libres des ministères se voit étendu aux agences du gouvernement comme l’ADEME ou l’Ecole polytechnique. L’accord-cadre, renouvelé, a aussi été remodelé et ne propose plus de barème dégressif.
Lien vers l'article original: http://www.lemagit.fr/actualites/450280683/Logiciels-libres-et-secteur-public-le-contrat-de-support-etendu-aux-agences-du-gouvernement

Note

Les articles de presse utilisent souvent le terme « Open Source » au lieu de Logiciel Libre. Le terme Logiciel Libre étant plus précis et renforçant l'importance des libertés, il est utilisé par l'April dans sa communication et ses actions. Cependant, dans la revue de presse nous avons choisi de ne pas modifier les termes employés par l'auteur de l'article original. Même chose concernant l'emploi du terme « Linux » qui est généralement utilisé dans les articles pour parler du système d'exploitation libre GNU/Linux.

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(11/04/2016 @ 17:16)

Neuf mois après « et si on décolonisait le Net »  Voir?


Pierre-Yves Gosset

Titre : « Et si on décolonisait le Net ? » Neuf mois après.
Intervenant : Pierre-Yves Gosset
Lieu : RMLL2015 - Beauvais
Date : Juillet 2015
Durée : 49 min 14
Pour visionner la vidéo
Support format PDF

Résumé

Petit à petit, quelques entreprises collectent de plus en plus de données sur les utilisateurs de plus en plus nombreux à utiliser leurs services en ligne. Il est devenu quasiment impossible d’éviter Google, Apple, Facebook, Amazon ou Microsoft (« GAFAM ») en allumant son ordinateur ou son smartphone, en surfant sur internet, en échangeant (par email ou visio) avec d’autres personnes.

Et ces entreprises souhaitent étendre leur pouvoir sur des domaines qui sortent du web : téléphonie, télévision, domotique, robotique, nanotechnologies, intelligence artificielle ou même santé ou éducation.

Nous vous proposons de découvrir un rapide inventaire des supports de collecte d’informations personnelles, et l’ampleur de la colonisation latente d’Internet, pourtant au départ conçu de façon décentralisé.

Puis nous évoquerons quelques pistes de résistance, accessibles à tout-e-s, afin que nos données ne finissent pas systématiquement aspirées par le « trou noir » de GAFAM.

Transcription

Donc je vais sortir l'heure. Si on peut me faire signe cinq minutes avant la fin. Puisqu'en plus, c'est bien, il y a déjà des gens, je crois, qui sont là pour Richard Stallman. C'est pratique, du coup, de faire la conf juste avant. Sauf que, du coup, je vais sans doute un peu mordiller sur la pause pour, si jamais vous avez des questions, etc. On pourra les poser pendant le temps de pause, et évidemment, on pourra se retrouver juste après.

Deuxième contrainte, c'est qu'en fait je fais deux confs en une, finalement. Vous êtes venus ici pour voir « Comment est-ce qu'on peut décoloniser Internet ». En fait, on avait une autre conf Framasoft, qui était prévue, un petit peu, autour du bilan de cette opération qu'on a lancée il y a quelques mois. Donc je vais vous faire du deux en un, autant vous dire que ça va aller vite et que, du coup, je prendrai les questions sans doute après, plutôt que pendant.

Donc, la conférence s'intitule « Et si on décolonisait le Net, neuf mois après ? » C'est un petit peu pour faire le bilan de ce que j'ai présenté aux RMLL 2014 à Montpellier, auxquelles on a présenté cette opération qu'on a lancée, finalement, au mois d'octobre. Aux RMLL 2014, on tâtait un petit peu la température, et maintenant, eh bien il est temps de voir ce qui s'est passé depuis. Donc, c'est là que je vais aller vite parce que si vous cherchez la présentation, vous pouvez retourner sur le site des RMLL, il y a une vidéo qui s'appelle « Et si on dégooglisait Internet ? »1, qui reprend quand même en grande partie ce que je vais vous dire là, pendant la première partie de la conf, qui est, un petit peu, quels sont les problèmes que pose GAFAM, Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft, sur cette question de la centralisation du Net.

Google, je rappelle, est né en 98, donc ça ne fait pas non plus si longtemps que ça. Google n'a pas vingt ans et Google aujourd'hui, répond sur la partie moteur de recherche à environ 45 000 recherches par seconde. 45 000 recherches par seconde c'est, (Pyg fait claquer deux fois ses doigts), entre temps, là, il s'est passé 100 000 recherches sur Google, ça va quand même très vite et, évidemment, il y a une très grosse infrastructure derrière. C'est essentiellement pour ça que les gens connaissent Google. Mais l'idée c'est de faire un petit inventaire à la Prévert de ce que propose Google comme services et jusqu'où il va aujourd'hui.

Donc Google Mail, les dernières stats que j'ai trouvées dataient de 2012, et c’était, officiellement, sur le blog du compte Google, 500 millions de boîtes mails. Les adminsys qui sont dans la salle apprécieront. Aujourd'hui, ils doivent être à peu près à un milliard, c'est-à-dire que moi je vois bien que les gens autour de moi qui ne connaissant pas le logiciel libre et qui ne sont pas forcément sensibilisés à ces questions, vont quasi, maintenant, systématiquement, se créer un compte chez Gmail plutôt qu’ailleurs. Quand on parle de se créer une boîte mail, c'est Google. Avant on avait une pseudo diversité, un peu de Yahoo, un peu d'Outlook, que des choses bien libres évidemment ! Autant vous dire que ça a changé depuis, et que Google truste l’essentiel des créations de boîtes mail.

Autre service extrêmement utilisé Google Drive. Est-ce qu'il y en a, parmi vous, qui utilisent Google Drive, ou que l'on force à utiliser Google Drive ? Si vous pouvez lever la main. On est quand même là aux Rencontres Mondiales du Logiciel Libre, donc, forcément, la stat est biaisée. Mais ça veut dire que souvent on vous force à utiliser du Google Drive, parce que vous, vous êtes peut-être auto hébergé, vous avez peut-être votre propre boîte mail, mais, potentiellement, les gens qui vous disent : « Ah ! Eh bien tiens j'ai partagé tel document sur Google Drive. Ah ouais, mais c'est mieux si tu te crées ton compte parce que, du coup, tu retrouveras les dossiers bien classés, comme il faut, etc., et puis tu pourras déposer les fichiers, etc. » Donc Google nous enferme, finalement, en hébergeant nos fichiers.

Dans les services, et je vais accélérer du coup, Google Agenda, YouTube. Là aussi, à Framasoft, on fait souvent des confs autour de ce projet de dégooglisation, quand on explique que Google et YouTube c'est la même chose, enfin, en tout cas, c'est la même entreprise, les gens sont souvent assez choqués. On a tendance à oublier que le grand public ne sait pas que YouTube est maintenu, est administré par Google. Sur les dernières stats, là aussi, qui datent d'il y a quand même plus de deux ans, on était à un milliard de visiteurs uniques par mois, et à cent heures de vidéo uploadées par minute. Autant dire que, aujourd’hui, YouTube est le premier média mondial devant la télé. C'est celui qui touche le plus d'utilisateurs et évidemment, celui qui contrôle le premier média mondial a, clairement, un pouvoir sur la population.

Dans les choses un peu plus cachées, que les gens connaissent moins, ce sont les outils pour webmaster, que propose Google. Typiquement Google Analytics, c'est-à-dire l'outil de stats que propose à Google. On l'a longtemps utilisé à Framasoft, honte sur nous, avant d'aller ailleurs, évidemment. C'est un service qui permet, en rajoutant deux lignes de code sur son site web, d'obtenir des statistiques que fournit Google, avec des choses graphiques derrière, etc. Et aujourd'hui, Google Analytics, donc ça ce sont les stats, là aussi officielles, sur les, je crois, dix mille ou cent mille plus gros sites du monde, représente à peu près 70 %. 70 % des dix mille ou cent mille plus gros sites, je ne me souviens plus exactement, utilisent les services de Google Analytics. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que l’essentiel des sites web visibles sur Internet et sur lesquels les gens vont régulièrement, sont traqués à 70 %, sont traqués par Google Analytics. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que Google fournit le service de stats, mais évidemment, il stocke les statistiques. Donc Google sait, quand on crée un site web et qu'on utilise Google Analytics, derrière, d'où vient le visiteur, combien de temps il est resté sur la page, sur quels liens il a cliqué, quel était, éventuellement, le contenu de cette page, est-ce qu'il a cliqué sur des publicités, si oui lesquelles, etc.

Évidemment, le fonds de commerce de Google c'est la publicité. Google est avant tout une régie publicitaire. C'est un peu bizarre de dire ça comme ça, parce que c'est, évidemment, une énorme boîte avec une infrastructure monstrueuse en termes de technologie et de serveurs, mais, c'est avant tout, enfin le business modèle de Google, c'est d’être la plus grosse régie publicitaire, et la plus efficace possible. Et donc, c'est là-dessus qu'ils basent une grosse partie de leurs revenus : treize milliards de dollars par mois. Il faut quand même le dire.

Toujours dans les outils pour développeur, on a Google CDN, qui est là aussi, malheureusement, beaucoup utilisé, y compris par pas mal de sites qui tournent autour du logiciel libre. C'est-à-dire que vous, en tant que développeurs, vous avez parfois tendance à utiliser des fontes, donc des polices de caractères qui viennent, en fait, qui sont en provenance de chez Google, tout simplement parce que c'est plus simple, et c'est beaucoup plus rapide à utiliser que de télécharger ces fontes sur son site et puis de les intégrer. Donc, pour gagner quelques minutes, on va tout simplement faire un petit copier-coller d'un bout de texte que vient de chez Google, et Google va récupérer exactement les mêmes informations qu'avec Google Analytics, c'est-à-dire que, puisque vous chargez la police de caractères depuis chez Google, Google sait d'où vos visiteurs viennent, ce qu'ils ont vu comme pages, et éventuellement, où est-ce qu'ils vont aller.

Dans les outils qui sont largement utilisés aussi, donc nous on travaille essentiellement avec des associations, Google Groups, c'est-à-dire service de listes de diffusion sur lequel, heureusement, enfin heureusement, malheureusement aujourd’hui, il y a un frein. C'est que, la plupart du temps, il faut avoir un compte Gmail pour utiliser Google Groups. Donc, c'est à la fois un mal parce que, forcément, ça pousse les gens à se créer une boîte mail Gmail, et à la fois, c'est un bien, parce que les gens commencent à se rendre compte que, même si Google ne fait pas payer Google Groups, ça commence à faire un peu tilter les gens de se dire « mais pourquoi est-ce que je devrais me créer un compte chez Gmail et tout ça pour envoyer un message sur une liste de diffusion ».

Dans les outils on a aussi Google Talk et Hangout, donc qui permettent de faire de la vision conférence et du chat. Et là, je vais déborder un petit peu sur ce qu'on ne voit pas toujours de Google, et là où Google commence doucement mais sûrement à s'implanter, c’est-à-dire, évidemment, les systèmes d’exploitation, le mobile, les Google Glass, etc.

Le premier dont je souhaitais vous parler c'est évidemment le mobile. Qui, ici, a un téléphone Android. Alors, même avec du Cyanogen dedans ? Tout de suite il y a un peu plus… Cyanogen, Replicant ou d'autres. Ça représente, oui, eh bien on est sur la stat à peu près officielle environ 70, 80 %. Est-ce qu'il y en a qui ont des iPhones ? Je pose la question, ça n'a rien à voir avec la conf, mais non ? Là, du coup, on sort de la stat officielle. Donc, clairement, Android, un système qui est aujourd'hui de plus en plus fermé par Google, la publication et le fait de commiter sur les sources d’Android, qui, à la base, étaient quand même relativement libres, même si ce n'était pas du 100 % libres, devient de plus en plus difficile.

Autre service sur lesquels Google s'étend, c'est le paiement sans contact, le paiement par téléphone avec Google Wallet, qui, pour l'instant, est essentiellement implanté, évidemment, aux États-Unis, mais qui arrive, doucement mais sûrement, en France. Donc là on peut commencer un petit peu à s'inquiéter parce que ça veut dire que Google, en plus de filtrer sur le web, commence aussi à vous suivre sur vos paiements, sur les déplacements que vous faites : où est-ce que j'ai été ? Est-ce que j'ai acheté un muffin au chocolat ou un muffin à la myrtille ? Google, potentiellement, pourra le savoir, et peut le savoir déjà même, aujourd'hui, aux États-Unis.

On voit que Google sort, un petit peu aussi, du côté web et flicage direct, en proposant des services qui sont extrêmement pratiques, typiquement la Google Car. A priori c'est le modèle plus ou moins définitif qui roule aujourd’hui, je crois, sur les routes de Californie, puisque ça fait trois semaines, un mois, je crois, que ça a été autorisé aux États-Unis, le fait de faire rouler les Google Cars donc, sur des vraies routes, pour l'instant, évidemment, avec un chauffeur qui est là pour reprendre la main, au cas où. Mais forcément, donc là on commence à voir un petit peu l’implication, l’intrication que commencent à avoir les différents services de Google entre « tiens j'utilise un smartphone savoir où va la personne. Donc, potentiellement, lorsqu’elle va monter dans sa voiture, si elle fait le même trajet tous les jours, je vais lui proposer, directement, de l'amener de son domicile à son lieu de travail ». On va savoir à quelle heure elle est partie, à quelle heure elle est revenue, qui est-ce qu'elle a croisé sur la route, etc. Les Google Cars ne sont pas juste des véhicules. Ils sont censés être des véhicules intelligents, évidemment des véhicules intelligents qui vont vous suivre. Je rappelle, au départ c'est juste une boîte qui faisait un moteur de recherche.

Les Google Glass. Le projet est, pour l'instant, plus ou moins en stand-by, mais il semblerait qu'il puisse revenir sous peu. Il a un peu fait peur aux États-Unis, parce que forcément, les défenseurs du droit à la vie privée et à l'accès aux données personnelles se disaient « mais qu'est-ce qu'on va faire de toutes ces données ? Parce qu'on va se trimballer avec des Google Glass dans la rue, on va savoir qui est-ce qu'on a croisé. Google va savoir qu'est-ce qu'on a regardé ». Il y a des cafés, tout de suite, qui, à San Francisco, ont interdit les Google Glass en disant : « Non, les gens viennent boire un café et ils n'ont pas envie de savoir s'ils sont filmés ou pas filmés ; ce n'est pas du tout l’objet » . Donc Google, pour l’instant, a mis le projet en stand-by, mais ça ne veut pas dire du tout qu'il ne ressortira pas sous une autre forme, plus tard.

Dans la partie santé, Google, s'intéresse. Vous avez à gauche une image de Google Doctor, qui est actuellement en test aux États-Unis. C'est-à-dire, voilà, vous marquez « j'ai mal aux genoux » et vous avez le premier lien « Parlez avec un docteur ». Docteur qui, aujourd'hui, est validé par Google, et auquel vous allez pouvoir poser des questions, etc. Donc Google s'intéresse évidemment à votre santé. Pourquoi ? Eh bien, parce que votre santé vous importe, et donc, potentiellement, il y a de l'argent à faire derrière, de la publicité, évidemment, mais aussi, pourquoi pas, vendre des services de médecine. Et ce qui a fait un petit peu scandale, c'est que, évidemment, il y avait pas mal de docteurs, de vrais médecins, qui disaient : « Mais d'où Google a les capacités à valider, ou invalider, les compétences des médecins ? »

Google travaille évidemment sur les nanoparticules, les nanoparticules et tout ce qui va être nanorobot.

Google achète, en tout cas a acheté en masse, des bases de données d'ADN. L'ADN c'est de la data. Google sait traiter de la data en très grosses quantités. L'idée, évidemment, c'est d'utiliser les compétences et l'infrastructure de calcul de Google pour traiter de l'ADN. Et donc ça pose de vraies questions, parce que le directeur de la recherche et développement chez Google, donc Ray Kurzweil, est clairement, depuis des années, il ne s'en est jamais caché, affiché comme transhumaniste. Le transhumanisme2 c'est un courant de pensée qui dit que l’être humain est biologiquement limité, et qu'il a atteint, aujourd'hui, les limites de ce que pouvait porter, supporter son corps, et que, aujourd’hui, la technologie est là pour l'aider. Ça veut dire que Google, aujourd'hui, et ce ne sont pas des projets de science-fiction, ce sont des projets qui sont en test aujourd’hui au, je ne sais plus comment s'appelle le département de recherche et développement, le Google Lab, si je dis pas de bêtise, la R&D de chez Google, ce sont des choses qu'ils testent. Par exemple on ingère des nanorobots qui vont tester notre niveau de diabète et qui vont nous prévenir, possiblement sur une montre Google, lorsqu’il va falloir prendre sa dose d’insuline, ou pas.

Google aussi, en 2012, je crois, ou 2013, a racheté différentes sociétés de robotique, et notamment Boston Dymanics, qui était une boîte qui travaillait essentiellement avec l'armée. Et donc, là aussi, ça pose un certain nombre de questions. C'est un peu comme les Google Cars. Vraiment, on voit avancer petit à petit, le fait que Google souhaite vous accompagner, y compris dans votre vie physique, et pas uniquement sur le côté numérique, à la fois par le téléphone que vous avez dans la poche, et pourquoi pas, plus tard par des robots qui seront chez vous, et qui seront équipés d'une intelligence artificielle quand même relativement poussée, et qui seront là pour vous aider. Là aussi, la question qui se pose derrière c'est, à un moment donné, qui contrôle ces robots ? Qui va, à un moment donné, pouvoir dire, quelqu'un qui tombe : « Est-ce que le robot est là pour m'aider ? Est-ce qu'il n'est pas là ? » Comment est-ce qu'on va, à un moment donné, les programmer ? Qui va les diriger ? Et aujourd’hui, ça commence vraiment à faire peur à un certain nombre, pour l'instant d'Américains, parce que je trouve que la France est un peu en retard là-dessus, mais on peut commencer vraiment à s'interroger de savoir qui peut arrêter Google, avant que ça ne devienne possiblement Skynet. Je rappelle que le pitch de Terminator, premier du nom, c’était une intelligence artificielle qui, en gros, dérape. Qui était là, au départ, pour assister les humains, et qui, évidemment, trouve que l'humain est un défaut à lui tout seul, essaie de savoir comment est-ce qu'on va éliminer l'humain, et le réduire en esclavage, voire l'éliminer directement.

Donc problème. S'il n'y avait que Google, à la limite, il serait clairement identifié. Aujourd’hui, il n'y a pas que Google. Donc là, les chiffres sont, quand même, en milliards de dollars. Il se trouve, quand même, que Apple est la première capitalisation boursière mondiale. Google est la seconde ou la troisième, et que ces entreprises disposent d'une trésorerie qui est absolument phénoménale, et qui pose un certain nombre de problèmes sur lesquels je reviendrai tout à l'heure. Donc on est face à des géants, des aspirateurs géants de données. Et on continue, peut-être pas vous directement ici, mais globalement, l'immense majorité de la population connectée à Internet, continue de leur donner des données, tous les jours.

Dans les dangers que ça pose. Quand on parle de tout ça, un peu, à des entreprises, ce qui les touche le plus c'est peut-être le frein à l'innovation. C'est-à-dire que, un des soucis principaux qu'on va avoir avec Google et d'autres, c'est que ces boîtes ont tellement d'argent en caisse qu'elles peuvent racheter à peu près n'importe quelle boîte. Ça s'est vu quand Facebook a racheté Whatsapp pour plusieurs milliards de dollars. C’était une boîte qui comptait 52 employés. Forcément, quand on fait un chèque de plusieurs milliards de dollars, c'est assez compliqué de dire non et ça peut se comprendre. Et, du coup, ça pose, aujourd'hui, la problématique suivante, c'est qu'il y a beaucoup de startups qui ont comme business modèle de créer une activité, qu'elle pourront revendre à un plus gros, qui elle-même sera rachetée par un plus gros, et qui finira, tôt ou tard, chez une des cinq boîtes dont je vous parlais tout à l'heure.

Je pourrais citer tous les dangers, mais on y reviendra un petit peu plus tard. Il y en a un qui, à nous, paraît relativement important dans le milieu du logiciel libre, c'est, évidemment, le fait que, d'une part ça collecte les données, et d'autre part que ces logiciels, évidemment, ne soient pas libres. Facebook n'est pas libre. Google, évidemment, est un acteur à la marge du logiciel libre, sur pas mal de choses, mais c'est surtout, et avant tout, un acteur du logiciel propriétaire.

Donc, la question de fond, c'est comment est-ce qu'on évite que Google devienne « Googleternet » ou « Facebookternet », et qu'on ne se retrouve pas, finalement, enfermés par des boîtes qui vont dire : « Moi je vous câble votre ville gratuitement, je vous mets les voitures qui vont bien, etc. » Et on vivrait, vraiment, avec des services aujourd'hui, des frigos Google, la voiture Google, la console Google, etc.

Tout ça, aujourd'hui, est vraiment en préparation, et c'est d'une logique absolument implacable pour eux, et c'est assez normal dans leur business plan, c'est de dire : « On va être au plus près des utilisateurs et plus on va les servir, plus ils vont utiliser nos services, plus on pourra leur proposer de la publicité, plus on va gagner d'argent, plus on va pouvoir leur proposer autre chose !»

Quelque chose, dont je ne parlerai pas, dont j'avais prévu de parler, parce qu'on est dans le track politique, mais puisque je vous ai dit que je faisais deux confs en une, (je vais aller un peu plus vite, je vais en profiter pour regarder où j'en suis. Ça va), c'est, évidemment, la problématique, derrière, de la récupération de ces données par des gouvernements. Si vous avez des questions sur les révélations d'Edward Snowden ou le projet de loi renseignement, je vous rappelle qu'il y a la FFDN3 qui est là, aujourd'hui, et qui en parlera très bien. Ils sont en bas, ils ont un stand, allez les voir. Vous pouvez, évidemment, vous rendre aussi sur le site de la Quadrature du Net4, sur le site de l'April5, ou sur le site de pas mal d'associations qui ont traité, plutôt avec brio, ces questions-là, et qui ont réussi, quand même, à sensibiliser une partie du public à ces questions-là.

Donc, j'en reviens à qu'est-ce qu'on fait pour lutter contre ça ? Je suis contractuellement obligé, dans mon contrat de travail je dois afficher des chatons dans mes diaporamas. Donc ne vous étonnez pas, ça va changer un petit peu, un petit plus fun, maintenant que je vous ai bien fait peur. Qu'est-ce qu'on fait, nous, association Framasoft6pour ça ? Je n'ai pas parlé, au départ, de Framasoft. Framasoft c'est une association loi 1901, aujourd'hui reconnue « jeunesse éducation populaire », qui promeut le logiciel libre et la culture libre depuis une dizaine d'années. Donc on a trois axes, on fait du logiciel libre, de la culture libre et du service libre.

Le logiciel libre. On a un annuaire, historiquement, de logiciels, que vous pouvez aller visiter. Voilà, je cherche, on est un peu les pages jaunes du logiciel libre, je cherche un logiciel pour faire de la retouche d'images, eh bien on va vous parler de Gimp, d'Inskape, etc. On a des projets autour du logiciel libre comme la Framakey7ou le FramaDVD8, dont je ne parlerai absolument pas aujourd'hui.

Sur la partie culture libre, on édite le Framablog9, qui est un des principaux blogs qui s'intéressent à la culture libre, donc à comment est-ce que le logiciel libre et les valeurs du logiciel libre influent sur le milieu de la culture libre et interagissent, parce qu'aujourd'hui ce n'est pas juste de l'influence, c'est vraiment de l'interaction. On essaye de faire des articles plutôt grand public, essentiellement issus de traductions, puisque les Français ont, apparemment, beaucoup de mal avec l'anglais. En culture libre aussi, on a un projet qui s'appelle Framabook10, qui est une petite maison d'édition, qui compte aujourd'hui 25 ouvrages, je crois, qui sont tous publiés sous licence libre. Je vous encourage à aller voir le site Framasoft11, vous retrouverez les trois axes donc logiciel libre, culture libre et services libres.

Et donc qu'est-ce qu'on a fait pour essayer, un petit peu de résoudre, à notre toute petite échelle, cette problématique ? On s'est dit « bon, on n'est pas contents, mais on n'est pas vraiment informaticiens. Qu'est-ce qu'on va faire pour lutter contre Google ? » Et on s'est dit « bon, aller, on va essayer quelque chose. On sait qu'on n'est pas contents. On qu'il y a un vrai problème de fond, mais on n'est pas développeurs de logiciels. On ne porte pas un logiciel, on porte plutôt une sensibilité, porte d'entrée, comment est-ce qu'on accueille le public, comment est-ce qu'on va le sensibiliser à ces questions ». Et donc on a décidé de s’attaquer à Google, alors, on a comparé.

Google. Soixante milliards de chiffre d'affaires, je crois que c'est le chiffre 2013, peut-être 2014. Trois milliards de bénéfices. Plus de cinquante mille employés, donc ça, ça compte les employés qu'ils ont intégrés relativement récemment. Sauf que, évidemment, ils ont, en fait, des centaines de milliers de prestataires. Il y a vraiment des centaines de milliers d'emplois qui dépendent de Google, ce qui nous, nous pose problème quand on dit qu'on essaye de lutter contre l'hégémonie, un petit peu, de GAFAM. Évidemment, quand on dit que ce sont des millions d'emplois au travers de la planète entre Google, Microsoft, et d'autres, on passe, un peu, pour des empêcheurs de créer de l'emploi en rond. Ce qui est un peu compliqué. Il y a avait deux millions de serveurs Google en 2008, c'est le dernier chiffre officiel qui existe, je crois. Donc 2008/2015, je vous laisse imaginer combien il peut y avoir de serveurs chez Google aujourd'hui, sachant que Google est un des principaux producteurs de serveurs dans le monde. Il produit de lui-même ses serveurs qu'il se rachète à lui-même, en quelque sorte.

Framasoft, c’était 158 000 euros de recettes, essentiellement qui proviennent de dons, à plus de 80 %. Le reste provient de quelques prestations qu'on peut faire et de ventes de tee-shirts, goodies, etc. Mais sinon, l'immense majorité de nos ressources provient des dons. C’était 10 000 euros de pertes en 2013. Aujourd'hui c'est 2,7 salariés, je suis désolé pour le « virgule sept », Pouhiou, qui n'est pas à temps plein, on ne l'a pas coupé en rondelles. C'est une trentaine de membres, avec, évidemment, une communauté qui est beaucoup plus large derrière, puisqu'on a quand même, du coup, plusieurs milliers de donateurs qui nous soutiennent chaque année. Et aujourd'hui, on a réussi à réduire le nombre de serveurs pour faciliter la maintenance, c'est une vingtaine de machines virtuelles, pour gérer, en tout, on va dire plus d'une centaine de services qui comptent, eux-mêmes, en gros, une grosse quarantaine de produits différents. C’est-à-dire qu'on a du média wiki, du pmwiki, du Spip, du Drupal, du EtherPad, du EtherCalc, etc. Ce qui réclame, quand même, beaucoup de travail pour nos pauvres adminsys. C'est un gros boulot, mais on est plutôt contents de la façon dont on arrive à le faire.

Donc on n'est rien. On est trente-huit mille fois plus petit que Google, mais on s'est dit quand même on va y aller, on n'a peur de rien, allons-y ! Donc, en octobre 2013, on a commencé à manger la pâtée de notre chien, c'est-à-dire à s'appliquer à nous-mêmes les principes qu'on voudrait que le grand public adopte. C'est-à-dire que nous, on utilisait massivement les services de Google. Et quand je dis massivement, ça veut dire nos mails étaient chez Google. Quand vous écriviez à pyg@framasoft.org, il passant par les serveurs de Google. Quand vous vouliez travailler sur la liste de diffusion, la liste de discussion Framalang12, le groupe de travail Framalang, qui fait les traductions, c’était chez Google Groups. Lorsque vous alliez sur un site Framasoft, les stats utilisaient Google Analytics. On avait même de la publicité ! Honte sur nous. Donc entre octobre 2013 et octobre 2014, on a tout viré !

Applaudissements

Merci. Ça nous a pris un an. Ça a été un petit peu long. C'est assez difficile. Je pense que là, il faut être honnête. Quitter Gmail quand ça fait des années qu'on utilise Gmail, ce n'est pas forcément une sinécure, ce n'est pas forcément simple. Évidemment il y a Thunderbird, il y a plein d'outils super bien dans le monde du Libre pour ça, mais changer ses habitudes, perdre en confort d'utilisation qu'on avait, à un moment donné, parce qu'il y a une conduite du changement qu'il faut suivre, eh bien c'est compliqué. c’est parfois douloureux. Enfin Richard Stallman qui va suivre derrière moi, vous dira que la liberté a un prix, elle a une valeur, et que donc, il faut aussi être prêt à ça, de toutes façons.

Donc, en octobre 2014, c’était ce dont je vous parlais tout à l'heure, on a décidé de lancer une campagne, il me reste moins de vingt minutes, qui s'appelle « Dégooglisons tiret internet point org »13. Vous voyez qu'on a repris l'imagerie un peu, d'Astérix et Obélix, pour dire qu'il fallait, à un moment donné, résister. La conf s'intitule « Décoloniser le web », le fait est que, pour nous, il y a vraiment un problème de colonisation, petit à petit, de substitution de services libres qui existaient, qui étaient d'une grande diversité, par des services fermés, propriétaires, privateurs, et gratuits, de Google, Facebook, etc. Et c'est ce gratuit qui attire, évidemment, le grand public. On vous rappelle, enfin, là je vous renvoie aux confs de Tristan Nitot, qui vous explique très bien pourquoi si c'est gratuit c'est vous le produit. Il prend cet exemple souvent du cochon. Enfin ce sont deux cochons qui sont une porcherie, il y en a qui fait : « C'est vachement bien ici, on est nourri, logé ». L'autre fait : « En plus, du coup la porcherie est gratuite, on est vachement bien ». Et voilà. Et c'est un peu ça, aujourd'hui, malheureusement.

Cinq minutes ! Ça ne va pas être possible. On a commencé avec vingt minutes de retard. Je ne bougerai pas, il faudra venir me chercher, appelle la sécurité, Marie !

Donc qu'est-ce qu'on a fait depuis un an ? C’était cette campagne « Dégooglisons Internet », avec trois objectifs, j’accélère quand même, sensibiliser, démontrer essaimer.

Sensibiliser, c'est le site web. Démontrer, c'est mettre en place des services dont je vais vous parler tout de suite et essaimer, ce sera un peu l'objet de ma conclusion.

Donc, « Qu'est-ce qu'on fait ce soir, Cortex ? Eh bien la même chose que tous les soirs Minus, on va essayer de libérer le monde ». C’est-à-dire qu'on a lancé un modeste plan de libération du monde, rien que ça, qui s'étale sur trois ans, sur lequel on essaye de proposer, en face de chaque service de Google, Facebook ou autres, un service libre. La plupart du temps, enfin dans 90 % des cas, ces services sont déjà existants, les applications libres existent déjà, et l'idée c'est de dire on va les pousser, on va les mettre en place, de façon à servir de démonstration pour le grand public, afin qu'il l'installe, lui-même, derrière.

Donc en 201414, on a bouclé le programme. En 201515, il nous reste quelques services à mettre en ligne. 201616, on en reparlera et, normalement, ça devrait s'achever en 201717, si tout va bien, par la mise en place d'un service de mails. Je ne sais pas du tout si on arrivera jusque-là parce que, évidemment, il va nous falloir un peu de sous pour ça.

Qu'est-ce qu'on a fait ces neuf derniers mois ? Eh bien, on n'a pas trop chômé. Le service Framapad existait avant le lancement de la campagne, mais il a été quand même pas mal amélioré. Notamment à la fin du mois, vous aurez un nouveau service qui s'appelle Mypads, qui est un plugin qui viendra se greffer sur Framapad, qui permet de rédiger des documents de façon collaborative, mais y compris privée, sur lesquels vous aurez des groupes, de la gestion de groupes. Donc ça pourra être utilisé dans le milieu de l’éducation, ça pourra être utilisé dans le milieu professionnel, etc. Et évidemment, ce plugin sera libre et hyper simple à installer : un clic et vous téléchargez Mypads et vous le rajoutez sur votre pad. Que ça soit le pad de l'April, le pad de la Quadrature ou le pad d'une entreprise, vous cliquez, ça vous rajoute les fonctionnalités de gestion de groupes privés dans EtherPad. Aujourd'hui on héberge plus de deux cent mille pads, à mon avis on est plus proche des trois cent mille, ce qui fait probablement de Framasoft le plus gros hébergeur de pads au niveau européen, peut-être même au niveau mondial. On n'a pas plus de chiffres.

Il y a Framacalc, qui est un tableur en ligne, là aussi en temps réel. J'ouvre un tableur, je travaille dessus, je partage l’adresse avec quelqu'un d'autre qui va pouvoir venir compléter, travailler, etc.

Framabag, qui a eu quelques soucis avec une société qui s'appelle Pocket, dont on a reparlé puisque Firefox maintenant intègre un lien vers Pocket. Je n'ai malheureusement pas trop le temps d'en parler, mais ça permet, en gros, de mettre de côté des pages web sur lesquelles vous tombez, pour pouvoir les relire plus tard plus tard, éventuellement en mode déconnecté et surtout sans les publicités, etc., tout ce qui tourne autour, ça vous récupère le contenu de la page.

Framadate, qui est un des services les plus utilisés chez nous. C'est environ 300 à 500 sondages qui sont créés chaque jour. En fait, c'est une alternative à Doodle que, à peu près chacun d'entre vous, doit connaître.

Framanews, qui est une alternative au défunt Google Reader qui permet, normalement, d'accéder à des flux RSS et de lire assez facilement des flux RSS.

Framasphère, qui était le produit phare quand on a lancé la campagne en 2014. C'est un réseau social qui est basé sur Diaspora, et qui permet donc, à des inscrits sur Framasphère, de discuter avec d'autres pods, donc d'autres nœuds Diaspora, installés partout sur la planète. Donc on peut très bien discuter avec des gens qui sont Diaspora Brésil, Diaspora Allemagne, etc. Tout ça fonctionne assez bien vu que Diaspora est fait pour fonctionner en mode pair à pair.

On a sorti des petits outils sur lesquels je vais aller très vite : Framabin, qui permet de mettre du texte chiffré. Framalink, qui est un raccourcisseur d'URL. Framapic, qui permet de déposer des images, là aussi, de façon chiffrée en ligne, c'est-à-dire que nous, on ne sait pas ce qu'on héberge comme images.

On a ouvert, quand Google Code a annoncé qu'ils fermaient le service Google Code sur lequel il y avait quand même pas mal de choses d'hébergées. L'argument de Google, c’était : « Eh bien oui, mais en fait tout le monde va chez GitHub, donc Google Code va fermer ses portes ». Or GitHub, aujourd'hui, si vous êtes développeur, c'est devenu vraiment un incontournable, le problème c'est que ce n'est pas libre, du tout. Évidemment, vous pouvez récupérer les données, etc. Mais derrière GitHub pourrait devenir le futur source forge. Là aussi, je m’adresse à un public averti, donc il y a quand même des risques que GitHub un jour, devienne moins propre. Donc nous on a ouvert notre forge qui est basée sur GitLab, qui est un logiciel libre, que vous pouvez installer, évidemment, vous aussi. Et le fait d'avoir ouvert notre GitLab, quelques semaines après on avait cinq cents comptes de créés, aujourd’hui, trois mois après, on a plus de mille comptes, mille projets hébergés sur le git.framasoft.org.

Framabee, qui est un métamoteur de recherche, ce n'est pas un moteur de recherche. On nous dit souvent : « Mais comment est-ce que vous faites pour crawler le web ? » On ne crawle pas, on interroge, en fait, Google, Bing, Wikipédia et d'autres, donc on assume parfaitement que, quand vous tapez un mot clef dans Framabee, vous allez avoir une interaction. En fait, la requête est envoyée à Google, à Bing et à d'autres et ça s'affiche dans votre navigateur. Le gros avantage, parce qu'on est bien d'accord, Google n'est pas libre, mais le gros avantage c'est que vous sortez de la bulle de filtres dans laquelle vous met Google et qui dit : « Puisque vous cherchez chaussure et que vous êtes à Lyon, eh bien on va vous afficher les magasins de chaussures près de Lyon ». Là, Google ne sait pas où vous êtes, ne sait pas qui vous êtes, et donc renvoie des résultats qui sont correctement anonymisés.

On a sorti Framabookin 18, qui est aussi la possibilité d'avoir sur sa liseuse, sur son téléphone, ou d'autres, accès à un catalogue OPDS, c'est-à-dire un peu l’équivalent d'un Flux RSS, qui vous permet d'accéder à plus de 2500 œuvres libres et du domaine public.

Framagames, je passe dessus.

Donc voilà, où est-ce qu'on en est aujourd'hui ? Eh bien, on a quand même pas mal avancé en neuf mois. Donc tous les services que je viens de vous citer, vous voyez, remplacent des anciens services qui existaient. Qu'est-ce qu'on va faire ? Et promis, je me dépêche, j'approche de la fin.

En octobre 2015, on va sortir Mypads, qui permettra d'avoir Framapad avec des comptes privés.

Une version de Framadate améliorée, qui, pour l'instant, dans sa version de dev s'appelle Openbar, qui permettra de récupérer tous vos Framadates passés, dont vous êtes administrateur.

Un outil qui vous permettra de faire du dépôt de fichiers lourds, de façon chiffrée, c’est-à-dire que lorsque vous enverrez vos photos de vacances sur le service Framadrop, le fichier, lui-même, est chiffré en amont. C'est-à-dire que nous, lorsqu’on le reçoit, on ne sait pas ce qu'on reçoit. Évidemment, ce sera un hébergement très temporaire. On n'a pas envie de se retrouver avec tous les avocats au derrière. Et un service, probablement, de pétitions, pour un petit peu aider les gens à sortir de Change ou Avaaz qui, évidemment, collectent et profilent beaucoup de pétitions. Et souvent il y a un aspect politique dans ces pétitions, et on trouve ça assez dangereux de confier, là aussi, des signatures à des organismes, qui ne sont pas forcément mal intentionnés aujourd'hui, mais encore une fois, on ne sait pas ce qu'ils vont devenir.

Dernier point, et pas des moindres, essayer de sortir une alternative à Dropbox, basée probablement sur ownCloud. Là aussi, on est bien d'accord, nous, ce qu'on propose, c'est de la démonstration, il y aura un nombre de comptes probablement limité. L'idée c'est de dire : « Regardez comment ça fonctionne, et si vous êtes satisfaits de la façon de la façon dont ça fonctionne, téléchargez et installez ownCloud ».

Traduction anglaise et autres du site Dégooglisons.

Décembre 2015, j'utilise toujours Google Forms, une alternative qui s'appellera probablement Framaforms. Des outils de gestion de projets pour les associations, beaucoup, mais enfin, ça peut être aussi les particuliers ou des entreprises. Des alternatives à Skype. Des outils de prise de décision basés, peut-être, sur le logiciel libre qui s’appelle Loumio. Et l’idée c'est d'arriver aux RMLL 2016, avec encore d'autres produits, remplacer ou, en tout cas, plutôt proposer une alternative à Google Slides qui s’appellerait Framaslides, qui serait basée sur des logiciels libres sur une couche dereveal.js et autres.

Peut-être, on est en train de voir avec la communauté OpenStreetMap, c'est eux qui nous l'ont proposé d'ailleurs, d'installer des instances de uMap, ce qui permettrait de décharger, éventuellement, leurs serveurs, et c'est complètement dans la logique du Libre et des données ouvertes.

Un service d'agenda, peut-être, ça va dépendre d'un crowdfunding qu'on pourrait lancer.

Un des reproches qu'on nous fait souvent, on nous dit : « Mais vous recentralisez le web ! » Non, puisque vraiment, dans les trois objectifs de cette campagne, il y a la volonté de documenter tout ce qu'on fait, de façon à ce chacun puisse le reproduire. Si je dis qu'on est des bras cassés en informatique chez Framasoft, ça ne va pas plaire à Luc qui est notre adminsys, mais globalement, « frama », c'est français mathématique, on vient du milieu de l'éducation, éducation populaire. On n'est pas des informaticiens, il y a des chômeurs, des thésards, des profs, beaucoup, des directeurs d’école, voilà, des économistes, etc. Et donc, on s'est dit si nous on y arrive, potentiellement, d'autres doivent pouvoir y arriver. Là où on essaye un petit peu de pousser, et c'est pour ça que moi j'étais aussi présent aux RMLL, pour essayer un petit peu de réseauter avec d'autres associations comme le RHIEN, Réseau d'Hébergeurs Indépendants et ENgagés, 19. On a rediscuté avec Florence un petit peu de ce type de projet. C'est comment est-ce qu'on peut arriver à construire une carte des hébergeurs. Pour l'instant nom de projet complètement non définitif, collectif des hébergeurs associatifs, transparents, ouverts, neutres et solidaires. Ça fait chaton. L'idée c'est d’essayer de référencer, un petit peu, toutes les personnes, toutes les associations ou autres, qui pourraient proposer le type de service que nous on propose, sans forcément, mettre l’intégralité, mais de façon à ce qu'on ne se retrouve pas coincés, à un moment donné, avec un Framasoft qui serait trop gros.

Tous ces services sont proposés suivant une charte. C'est très important, pour nous, de s'engager sur un certain nombre de points. Donc, c'est un peu nos quatre libertés à nous : donc les services doivent être libres, doivent être éthiques, donc évidemment c'est 100 % du logiciel libre. Si vous trouvez un truc pas libre dites-le-nous. Normalement ce n'est pas normal, mais on ne sait jamais, vu le nombre de trucs qu'on brasse, on pourrait s’être raté quelque part, mais logiquement tout est libre.

Au niveau de l'éthique, on s'engage, encore une fois on est une association loi 1901, on n'a aucun intérêt à aller gagner de l'argent sur de la revente de données, on est basé sur un modèle de contribution, donc on s’engage à ne pas aller regarder vos données. Décentralisé, c'est la carte, un petit peu, que je viens de vous montrer derrière, c'est de dire comment on va pousser à l'essaimage. Et solidaires, solidaires dans les deux sens, c'est de faire comprendre aux utilisateurs qu'ils doivent être solidaires les uns des autres, c'est-à-dire s'entraider. Lorsqu'il y a une question sur un logiciel, eh bien on va la poser sur un forum, il y a quelqu'un d'autre qui va vous répondre, etc. Ce n'est pas Framasoft qui va gérer le support de trois cent mille pads et de centaines de milliers de sondages. Et je ne vous parle pas encore des différents projets qui pourraient suivre derrière.

Donc ça c'est le premier aspect de la solidarité, c'est l'entraide. Et l'autre aspect de la solidarité, c'est, évidemment, de nous soutenir financièrement et j'y viens. Donc est-ce qu'on va y arriver ? Non. Enfin moi, personnellement, je n'y croyais pas. Quand on l'a présenté aux RMLL 2014, je me suis dit on va probablement se casser la gueule. Le fait est que, finalement, ça n'a pas si mal pris et que là, du coup, c'est un petit peu un appel qu'on lance.

La première chose c'est, évidemment, de parler de cette initiative autour de vous, si elle vous paraît intéressante. C'est de dire c'est quelque chose qui est en cours, mais il y a des gens qui essayent de lutter, pied à pied, face à GAFAM, enfin pied à pied, c'est pied contre sandalette, pour escalader l’Himalaya, sympa !

Deuxième chose, c'est d’auto-héberger vos applications, donc ça, c'est l’objectif à très, très long terme, pas de nous, mais globalement de vous, c'est-à-dire de proposer des FreedomBox, de proposer du Cozy Cloud, de proposer des boîtes internet, etc. Nous, on ne fera que la transition, mais au moins ça permettra aux gens de découvrir ce que sont ces logiciels libres.

Et évidemment, vous pouvez soutenir, en donnant des sous, puisque c'est ce qui, aujourd'hui, permet de faire tourner les serveurs, permet de remplir le frigo des salariés qui vont proposer les services derrière. Ça réclame pas mal d'argent, et donc on compte sur vous, mais aussi sur le public qui viendra utiliser ces services demain.

C'est prétentieux. Oui. Ce n'est pas très grave, de temps en temps, comme Gandhi disait: « Ils ne savaient pas que c’était impossible, alors ils l'ont fait ». C'est un peu ce qui est en train de se passer pour nous. Mais ça nous paraît très important, et c'est ma conclusion Marie, je te promets, de réussir, un petit peu, à sortir de cette centralisation et des silos que sont en train construire GAFAM. Tout simplement, parce que ce qui nous pose souci, ce n'est pas un problème juste informatique, on est bien d'accord, c'est un problème vraiment culturel. On pense que, à terme, enfin, les Américains, pas forcément les Américains, mais en tout cas, ces cinq boîtes-là, peuvent voir Internet un petit peu comme Hollywood pouvait se servir des films pour diffuser ce qu'est la culture américaine et la diffuser à large échelle. À un moment donné, Internet pourrait devenir ça, c'est-à-dire un véhicule de, je ne vais pas dire de soumission, mais en tout cas, de comment est-ce qu'on fait fléchir certains peuples en transmettant des infos. Donc là je pourrais parler du référendum grec qui a eu lieu dimanche. C'est évident que, à partir du moment où Google ne vous montrerait pas de l'information, lorsque vous tapez « crise en Grèce » et qu'il ne vous montre pas les articles un petit peu alternatifs qu'il peut y avoir sur la question, ce qui peut arriver, demain. On aura un vrai problème de société, et que la seule alternative qu'on peut construire face à ces portes-avions de la culture, des énormes vaisseaux contre lesquels on ne pourra jamais construire de concurrents. Moi, ça me fait doucement sourire quand j'entends parler de Qwant et d'autres. C'est très bien ce qu'ils font, mais ils ne pourront pas lutter contre les soixante milliards de chiffres d'affaires de Google. La seule alternative qu'on a c'est celle du logiciel libre, et celle de montrer au grand public que nous sommes capables, collectivement, de produire quelque chose face à ces géants.

Voilà. J'ai complètement brassé ma conclusion, mais j'espère que ça vous a convaincus.

Applaudissements

Pierre-Yves : Et comme je sens que Marie va me taper dessus, je ne sais pas s'il y aura des questions, donc pas de questions.

Marie : Non, on a le temps pour quelques questions en attendant.

Pierre-Yves : On a le temps pour des questions. Dire que je pouvais prendre mon temps.

Marie : En attendant que nous retrouvions Richard.

Pierre-Yves : Ah ! D'accord. Ah, alors c'est bon, alors on a une bonne demi-heure devant.

Marie : Donc on a le temps pour des questions. Tu vois ! Je ne coupe pas.

Pierre-Yves : OK.

Marie : Est-ce qu'il y a des questions ?

Public : FramaPorn, ça sort quand ?

Pierre-Yves : Il faudrait que tu arrêtes de poser cette question-là systématiquement. FramaPorn sortira un jour. Promis. Vas-y.

Public : I Want to Believe.

Public : Moi, je me pose la question depuis hier sur l’auto-hébergement, notamment pour les réseaux sociaux, également. Là, la solution c'est un petit peu « il faut se débrouiller tout seul », et je me demandais juste, alors ce n'est pas du tout dans la vogue actuelle, mais il n'y a pas une notion de service public là-derrière ? Est-ce que l’État ne pourrait pas s'engager là-dedans, au niveau des collectivités locales, je ne sais pas, essayer de mutualiser de l'hébergement.

Pierre-Yves : Je suis tout à fait d'accord avec toi. Moi je viens du milieu universitaire et recherche, je bossais pour des universités et le CNRS. Pour moi c’était à eux, aussi, de construire, de co-construire l'Internet de demain, avec une notion de service public. Le fait est que ça ne marche pas. Nous on n'est rien. Quand on débarque et qu'on dit qu'on est association, qu'on fait à peine cent mille ou cent cinquante mille euros, que le budget c'est ça. Ce n'est même le quart d'un budget de labo qu'il faut héberger à un moment donné. Nous n'existons pas pour ces structures-là, malheureusement. Les collectivités, évidemment, sont conscientes du problème. Il y a des associations, diverses et variées, qui travaillent à essayer de faire avancer ces questions-là. Encore une fois, alors là je réponds pour Framasoft, nous, ce n'est pas notre rôle et ce n'est pas notre domaine de compétences : on ne sait pas travailler avec des élus, etc. On peut leur parler, ça ne pose pas de problème. Par contre, quand ils vont nous dire : « Il faudrait faire ceci comme ci, comme ça ». Soyons clairs, on est très peu nombreux, on est quelques dizaines, et on fait les choses un petit peu comme elles nous viennent. Encore une fois, on était un peu, je ne vais pas dire avinés, mais légèrement emportés, le soir où on a décidé de lancer ce projet-là.

Pouhiou : Très joyeux.

Pierre-Yves : Voilà, c'est ça, merci pour le terme Pouhiou. Donc, oui je suis d'accord avec toi. Le fait est qu'ils ne le font pas, donc on fait autre chose.

Public : Ne craignez-vous pas, chez Framasoft, et donc chez d'autres hébergeurs, que l’État vous force la main, l’État ou les institutions secrètes en plaçant des boîtes noires chez vous ?

Pierre-Yves : C'est possible. Encore une fois, il y avait une table ronde, à la plénière d'ouverture des RMLL, on parlait de la complémentarité des assos. Il y a un moment donné où nous, on ne sait pas traiter ces questions-là. Donc, encore une fois, l'April, la FFDN, la Quadrature, traitent ça assez bien. Nous, notre réponse aujourd'hui, c'est de dire « eh bien on a des adminsys qui sont, quand même, relativement compétents, et qui savent, éventuellement, qui peuvent savoir s'il y a des intrusions ». Sur le côté boîte noire, encore une fois, si jamais l'écoute se fait en dehors, on ne le saura pas. On ne prétend pas, encore une fois, être un service anti NSA ou autre, ce n'est pas du tout la question.

Nous, on répond à une problématique qui est assez simple, mais qui, pour nous, nous parait hyper importante, dans plein d'autres problématiques importantes, c'est comment est-ce qu'on évite ce trou noir de collecte de données qui, aujourd'hui, engraisse vraiment GAFAM. Et donc comment est-ce qu'on passe d'un gros trou noir, avec aujourd'hui cinq pôles, mais on ne sait pas combien demain, à, potentiellement au moins, un déjà, quand on crée un autre point, ce n'est plus central, au moins il y en a deux.

Évidemment, il y a des assos comme RiseUp20, enfin il y a plein de gens, on ne prétend pas être les premiers à le faire. Par contre, on est les premiers, je pense, à avoir une espèce de démarche systématique à dire « voilà, il y a tel service qui sort, le logiciel libre propose alternative, on la prend, on la met en place, et on l'ouvre à tout le monde ». Et c'est ça qu'on fait, et ce n'est que ça qu'on fait. Moi, j'ai tendance à dire que ce n'est déjà pas mal pour nous. Notre discours, à nous, s’arrête là, et les protections qu'on peut mettre en place s’arrêtent ici. Si vous n'avez pas confiance, auto-hébergez-vous.

Public : Je suis Florence de Marsnet, qui est un hébergeur à Marseille, et je voulais apporter un très rapide témoignage. Nous, on fait de la dégooglisation depuis une dizaine d'années, sans le savoir, et on est très contents que Framasoft ait mis un nom et a commencé à mettre des actions, une campagne là-dessus. On est vraiment très contents. Du coup, j'invite aussi les autres hébergeurs, tous ceux qui ont un serveur à… Nous, dès qu'on a vu l'initiative de Framasoft, on a aussi décliné les différents services, donc tous les services Framapad, Framacalc, etc. On a fait Marspad, Marscalc, etc. J'invite donc les autres hébergeurs à faire de même et à installer toutes ces applications.

Pierre-Yves : Et on est prêt à vous accompagner pour ça s'il le faut, et si on peut.

Florence : Et puis il y a aussi, peut-être, une idée de faire, comme on fait des install parties, à faire des testing parties, c'est-à-dire à faire des moments conviviaux où on teste ces outils.

Pierre-Yves : Ouais.

Florence : On peut appeler ça, un nom assez fun, quelque chose qui attire les gens, parler aussi de « démarrabootage », enfin il faut quelque chose, un petit peu, qui attire, enfin médiatiser aussi cette action, ce serait intéressant.

Pierre-Yves : Merci, pas de souci.

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(07/04/2016 @ 20:06)

La commission des lois du Sénat ne veut ni encouragement, ni priorité au logiciel libre  Voir?

À l'occasion de l'examen du projet de loi « pour une République numérique » (renommé en « pour une société numérique ») l'inscription d'un principe de priorité au logiciel libre dans la loi a été rejeté. La disposition, issue de l'Assemblée nationale, qui visait à simplement à encourager l'utilisation des logiciels libres a même carrément été supprimée suite au vote d'un amendement du rapporteur. Le sujet reviendra cependant en débat à l'occasion de la séance publique qui débutera le 26 avril 2016.

Sur l'article 9 ter nouveau, au sujet de la priorité au logiciel libre

L'article 9 ter nouveau, issu des travaux de l'Assemblée nationale, encourageait à l'utilisation des logiciels libres dans le secteur public. L'amendement COM-253 de suppression du rapporteur Christophe-André Frassa de l'article dans son intégralité a été adopté. Le rapporteur lui reprochant son absence de portée normative tout en affirmant partager « les préoccupations des auteurs de cette disposition en termes de maîtrise, voire de souveraineté, de leurs systèmes d’information par les administrations ». Plutôt que de supprimer la disposition, il aurait été plus judicieux de la part du rapporteur de soutenir l'amendement COM-174 de la sénatrice Corinne Bouchoux du groupe ECOLO visant à inscrire la priorité au logiciel libre dans le secteur public. Amendement qui est devenu sans objet suite à la suppression de l'article 9 ter.

Sur l'article 1er bis nouveau, au sujet de la communicabilité des codes sources

L'alinéa 1 de l'article 1er bis nouveau, issu de l'Assemblée nationale, reconnait la qualité de document administratif communicable aux codes sources. Mme la Sénatrice Corinne Bouchoux avait proposé un amendement COM-170 visant à la suppression de l'exception disproportionnée stipulée à l'alinéa 2 de l'article. Malheureusement cet amendement a été rejeté.

Notons en revanche le rejet bienvenu de l'amendement de M. le Sénateur Alain Kern qui avait déposé l'amendements de supression de l'alinéa 1 de article 1er bis (amendement COM-160).

L'examen du projet de loi se poursuivra en séance publique à partir du 26 avril. D'ici là, l'April reste mobilisée pour que la question de la priorité au logiciel libre revienne en discussion.

Mise à jour au 8 avril 2016 : le sénateur Louis Nègre avait également déposé un amendement presque identique à celui du sénateur Alain Kern, l'amendement COM-208. Mais le sénateur s'est visiblement trompé d'article vu que son amendement porte en fait sur l'article 1er bis A (et non sur l'article 1er bis) qui stipulait que « Le Gouvernement remet au Parlement, au plus tard le 30 juin 2016, un rapport sur la nécessité de créer une consultation publique en ligne pour tout projet de loi ou proposition de loi avant son inscription à l'ordre du jour du Parlement. ». Son amendement a été adopté et a donc supprimé le premier alinéa de l'article 1er bis A (et non l'article 1er bis). Article qui de toute façon a été supprimé dans son intégralité par l'amendement COM-225 comme le confirme le texte issu de la commission.

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(06/04/2016 @ 18:02)

Directive Radio - Lettre ouverte à Bercy et à l'Arcep  Voir?

Paris, le 6 avril 2016 — La directive relative à l'harmonisation des législations des États membres concernant la mise à disposition sur le marché d'équipements radioélectriques (ou directive radio) a été adoptée en avril 2014, avec pour objectif d'améliorer la gestion du spectre radio. Elle doit être transposée et mise en œuvre dans les États membres avant le 12 juin 2016. Quoique poursuivant des objectifs louables, elle impose des critères de conformité pour les logiciels installés sur les équipements radios et constitue une menace inédite pour l'utilisation des logiciels libres. Dangereuse pour l'innovation et les droits des utilisateurs, elle crée une formidable insécurité juridique pour les associations qui, aux quatre coins du territoire, développent des réseaux Internet citoyens sans-fil. Alors qu'il travaille à la transposition de ce texte, le gouvernement français doit d'urgence corriger le tir et garantir la liberté d'installation des logiciels libres sur les équipements radios.

Monsieur le Ministre,
Monsieur le Président,

La transposition de la directive 2014/53/UE touche à sa fin et le gouvernement doit notamment prendre par ordonnance les mesures concernant l'évaluation de la conformité des logiciels, en application de l'article 3.3 (i) de la directive : Les équipements radioélectriques de certaines catégories ou classes sont construits de telle sorte qu'ils soient « compatibles avec certaines caractéristiques visant à garantir qu'un logiciel ne peut être installé sur un équipement radioélectrique que lorsque la conformité de la combinaison de l'équipement radioélectrique avec le logiciel est avérée. » Cet article implique que les fabricants d'appareils vérifient tous les logiciels pouvant être installés sur l'appareil et leur conformité aux réglementations radio applicables, comme par exemple la fréquence et la puissance du signal.

Cette mesure présente un certain nombre de dangers :

  • Elle amoindrira la liberté de choix de l'utilisateur. Si les fabricants doivent évaluer la conformité aux réglementations de tous les logiciels installés sur les équipements qu'ils produisent, ils seront immanquablement conduits à installer sur ces derniers des dispositifs de contrôle au travers de logiciels non libres et non amovibles. Il deviendra extrêmement difficile pour les utilisateurs et entreprises d'utiliser des logiciels alternatifs — autres que les logiciels natifs — sur les appareils achetés (routeurs, téléphones mobiles, cartes WIFI ou ordinateurs, et tous les appareils connectés). Or les logiciels alternatifs, y compris de nombreux logiciels libres, permettent souvent de répondre aux besoins techniques, normatifs ou légaux des utilisateurs, offrent généralement un plus grand nombre d'options et de fonctionnalités qui n'existent pas dans les logiciels propriétaires natifs. De très nombreux appareils utilisent des signaux radio et il est fondamental que les utilisateurs puissent continuer à utiliser les logiciels de leur choix.
  • Toute entrave à cette liberté de choix mettra en péril la sécurité des appareils qui ne pourront être ni maîtrisés, ni contrôlés par leurs utilisateurs. Et ce, alors que les logiciels libres offrent généralement un niveau de sécurité supérieur, notamment parce que les failles et erreurs techniques sont plus facilement détectées et réparées via des processus collaboratifs et transparents. Les règles draconiennes sur les logiciels installés sur des équipements radio électriques de faible puissance, telles que celles prévues dans la directive, ne sont pas strictement nécessaires et apparaissent complètement disproportionnées au regard de l'atteinte portée à la liberté des utilisateurs.
  • De nombreuses entreprises et acteurs de l'écosystème numérique utilisent des logiciels libres pour développer leurs produits, y compris des fournisseurs de réseau sans-fil, des créateurs de systèmes d'exploitation, etc. Le fait de limiter le choix de ces acteurs risque d'entraver le développement économique et leur capacité d'innovation. En outre, en intégrant des parties de logiciels propriétaires non compatibles avec la licence GNU GPL (General public Licence), les fabricants enfreindraient potentiellement cette licence et se verraient alors obligés d'utiliser uniquement des logiciels propriétaires et fermés, ce qui entraverait l'utilisation de code libre au sein des logiciels intégrés de leurs équipements et conduirait à une augmentation considérable des coûts et délais de développement.
  • En France et en Europe, de nombreux acteurs (notamment associatifs) développent des réseaux Internet sans-fil, contribuant ainsi à réduire la fracture numérique et à encourager l'appropriation citoyenne des réseaux et services Internet. Or, pour ce faire, ils ont besoin d'installer sur les équipements radios qui composent leur infrastructure des logiciels libres ad hoc, développés spécialement pour répondre à leurs besoins. Si l'article 3.3 était transposé en l'état, il porterait un coup fatal à ces initiatives que les pouvoirs publics ont pourtant le devoir d'encourager, tant elles contribuent à la poursuite de l'intérêt général dans le champ des télécommunications.

Pour ces raisons, dans le cadre de la transposition de la directive radio, nous appelons le Gouvernement et l'ARCEP à inscrire dans le droit français le considérant 19 de la directive. Ce dernier constitue en effet un garde-fou fondamental, puisqu'il garantit que « l'établissement de la conformité de la combinaison d'un équipement radioélectrique avec un logiciel ne [serve] pas de prétexte pour empêcher l'utilisation de cet équipement avec d'autres logiciels réalisés par des tiers indépendants. (...)  ». Ce considérant est absolument nécessaire pour garantir l'ouverture des équipements radio et permettre l'innovation dans le domaine des télécommunications sans-fil.

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(06/04/2016 @ 11:32)

Contactez ce mardi les sénateurs pour inscrire la priorité au logiciel libre dans le secteur public  Voir?

Le projet de loi « pour une République numérique » est actuellement examiné au Sénat. L'April appelle à la mobilisation pour introduire la priorité à donner au logiciel libre dans le secteur public et pour préserver la communicabilité des codes sources. Plusieurs amendements ont été déposés sur ces sujets et seront soumis au vote de la commission des lois mercredi 6 avril 2016.

La commission des lois examinera mercredi 6 avril au matin les amendements déposés sur le texte. Il est crucial de contacter les sénateurs pour les sensibiliser aux enjeux du logiciel libre, de la communicabilité des codes sources et les encourager à voter en faveur des amendements COM-170, COM-174 et contre les amendements COM-160, COM-208 et COM-253.

Sur l'article 1er bis nouveau, au sujet de la communicabilité des codes sources

Mme la Sénatrice Corinne Bouchoux du groupe ECOLO propose un amendement COM-170 bienvenu visant à la suppression de l'exception disproportionnée stipulée à l'alinéa 2 de l'article. En revanche, MM. les Sénateurs Alain Kern et Louis Nègre ont été les malheureuses victimes des sirènes récurrentes du fantasme de la sécurité par l'obscurité et ont déposé des amendements de supression (amendement COM-160 et amendement COM-208) portant sur l'alinéa 1er de l'article qui reconnait la qualité de document administratif communicable aux codes sources. Reconnaissance qui est cohérente avec la position de la CADA et plus récemment de la jurisprudence administrative. L'April encourage donc à l'adoption de l'amendement COM-170 et au rejet des amendements COM-160 et COM-208.

Sur l'article 9 ter nouveau, au sujet de la priorité au logiciel libre

Mme la Sénatrice Bouchoux a également déposé un amendement COM-174 visant à inscrire la priorité au logiciel libre dans le secteur public. Ce sujet avait fait l'objet d'un intense débat de 45 minutes en séance publique à l'Assemblée nationale et le gouvernement se retranchait déjà derrière une prétendue incompatibilité juridique pour s'opposer à cette priorité.

De son côté, M. le Rapporteur Christophe-André Frassa a déposé un amendement COM-253 de suppression de l'article 9 ter dans son intégralité, lui reprochant son absence de portée normative. Et pourtant le rapporteur affirme partager « les préoccupations des auteurs de cette disposition en termes de maîtrise, voire de souveraineté, de leurs systèmes d’information par les administrations ». Nous l'invitons donc à soutenir l'amendement COM-174 qui répond à ces enjeux. L'April encourage donc à l'adoption de l'amendement COM-174 et au rejet de l'amendement COM-253. Ou à minima à l'adoption de l'amendement de repli COM-175 de la Sénatrice Bouchoux.

Sur la prétendue incompatibilité juridique d'une priorité au logiciel libre

Lors des débats à l'Assemblée nationale, le gouvernement s'était retranché derrière une prétendue incompatibilité juridique pour s'opposer à la priorité au logiciel libre. L'April a demandé à plusieurs reprise la publication de la « note juridique » de la Direction des affaires juridiques (DAJ) du Ministère des Finances et des comptes publics évoquée par les parlementaires.

Dans une interview donnée à Nextinpact Mme la Secrétaire d'État Axelle Lemaire indique «  Nous avons bien sûr eu des échanges techniques informels (notamment par mails) avec notre Direction des affaires juridiques, comme pour tous les articles du projet de loi, mais il n’existe pas de note à proprement parler. ». Pour éclairer les débats les arguments juridiques précis échangés devraient être rendus publics.

À la question du journaliste « Quels sont les arguments juridiques qui vous permettent d'arriver à la conclusion que les amendements « priorité aux logiciels libres » seraient contraires à la Constitution ou au droit européen ? » Mme Axelle Lemaire répond

« Ces arguments sont connus : c'est le fait que les principes généraux des marchés publics, que sont la liberté d'accès à la commande publique, l'égalité de traitement des candidats et la transparence des procédures, sont applicables lors de la passation de marchés publics en matière de logiciels. Le Conseil constitutionnel leur a reconnu une valeur constitutionnelle dans une décision rendue en 2003. Il est certes possible de favoriser un certain type de logiciel s'il répond à une certaine spécificité technique, mais il faut que cette spécification technique soit liée à l'objet du marché. Donc on voit bien qu'inscrire dans la loi un principe à caractère général, et donc forcément abstrait, visant à favoriser les logiciels libres – qui ne sont pas une caractéristique technique – par rapport à d'autres solutions, pourrait contrevenir à ces principes constitutionnels et sans doute aussi au droit européen, notamment au principe de libre circulation des services. »

La réponse de la ministre se fonde sur un syllogisme juridique : favoriser une spécification technique est possible dans des cas particuliers ; donner une priorité au logiciel libre revient à poser un principe de portée générale ; les logiciels libres ne sont pas une caractéristique technique ; il est donc impossible de généraliser une priorité au logiciel libre...

Si les prémisses de l'équation sont intelligibles la solution nous parait surprenante. En effet, donner la priorité au logiciel libre n'est pas favoriser des types de logiciels spécifiques, c'est poser des conditions de nature juridique concernant les droits que la personne publique pourra faire valoir. Pour une explication plus détaillée, lire notre argumentaire.

Comment agir ?

Il est possible d'agir en contactant aujourd'hui par courriel les sénateurs de la commission en lois voire en les appelant au téléphone.

Le site NosSénateurs.fr et celui du Sénat vous permettent de trouver les informations utiles (courriel, téléphone). Vous pouvez également appeler directement le standard du Sénat au 01 42 34 20 00 pour être mis en relation avec un sénateur.

Un appel téléphonique est beaucoup plus efficace qu'un courriel. Un coup de fil est plus personnel et beaucoup plus difficile à éviter. Une bonne technique consiste à envoyer un courriel, puis appeler quelques heures après pour s'assurer qu'il a bien été reçu, poser des questions à son sujet, demander les intentions du sénateur. Un courriel copié/collé à partir d'un modèle type a un impact négatif : cela affaiblit le contenu et le fait ressembler à du spam. Il vaut toujours mieux envoyer des courriels personnalisés. Nul besoin d'être un spécialiste du droit ou des questions techniques pour que votre message soit pertinent. Il s'agit surtout de convaincre par une mobilisation citoyenne.

Si vous avez des questions ou si vous souhaitez nous remonter les réactions des sénateurs, vous pouvez nous contacter par courriel (contact@april.org) ou sur le canal de discussion #april sur irc.freenode.net pour des échanges instantanés (accès via un webchat).

Un pad dédié est également à disposition

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(05/04/2016 @ 14:06)

Revue de presse de l'April pour la semaine 13 de l'année 2016  Voir?

La revue de presse de l'April est régulièrement éditée par les membres de l'association. Elle couvre l'actualité de la presse en ligne, liée au logiciel libre. Il s'agit donc d'une sélection d'articles de presse et non de prises de position de l'association de promotion et de défense du logiciel libre.

En podcast.

Sommaire de la revue de presse de l'April pour la semaine 13

[Next INpact] 1er avril: notre bilan des meilleurs poissons du Net

Par Sébastien Gavois, le samedi 3 avril 2016. Extrait:
> Durant la journée d'hier, la pêche du 1er avril a été abondante. C'est en effet la profusion de poisson chez Google (parfois avec des couacs), tandis que la RATP en profite pour moderniser le nom de ses stations. Pour le reste, il est question de Pierre Gattaz, de Windows dans Linux, etc.
Lien vers l'article original: http://www.nextinpact.com/news/99306-recap-1er-avril-tour-dhorizon-meilleurs-poissons-net.htm

Voir aussi:
L'April lance un groupe de pom-pom gnous pour encourager le secteur public à utiliser les logiciels libres

[Sud Ouest] Réseaux: Darknet et terrorisme, de l’amalgame à la désinformation

Par Jean-Philippe Rennard, le dimanche 3 avril 2016. Extrait:
> Si l’on en croit les autorités, en France comme ailleurs, l’interdiction des échanges anonymes et confidentiels permettrait de repérer et de neutraliser les groupes terroristes, analyse un expert
Lien vers l'article original: http://www.sudouest.fr/2016/04/03/reseaux-darknet-et-terrorisme-de-l-amalgame-a-la-desinformation-2319912-4725.php

[L'OBS] Deux jours pour hacker les impôts

Par Thierry Noisette, le vendredi 1 avril 2016. Extrait:
> Bercy a ouvert le capot de son calculateur d’impôt sur le revenu, et propose aux codeurs de s’en servir jusqu’à samedi soir. Revenu universel, optimisateur fiscal... les bidouilleurs ne manquent pas d’envies.
Lien vers l'article original: http://rue89.nouvelobs.com/2016/04/01/deux-jours-hacker-les-impots-263649

Et aussi:
[Le Figaro] Le gouvernement lance un hackathon autour des impôts

[01net.] Microsoft arrête de basher Linux et intègre ses outils dans Windows 10

Par Adrien Banco, le jeudi 31 mars 2016. Extrait:
> Après des années de guerre, Microsoft fait du pied aux développeurs en intégrant en natif l’interpréteur Bash dans son système d’exploitation Windows 10.
Lien vers l'article original: http://www.01net.com/actualites/microsoft-arrete-de-basher-linux-et-integre-ses-outils-dans-windows-10-963387.html

[Rue89Lyon] L'histoire d'une friche culturelle et numérique nichée place Chazette, à Lyon

Par Victor Guilbert, le mardi 29 mars 2016. Extrait:
> Qui devinerait, en passant devant les sages devantures du 7 place Chazette (1er arrondissement de Lyon), qu’ici répétait le groupe punk mythique Starshooter, braillant sans doute dans un local de l’arrière-cour sa chanson controversée «Get Baque»?
Lien vers l'article original: http://www.rue89lyon.fr/2016/03/29/originale-friche-culturelle-numerique-nichee-place-chazette-lyon

[ouest-france.fr] Le logiciel libre, loin d'être game over!

Par la rédaction, le lundi 28 mars 2016. Extrait:
> La grande fête du numérique s'est déroulée samedi, aux Ursulines, à Lannion. Son succès démontre l'intérêt grandissant d'un large public pour les technologies collaboratives.
Lien vers l'article original: http://jactiv.ouest-france.fr/actualites/multimedia/logiciel-libre-loin-detre-game-over-61181

[ZDNet France] La Commission et le Parlement européens utilisent surtout du Libre pour leurs projets logiciels

Par Thierry Noisette, le lundi 28 mars 2016. Extrait:
> L'audit de projets logiciels mené par la direction informatique de la Commission doit assurer la fiabilité des composants open source et la contribution des institutions de l'UE.
Lien vers l'article original: http://www.zdnet.fr/actualites/la-commission-et-le-parlement-europeens-utilisent-surtout-du-libre-pour-leurs-projets-logiciels-39834734.htm

Note

Les articles de presse utilisent souvent le terme « Open Source » au lieu de Logiciel Libre. Le terme Logiciel Libre étant plus précis et renforçant l'importance des libertés, il est utilisé par l'April dans sa communication et ses actions. Cependant, dans la revue de presse nous avons choisi de ne pas modifier les termes employés par l'auteur de l'article original. Même chose concernant l'emploi du terme « Linux » qui est généralement utilisé dans les articles pour parler du système d'exploitation libre GNU/Linux.

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(04/04/2016 @ 16:04)

Une version du Guide Libre Association, mise à jour avec Framasoft, est disponible !  Voir?

couverture guide Libre Asso

Le groupe de travail Libreassociation de l'April dont l'objet est de «construire des ponts entre le monde des logiciels libres et les associations», avait produit en 2012, une première version d'un guide destiné à aider les associations à migrer leur informatique vers les logiciels libres ; logiciels plus cohérents sur le plan des valeurs portées par chacun.

Sous l'impulsion de l'association Framasoft, c'est une nouvelle version qui est désormais disponible. Cette seconde édition actualise les informations concernant certains logiciels présentés et a été entièrement retravaillée sur la forme par Framasoft qui met, à juste titre, ce travail en avant sur le Framablog.

Vous pouvez télécharger une version PDF du guide ou, si le format papier vous convient mieux, faire éditer pour un coût modique, des versions noir et blanc ou couleur à distribuer dans vos réseaux ! Rendez-vous sur la page du Framabook Guide Libre Association.

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(03/04/2016 @ 15:56)

Lettre d'information publique de l'April du 1er avril 2016  Voir?

Bonjour,

Le Sénat a commencé l'examen du projet de loi « pour une République numérique ». Il est nécessaire de se mobiliser dès maintenant pour contacter les sénateurs. Concernant la prétendue incompatibilité juridique au sujet des amendements « priorité au logiciel libre », nous demandons la publication de la note juridique de la Direction des affaires juridiques (DAJ) du Ministère des Finances et des comptes public. Et dans le même temps, nous lançons un groupe de pom-pom gnous pour encourager le secteur public à utiliser les logiciels libres.

Le groupe Transcriptions vous propose la lecture de quatre nouvelles transcriptions.

L'April sera présente à plusieurs événements dans les semaines à venir : ce week-end (2 et 3 avril) à Lyon pour les Journées du Logiciel Libre, à Lille pour un apéro April, à Coupelle-Vieille pour le festival Coquelicot.

Consultez la lettre publique ci-dessous pour toutes les autres informations et notamment la revue de presse qui propose une quinzaine d'articles.

Si vous voulez nous soutenir, vous pouvez faire un don ou adhérer à l'association.

« Pour une République numérique » - Mobilisation pour contacter les sénateurs d'ici le 4 avril 2016

L'examen du projet de loi « pour une République numérique » en commission des lois (commission saisie au fond) aura lieu le 6 avril 2016. La discussion en séance publique est prévue les 26, 27, 28 avril et 3 mai 2016. Il est à nouveau nécessaire de se mobiliser pour que des sénateurs déposent des amendements sur nos deux propositions : le code source est un document administratif communicable ; priorité au logiciel libre dans le secteur public. Pour de plus amples renseignments, consultez le pad dédié.

L'April lance un groupe de pom-pom gnous pour encourager le secteur public à utiliser les logiciels libres

Les honorables parlementaires de la République française sont sur le point d'inscrire dans la loi l'encouragement à l'utilisation des logiciels libres dans le secteur public. Depuis 20 ans, l'April fait la promotion des logiciels libres. L'association voit là une nouvelle opportunité pour porter son message en concrétisant l'esprit de la loi de la République.

Dossiers, campagnes et projets

L'April demande la publication de la note de la DAJ de Bercy sur la priorité au logiciel libre

L'examen du projet de loi « pour une République numérique » débutera prochainement au Sénat (à partir du 6 avril en commission des lois et du 26 avril en séance publique). Sur la question essentielle de la priorité au logiciel libre dans le secteur public, le gouvernement refuse toujours d'agir dans la transparence pourtant nécessaire à tout débat démocratique. L'April demande solennellement la publication de la note juridique de la Direction des affaires juridiques (DAJ) du Ministère des Finances et des comptes publics concernant une prétendue incompatibilité juridique au sujet des amendements « priorité au logiciel libre ». L'April encourage par ailleurs les parlementaires à soutenir sa demande.

Le tribunal administratif valide l'avis de la CADA, les codes sources sont des documents administratifs communicables

Le tribunal administratif de Paris a confirmé que le code source d'un logiciel est bien un document administratif communicable. Les juges profitent de l'occasion pour donner une leçon de droit au ministère des Finances confortant ainsi notre demande de publication de la note juridique concernant une prétendue incompatibilité juridique au sujet des amendements « priorité au logiciel libre ».

Découvrir le logiciel libre à l'arrivée du printemps : le Libre en Fête 2016 vante plus de 150 événements

Comme chaque année depuis 16 ans, au début du printemps, dans une dynamique conviviale et festive, de nombreux événements ont lieu pour permettre au grand public de découvrir les logiciels libres. Il s'agit de l'initiative Libre en Fête avec, comme thématique optionnelle de cette édition 2016 « la priorité au logiciel libre au quotidien » ; à ce jour, plus de 150 événements ont été référencés.

Dépliants « Formats ouverts, pour quoi faire ? » pour la journée de libération des documents le 30 mars 2016

L'April a participé à la journée de libération des documents, dont l'édition 2016 s'est tenue le 30 mars 2016. L'objectif de cette journée est de rappeler qu'il est important que les formats des documents numériques soient réellement ouverts. Près de 2 000 exemplaires de notre dépliant « Formats ouverts, pour quoi faire ? » étaient disponibles

Quatre nouvelles transcriptions

Le groupe Transcriptions de l'April vous propose de nouvelles lectures :

Médias

Revue de presse

La revue de presse fait partie du travail de veille mené par l'April dans le cadre de son action de défense et de promotion du Logiciel Libre. Les positions exposées dans les articles sont celles de leurs auteurs et ne rejoignent pas forcément celles de l'April.

Pour gérer cette revue de presse, un groupe de travail a été créé (vous pouvez en consulter la charte ici) ainsi qu'une liste de discussion rp@april.org où vous pouvez envoyer les liens vers les articles qui vous semblent intéressants.

La revue de presse est désormais diffusée également chaque semaine sur le site LinuxFr.org. Cette diffusion lui offre un lectorat plus large.

Cette revue de presse est commentée dans un podcast disponible sur http://audio.april.org.

Il est diffusé sur les radios : Radio Escapades, Radio Larzac et Ici&Maintenant et Libre@Toi.

Il existe un flux RSS permettant de recevoir la revue de presse au fur et à mesure (rapidement et article par article donc).

Les derniers titres de la revue de presse :

Conférences, événements

Événements à venir

Événements passés

Vie associative

T-shirt April « Logiciel libre depuis 1996 » maintenant en vente sur En Vente Libre

Le t-shirt April « Logiciel libre depuis 1996 » a fait son apparition officielle dans la communauté libriste à l'occasion des Rencontres Mondiales du Logiciel Libre 2015, et il a reçu immédiatement un immense succès.

Succès tellement grand, qu'il n'en restait plus aucun exemplaire ni pour vous ni pour vos chers (snort!)

Nous avons le plaisir de vous annoncer que le superbe t-shirt est maintenant à votre disposition sur En Vente Libre, modèles homme et femme. Profitez-en vite !.

Revue hebdomadaire

Chaque vendredi, à midi pile, les permanents et les adhérents qui le souhaitent passent en revue les tâches et actions relatives à l'April dont ils ont la charge lors de la « revue hebdomadaire April » sur IRC (canal #april sur irc.freenode.net, accès avec un navigateur web). La durée est limitée, généralement un quart d'heure. Cela stimule les bonnes volontés, suscite des idées et des contributions, permet de suivre les activités des uns et des autres et éliminer un certain nombre de problèmes bloquants.

Une page décrivant le principe d'une revue hebdomadaire est en ligne.

Vous pouvez en savoir plus en consultant en ligne les archives des premières revues hebdomadaires, et notamment la synthèse de la revue du 4 mars 2016, la synthèse de la revue du 11 mars 2016, la synthèse de la revue du 18 mars 2016, la synthèse de la revue du 25 mars 2016.

Adhésions

Au 1er avril 2016, l'association compte 3 953 adhérents (3 576 personnes physiques, 377 personnes morales).

Soutenir l'association

L'April a besoin de votre aide. Vous pouvez faire un don à l'association et participer ainsi au financement de nos actions.

Pour faire un don à l'association, rendez-vous à l'adresse suivante http://www.april.org/association/dons.html (il est possible de faire un don par chèque, virement, carte bancaire ou encore prélèvement automatique).

Pour tout renseignement n'hésitez pas à nous contacter.

Rejoindre l'association à titre individuel

Dans une association, l'adhésion est un acte volontaire. C'est aussi un acte politique car c'est manifester son soutien à l'objet de l'association ainsi qu'aux valeurs qui le sous-tendent. Une adhésion fait la différence en contribuant à atteindre les objectifs de l'association.

Adhérer à l'April permet :

  • de défendre collectivement un projet de société ;
  • de s'investir activement dans la vie de l'association à travers ses groupes de travail et ses actions ;
  • d'être informé régulièrement des événements logiciel libre ;
  • d'agir sur les institutions à travers un partenaire incontournable ;
  • de soutenir financièrement les actions de l'association.

Il est possible d'aider l'association en lui donnant de son temps ou de son argent. Toutes les contributions sont les bienvenues.

Pour les hésitants, nous avons mis en ligne les réponses à de fausses idées classiques.

Pour adhérer à l'April, il suffit de vous rendre à l'adresse suivante : http://www.april.org/adherer?referent=lettre%20publique.

Pour tout renseignement, n'hésitez pas à nous contacter.

Rejoindre l'association en tant que personne morale

Que vous soyez une entreprise, une collectivité ou une association, adhérez pour participer activement aux décisions stratégiques qui vous concernent !

Votre structure a besoin de tirer le meilleur parti du logiciel libre et pour défendre ses intérêts, elle doit :

  • exercer une veille permanente pour se tenir informée des opportunités et des menaces ;
  • constituer et entretenir des réseaux relationnels institutionnels ;
  • être éclairée sur les contextes juridiques et stratégiques ;
  • contribuer à la défense de l'informatique libre face aux acteurs qui lui sont hostiles ;
  • mieux faire connaître et valoriser son action.

April est au cœur des grandes évolutions du logiciel libre. Adhérer à April permet :

  • de défendre collectivement un projet de société ;
  • de s'investir activement dans la vie de l'association à travers ses groupes de travail et ses actions ;
  • d'être informé régulièrement des événements logiciel libre ;
  • d'agir sur les institutions à travers un partenaire incontournable ;
  • de financer ou cofinancer des actions stratégiques.

Pour adhérer à l'April, il suffit de vous rendre à l'adresse suivante : adhérant dès maintenant à l'April.

Pour tout renseignement n'hésitez pas à nous contacter.

Archives

Pour recevoir automatiquement par courriel cette lettre, inscrivez-vous à la liste de diffusion : http://www.april.org/wws/info/april-actu.

Les archives de la lettre sont disponibles en ligne à l'adresse suivante : http://www.april.org/wws/arc/april-actu.

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(01/04/2016 @ 08:30)

L'April lance un groupe de pom-pom gnous pour encourager le secteur public à utiliser les logiciels libres  Voir?

Poisson d'Avril

Paris, le 1er avril 2016. Communiqué de presse.

Les honorables parlementaires de la République française sont sur le point d'inscrire dans la loi l'encouragement à l'utilisation des logiciels libres dans les services de l’État, administrations, établissements publics et entreprises du secteur public, les collectivités territoriales et leurs établissements publics (Article 9 ter du projet de loi « pour une République numérique »).

À défaut d'avoir eu la volonté politique d'inscrire la priorité au logiciel libre dans la loi, l'État proclame l'encouragement à utiliser les logiciels libres.

Depuis 20 ans, l'April fait la promotion des logiciels libres. L'association voit là une nouvelle opportunité pour porter son message en concrétisant l'esprit de la loi de la République.

Planning des animations

La liste des premières animations d'encouragement :

  • ministère de l'Éducation nationale : nous vous encouragerons à poursuivre vos efforts afin de renoncer au partenariat indigne avec Microsoft ainsi qu'au partenariat en préparation avec CANOPÉ ;
  • ministère de la Défense : nous vous encouragerons à poursuivre vos efforts afin de renoncer à l'accord Open Bar avec Microsoft
  • palais du Luxembourg : nous encouragerons les sénateurs à soutenir les amendements de communication du code source et de priorité au logiciel libre dans le secteur public ;
  • ministère des Finances et des Comptes Publics : nous vous encouragerons à livrer votre argumentaire sur la prétendue invalidité juridique de la priorité au logiciel libre ;
  • Hadopi : nous vous encouragerons à encourager les ayants droit à abandonner la fâcheuse solution des DRM ;
  • Assemblée nationale : nous encouragerons les députés à voter la priorité au logiciel libre.

Les occasions ne manquent pas. Envoyez vos propositions à contact@april.org

Protocole des animations

Le groupe sera constitué de 10 performeurs qui réaliseront des performances réparties en trois catégories : chorégraphies, chants et flyers.

Les chorégraphies sont l'essence même du « cheerleading » :

  • la haie : de chaque côté de la porte d'entrée de l'immeuble ;
  • la danse du gnou : danse qui transcende ;
  • la hack-elele : une référence inter-culturelle ;
  • la cabine-homme : très efficace sur les porteurs de longue barbe.

Les chants :

Les flyers :

Recrutement

Pour réussir son opération, l'April recrute des cheerleaders.

À noter que l'association est très attentive à la notion de diversité :

  • les pom-pom girls/boys/gnous/autres sont les bienvenus ;
  • aucune connaissance technique en informatique n'est requise ;
  • et le seul critère physique consiste en un certificat médical stipulant la capacité d'agiter des pompons.

Si vous sentez que le libre vous insuffle son esprit et vous susurre de remuer des pompons, merci d'envoyer votre candidature à contact@april.org

La tournée d'été 2016

Puisque les établissements visés par le texte de loi se situent partout en France, une tournée est prévue cet été pour que les encouragements à utiliser les logiciels libres soient portés au plus près de tous les fonctionnaires.

Plusieurs dates spéciales sont déjà prévues :

  • RMLL 2016 ;
  • Garden party de l'Élysée le 14 juillet ;
  • Soirée anniversaire des 20 ans de l'April en décembre.

Costumes et accessoires

Les activités de l'April sont organisées en groupes de travail (Institutionnel, Sensibilisation, Éducation, Transcription, Traduction, Diversité, Événement, etc.).

Un nouveau groupe « Pompons » va être créé pour la réalisation des costumes et accessoires nécessaires aux animations.

Adhérez !

Rejoignez la force du Libre

Présentation de l'association

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(01/04/2016 @ 08:06)

Apéro April le 13 avril 2016 à partir de 19h00 à Lille  Voir?

13 Avril 2016 - 19:00
13 Avril 2016 - 23:00

Un apéro April ?

Un apéro April consiste à se réunir physiquement afin de se rencontrer, de faire plus ample connaissance, d'échanger, de partager une verre et de quoi manger mais aussi de discuter sur l'actualité et les actions de l'April. Un apéro April est ouvert à toute personne qui souhaite venir, membre de l'April ou pas. N'hésitez pas à venir nous rencontrer.

Membre ou pas de l'April vous êtes les bienvenus. Contactez-nous pour organiser un Apéro April dans votre région.

Quand et quoi

Le prochain apéro aura lieu mercredi 13 avril 2016 à partir de 19h00 au Mutualāb 19 rue Nicolas Leblanc 59000 Lille.

Frédéric Couchet, délégué général de l'April, participera à cet apéro. En ouverture de l'apéro il fera un court point sur les dossiers/actions en cours

Pour tous les détails et vous inscrire rendez-vous sur le pad.

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(30/03/2016 @ 16:43)

Renouveler la démocratie avec Internet et l'Open Data - Alexandre Quintard Kaigre  Voir?


Alexandre Quintard Kaigre

Titre : Renouveler la démocratie avec Internet et l’Open Data
Orateur : Alexandre Quintard Kaigre
Lieu : Paris, Open World Forum
Date : Octobre 2013
Durée : 34 min 52
Pour visionner la vidéo

Transcription

La conviction que je voulais partager avec vous ce matin, ce que j'appelle, mais très modestement « renouveler la démocratie », c'est quelque chose que je vois et j'ai vu dans mes différentes fonctions puisque je dirige depuis 3 ans bientôt les affaires publiques et juridiques d'Etalab1 au niveau du gouvernement. Mais j'ai eu l'occasion d'exercer avant et, concrètement, on voit que notre démocratie, parfois, s'essouffle un peu et a des pratiques qui sont certes traditionnelles, mais qui ne correspondent pas aux attentes et à ce qu'on peut espérer de notre démocratie au XXIe siècle. Je l'avais exprimé il y a 3 ans, à peu près, dans une conférence aussi, quand on parlait de l'interdiction du cumul des mandats dans le temps. Je suis absolument convaincu que c'est une nécessité.

L'open data et comprendre les usages de l'internet, de la même manière pour la gouvernance des institutions, c'est aussi un de ces moyens, au même titre que l'interdiction du cumul des mandats dans le temps, par exemple, pour renouveler, pour essayer d’insuffler un nouvel air et un peu plus de démocratie dans nos institutions. Pourquoi ? Simplement parce que nous voulons savoir. On veut savoir ce qui se passe derrière les portes de l’Assemblée, derrière les portes des ministères. Ce qui se passe dans les réunions interministérielles ou ce qui se passe dans les collectivités territoriales. Nous sommes intéressés par la politique. C'est souvent quelque chose qui revient. Les Français, même s'il n'ont pas forcément confiance dans leurs élus, sont quasiment aux trois quarts, en tout cas plus des deux tiers, intéressés par ce qui se passe, par la chose publique, par la politique. Nous ne le faisons pas par curiosité malsaine, puisqu'on veut comprendre. Nous voulons comprendre. Nous voulons écouter, lire, qu'on nous donne de l'information sur les politiques publiques, sur l'état de la société, mais pour mieux comprendre et pour mieux évoluer. Nous recherchons l’intégrité. Je suis absolument convaincu que la plupart d'entre nous sommes des gens intègres, honnêtes, et nous recherchons, nous attendons de nos dirigeants et de nos institutions, la même intégrité, et cette intégrité doit être démontrée au quotidien. Et enfin, je pense que nous voulons tous participer. On a la vocation, cette envie de s'impliquer dans la société et c'est aussi grâce à Internet qu'on retrouve des outils à l'heure actuelle qui permettent de participer, qui permettent de prendre part au débat public, qui permettent de proposer des pétitions et de changer des lois, de faire évoluer les institutions.

Je dis nous depuis tout à l'heure, mais soyons clairs c'est vous, moi, c'est tout le monde. C'est, au fond, toute cette foule d'anonymes qui ne sont forcément représentants, représentés parfois, qui ne sont pas mandatés pour être représentants de la nation mais qui ont envie de prendre part et de participer à l'évolution des institutions. Ce sont des citoyens, comme je disais, c'est l'ensemble de la salle a priori, mais c'est plein de gens à l'extérieur. Il y a des gens que vous croisez dans la rue, au supermarché. Nous sommes, encore une fois, aux trois quarts intéressés par ce qui se passe, par l'évolution et on avait l'exemple même, qu'évidemment ça ne concerne pas que la France. Tout à l’heure Yassir et Abderahman2 nous expliquaient comment ça se passait au Maroc et, au fond, on a les mêmes caractéristiques, les mêmes intérêts, les mêmes volontés de faire bouger les lignes.

Ce sont évidemment des associations, des ONG, je n'en ai pris qu'une mais on pourrait en prendre plein d'autres, Transparency International3, en France, fait un travail absolument fabuleux sur l'activité parlementaire et sur la circulation de l'information et des données. Ce sont évidemment des entrepreneurs connus, mais il y en a plein d'autres qui ne sont pas connus, j'y reviendrai sur l’impact économique que l'open data peut avoir. Là c'est évidemment Zuckerberg, mais il y a plein d'autres entrepreneurs qui ne sont pas du tout dans cette lumière et qui ont besoin d'informations, qui ont besoin de données, pour arriver à créer des services, créer des applications, échanger, partager de l'information, co-construire de nouveaux services.

Évidemment des journalistes. Dans une démocratie moderne, dans une démocratie dynamique, les journalistes et notamment les journalistes de données, ont de plus en plus d'importance, de plus en plus de place. C'est un exemple, encore une fois, pas très français, pardonnez-moi, mais on aurait pu aussi en trouver en France, le Guardian qui refait une data visualisation des résultats électoraux aux États-Unis lors de la dernière élection présidentielle il y a maintenant quelques mois.

J'aime bien cette tribune de Michel Serres, vous l'avez peut-être lue pour certains d'entre vous, il nous appelle, nous, notamment moins de trente ans, puisque c’était un peu le point commun de tous les speakers de ce matin, il nous appelle « les mutants », dans son essai qui s'appelle La Petite Poucette4. Vous l'avez peut-être vu passer il y a deux ans. Je trouvais ça intéressant de nous comparer à des mutants, une génération que finalement nos aînés ne comprennent plus. Nous sommes un peu les mutants des institutions, les mutants de la transparence parce que parfois, effectivement, nous avons des aînés qui ne nous comprennent pas, y compris, je pense au grand Lyon, y compris au sein de l'État, y compris dans d'autres collectivités territoriales où on nous dit : « Mais pourquoi vous voulez faire de l'open data, pourquoi vous voulez partager de l'information » et c'est sans doute cela que je vais vous expliquer.

Voilà ! On est une société colorée. On est divergents, on est différents. On habite à Paris, on habite à Strasbourg, on habite à Lyon, on habite à Brest, mais ce n'est pas grave on est tous différents. On vient du Maroc, on échange, on discute, on n'a plus de barrières, on n'a plus de frontières. C'est un des traits caractéristiques, sans doute, de notre génération c'est qu'on ne se limite pas aux frontières territoriales et aux barrières artificielles. On ne les comprend pas ces barrières artificielles. Quand on nous dit : « Vous ne pouvez pas accéder à telle information parce que vous n'avez pas tel ou tel statut ou que vous n'appartenez pas à telle ou telle catégorie socio-professionnelle », c'est très certainement quelque chose que notre génération ne comprend pas, ne comprend plus.

Il y a une autre revendication, elle est extrêmement claire, c'est de déverrouiller un certain nombre d'obstacles dans la société, de déverrouiller un peu cette démocratie, de l'oxygéner, de la renouveler, pour arriver à insuffler plus de transparence, plus d'information, plus d'intelligence.

Un des éléments de réponse, je vous l'ai dit, je suis convaincu que pour oxygéner la démocratie on a besoin, à la fois, d'un certain nombre d'autres actions sur le cumul des mandats par exemple, mais aussi sur le partage et la liberté d'information, le partage de ces données publiques. On l'a entrepris au sein de l'État. Je vous le disais, ça fait à peu près 3 ans qu'Etalab a été créée au sein du Secrétariat général du gouvernement, puis au sein du Secrétariat général pour la modernisation de l'action publique, donc à Matignon, avec un rôle interministériel pour partager, pour mettre l'ensemble des citoyens, l'ensemble des ré-utilisateurs, au cœur aussi de la machine gouvernementale. Comprendre comment fonctionnent les administrations et puis, évidemment, inciter et inviter voire parfois contraindre, il est vrai, certains ministères ou certaines administrations à ouvrir, à partager les informations.

J’entendais tout à l'heure, il me semble que c’était Yassir qui parlait de silos, je ne suis pas sûr, peut-être tu me corrigeras, mais on a trop souffert d'un fonctionnement en silos, hermétique, totalement vertical où finalement même les administrations entre elles ne partageaient plus l’information. Nous avions eu le cas, je le cite souvent, mais c'est tellement symptomatique, du ministère de l'Écologie, du ministère de l'Agriculture, chacun conservant l'information sur des mesures de qualité de l'air, de pollution de rivières et de pollution des champs, chacun ayant fait ses mesures mais ne partageant pas avec l'autre.

Il y a quelques règles, quelques standards, quelques fondamentaux quand on s'engage dans l'open data. Je l'ai dit, nous on a essayé, effectivement, de favoriser le plus possible la liberté de réutilisation. De faire en sorte que cette liberté soit la plus large possible, que la simplicité de réutilisation soit le plus favorisé, le plus engagé possible.

Évidemment la gratuité de la réutilisation est, pour nous, un des points clés, une des pierres angulaires de la politique d'open data conduite par l’État pour une raison excessivement simple. Puisqu'on parle de l'open data appliquée aux données publiques, des données produites dans le cadre d'une mission de service public, par le service public, pour une finalité d’intérêt général. Ces données appartiennent à tout le monde, elles appartiennent à tous les gens qu'on pouvait citer tout à l'heure, elles vous appartiennent, elles m'appartiennent. Au fond, il n'y a peut-être même pas d'appartenance. La réalité c'est que ces informations sont produites dans le cadre d'une mission de service publique et donc elles ont vocation à être partagées avec le plus grand nombre. Parce que le service public ne peut pas être opaque, doit être transparent, ne peut être opaque et il doit être dans une ouverture la plus totale. C'est effectivement au soutien d'une stratégie d'Open Goverment qu'on essaye aussi d'engager la politique d'Open Data.

Donc, effectivement, pour nous c'est très clair, il n'y a pas de droits de propriété sur les données publiques. Si on reconnaît des droits de propriété intellectuelle sur les données publiques, soyons totalement transparents entre nous-mêmes, ça voudrait dire, par exemple, que la direction du budget aurait la propriété intellectuelle des dépenses ou des comptes détaillés de l'État. Ça voudrait dire que la direction générale de la Police nationale aurait la propriété intellectuelle des faits de délinquance ou de criminalité sur le territoire. Donc ça n'aurait aucun sens, et ce sont ces données publiques qui sont engagées dans la stratégie d'open data et que l'on va chercher avec les communautés de ré-utilisateurs, aussi diverses et variées qu’elles soient, parce que parfois, nous-mêmes, à Matignon, nous ne connaissons pas tout ce qui existe dans les silos informatiques des ministères.

Alors concrètement aussi, ça impose une autre règle, c'est pas de données personnelles. Nous ne sommes pas dans la volonté de faire la transparence sur vos données fiscales, par exemple, ou sur vos déclarations de revenus, bien entendu. C'est la complémentarité, puisque nous sommes sur des sujets de liberté publique, liberté d'information de votre côté, respect de la vie privée de l'autre. Nous sommes extrêmement vigilants à ne pas publier de données à caractère personnel, ce qui est parfois, sans doute avec quelques zones grises, où les données personnelles sont mélangées à des données publiques et il y a des débats, il y a des discussions qui auront encore lieu et je pense qu'elles ne s’arrêteront pas si facilement. Parfois il faut, effectivement, avoir des discussions les plus ouvertes possibles pour essayer de trancher les sujets.

L'objectif c'est clairement permettre à tout le monde d'accéder et de réutiliser l'information publique, c'est-à-dire celle qui est produite dans le cadre d'une mission de service public. Des exemples, j'en ai donné quelques-uns sur le résumé, mais ils ne sont peut-être pas tous en open data. La réserve parlementaire, récemment, la réserve parlementaire c'est la possibilité pour des parlementaires d'avoir des budgets, des subventions, alloués soit à des collectivités territoriales, soit à des associations. Le problème c'est que ça se faisait jusque-là en totale opacité. Donc on a lutté et, en l’occurrence, c'est un citoyen qui a obtenu, et c'est regrettable d'ailleurs qu'il ait dû attendre trois ans pour l'avoir puisqu'il a demandé d'abord à la CADA5, et la CADA lui avait rendu un avis favorable en disant : « Eh bien oui, le ministère de l'Intérieur devrait vous ouvrir les données de la réserve parlementaire et vous les partager. » Mais le ministère de l'Intérieur s'est braqué et on s'est retrouvés devant le tribunal administratif et ce citoyen a obtenu gain de cause devant la justice où le tribunal administratif de Paris a fini par lui dire : « Oui, effectivement, ce sont bien des données publiques. Les subventions qui sont allouées par les parlementaires aux collectivités doivent être ouvertes et surtout ouvertes à la réutilisation de tout le monde.»

Voila. C’était quelques exemples. On parle souvent des cabinets ministériels ou des notes de frais des ministres. Ça existe, ce n'est pas forcément des notes de frais, mais en tout état de cause, les budgets, les dépenses qui sont alloués pour chaque cabinet ministériel et pour chaque ministre, c'est ce qu'on appelle un jaune budgétaire. C'est un document annexé à la loi de finances chaque année. Ce sont des documents qui sont aussi mis en open data sur data.gouv.fr6 qui est la plate-forme qu'on a créée au sein d'Etalab.

Je reviens juste sur les raisons profondes qui nous ont motivés à engager cette démarche et qui nous motivent surtout, au quotidien, à la poursuivre et à essayer de convaincre le plus grand nombre encore de personnes, au sein de l'État ou ailleurs, pour s'engager dans ces démarches d'open data. C'est évidemment une logique de transparence pour garantir, pour maximiser la liberté d’information. La liberté d'information c'est la liberté d'expression des uns et des autres, ce sont les libertés publiques, donc on est sur des sujets de droit fondamentaux et on est convaincus, qu’effectivement, plus on garantit les libertés fondamentales des individus, plus la démocratie se renouvelle, s'oxygène et donc mieux on se porte.

C'est évidemment rendre des comptes aux citoyens. On est dans les textes fondateurs, là, de notre démocratie. L'article 15 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 17897, ça paraît très désuet et, en même temps, quand on se plonge dans ce document, c'est extrêmement d'actualité. L'article 6 vous parle de démocratie directe. L'article 15 vous parle de rendre des comptes sur l'action publique : « La société a le droit de demander compte a tout agent public de son administration », donc c'est exactement au cœur du projet et de la motivation de l'open data. C'est une façon d'interpeller les élus, évidemment totalement différente. Plus besoin d’être vous-même élu ou mandaté pour pouvoir discuter avec vos élus. C'est une façon d'avoir accès aux informations qu’eux-mêmes parfois n'ont pas. C'est plus compliqué que ça, mais en tout cas de pouvoir leur dire : « Je ne comprends pas. Ces données sont en ligne, que veut dire dette donnée ? Pourquoi vous avez dépensé ou alloué cette subvention à telle ou telle association, etc. », c'est un exemple. Au fond c'est accepter le débat contradictoire.

C'est aussi permettre à la démocratie de se grandir et aux institutions, aux administrations, aux agents publics de, aussi, eux-mêmes, rentrer dans un dialogue et un débat avec la société civile qui, en accédant et en réutilisant ces informations peut avoir une approche et un point de vue différent du ministère, différent de l'administration ou différent de la collectivité territoriale. C'est permettre, aussi, d'avoir des débats qui sont contradictoires et, au fond, rechercher la vérité, mais avec les prismes et les approches des uns et des autres, plutôt que d'avoir une vérité unique, incontestable et incontestée.

Bien entendu, c'est permettre l'innovation avec la donnée. C'est aussi comme ça que la démocratie peut se grandir, avec des nouveaux services, innovants, des nouvelles applications mobiles, on en a parlé déjà tout à l'heure. Je vais en dire un mot, mais on a lancé, en février 2012, une initiative, une série de concours invitant les ré-utilisateurs à prendre des données publiques qui sont mises en ligne sur la plate-forme de l'État, mais aussi celles des collectivités territoriales ou, au fond, toute donnée pour créer des services, créer des applications mobiles intéressantes. Et on a, pour vous donner un ordre d'idées, en trois concours, on vient de lancer le quatrième qui se termine en décembre et on espère qu'on aura d'aussi beaux projets, mais sur les trois premiers concours on a déjà eu cent projets candidats, une vingtaine de lauréats, avec des applications, des services qui fonctionnent très bien, qui apportent une vraie valeur ajoutée, évidemment soit économique, soit sociale, soit citoyenne, soit associative. Donc on est extrêmement contents, nous, d'apporter une petite pierre à l'édifice pour essayer, effectivement, de favoriser, d'engager, de faciliter la réutilisation de ces données et de ces projets innovants.

Enfin pour terminer, c'est un enjeu de souveraineté extrêmement fort, sur le plan économique comme sur le plan politique. C'est un enjeu de souveraineté économique, bien évidemment, parce que si les collectivités, si les acteurs publics quels qu'ils soient, n'ouvrent pas leurs données, ne les partagent pas avec les citoyens, peu importe, encore une fois, leur statut ou leur catégorie socio-professionnelle, eh bien vous aurez des monopoles de fait qui se construiront avec un risque très fort que des entreprises, des startups ne naissent pas, que ce soit, au niveau local ou au niveau national ou au niveau européen bien entendu. On a, nous, cette responsabilité face à la construction d'entreprises et de startups et d'un tissu d'économie de TPE/PME innovantes au niveau européen.

Et puis si je ne vous ai pas trop perdus, je veux en dire juste un dernier mot, quasiment un point d'information. Ça c'est l'ancien data.gouv.fr, il est encore en vigueur, je devrais dire l'actuel, excusez-moi. On a lancé cette première version de la plate-forme en décembre 2011, donc elle va bientôt avoir deux ans et, au printemps dernier, on s'est dit il faut effectivement, à la fois reprendre le design, reprendre le front office'' et puis, sans doute, essayer d'améliorer encore la machine, parce que il y avait un certain nombre de problèmes notamment sur le ''search''. Donc on a lancé toute une opération qu'on a appelée le co-design, mais qui était une invitation large à ce que toutes les personnes intéressées, les acteurs concernés, les citoyens, les associations et, évidemment aussi, les administrations, nous envoient leurs commentaires sur la plate-forme. On accepte la critique, on l'a prise, on l'a analysée et puis on a commencé à développer une deuxième version de data.gouv.fr. Deuxième version qui va suivre, au fond, ces quatre axes, à la fois on va faciliter le dépôt des données. On va permettre le dépôt parce que pour ceux qui, peut-être je ne sais pas s'il y en a, qui ont accédé au ''back-office de l'ancienne version, c'était parfois un peu lourd, un peu compliqué, notamment pour les collectivités territoriales. Donc là on va essayer de faciliter le plus possible et surtout d'ouvrir la possibilité à n'importe quel citoyen d'avoir un compte sur la nouvelle version data.gouv.fr et de partager eux-mêmes des données publiques. Si je devais prendre un exemple, ce serait Regards Citoyens, cette association qui est ce collectif de citoyens qui, en plein mois d’août, ont republié des données sur la réserve parlementaire dans un fichier CSV. Et c'est extrêmement intéressant de voir qu'effectivement ce sont des données publiques, en l’occurrence publiées par une association, et donc ils ont toute leur place, et c'est le message qu'on essaie de faire passer à l'ensemble d'acteurs. C'est « venez aussi sur la plate-forme data.gouv.fr, dans cette nouvelle version parce que vous pourrez partager vos données ».

On va évidemment améliorer la recherche de données, permettre à tout citoyen de contribuer, c'est ce que je disais, d'enrichir les données, ça peut être d’enrichir en partageant aussi des data-visualisation par exemple et au fond on développe sur la méthode lean et on utilise CKAN8 pour la nouvelle version de data.gouv.fr, qui sera ouverte officiellement en fin d'année, novembre ou décembre, on n'a pas encore totalement arrêté les modalités.

Voilà. Je vous remercie pour votre attention et je me tiens à votre disposition pour des questions si vous en avez.

Applaudissements

Animatrice : Merci à vous. Je descends parce que sinon je ne vois rien. Est-ce qu'on a des questions ?

Public : Bonjour. Est-ce que je peux vous demander brièvement de définir plus précisément Etalab. De qui ça dépend ? Combien de personnes y travaillent à peu près ? Comment ça fonctionne grosso modo, rapidement ?

Alexandre Quintard Kaigre : Bien sûr. Etalab est une petite mission, nous sommes sept. On a été créé en février 2011 et on est rattaché au Secrétaire général du gouvernement qui, lui-même, est placé sous l’autorité du Premier ministre. On a une mission interministérielle, comme on dit, c’est-à-dire qu'on a autorité sur l'ensemble des ministères, mais que sur les ministères aussi, c'est-à-dire que c'est l'État, ça veut dire administration centrale, administrations déconcentrées comme les préfectures par exemple et les opérateurs type établissements publics et administratifs comme l'IGN, Météo-France, SHOM9, pour ceux qui connaissent un petit peu.

Ça veut dire, qu'évidemment, on respecte la Constitution dans la mesure où les collectivités sont libres de s’administrer elles-mêmes. Elles ne dépendent pas de l'État et elles ne répondent pas à l'État. Elles sont libres d'engager, ou non, des politiques d'open data, de choisir les axes stratégiques qu'elles veulent, de choisir les licences qu'elles veulent. Je parle pour les collectivités locales c'est-à-dire les régions, les départements, les mairies, pour faire simple.

Donc nous on est une toute petite structure, mais on n'est pas tout seul, je vous rassure, on a essayé aussi de susciter un peu d'adhésion au sein de l’État. Donc on a créé un comité de pilotage, il y a un peu plus de deux ans et demi, avec les secrétaires généraux des ministères. Il y a treize ministères, en fait il y a treize silos administratifs ministériels, même s'il y a trente neuf ministres si je ne dis pas de bêtise. Donc on travaille, on a un correspondant placé sous l'autorité directe du Secrétaire général de chaque ministère qui nous permet d'avoir des interlocuteurs quotidiens et dédiés. Eux-mêmes, en fonction des cultures de chaque ministère, ont recréé des réseaux d'interlocuteurs, pour que chaque direction, au fond, participe, chaque direction de l'administration centrale ou déconcentrée, participe à cette dynamique d'ouverture des données publiques au sein de l'État.

Effectivement vous avez des correspondants aussi, au sein, je vais citer la direction du budget, on peut parler de la direction des collectivités locales au ministère de l'Intérieur ou de la direction de l'alimentation au ministère de l'Agriculture, etc.

Public : Merci.

Alexandre Quintard Kaigre : J'espère avoir répondu précisément.

Public : Bonjour. Je me permets une question technique. Est-ce que le service dispose d'une API programmable pour exploiter les données de manière un peu automatisée ? Et juste une deuxième question un peu complémentaire, vu qu'on est à l'Open World Forum, est-ce que vous avez prévu un développement open source éventuel de la plate-forme, enfin du site d'accès aux données ?

Alexandre Quintard Kaigre : Alors pour répondre d'abord à la question de l'API, pas à ce stade. La façon dont on a travaillé, pour vous expliquer un peu en termes de développement, base et stats sur la version actuelle de data.gouv.fr. la façon dont on a travaillé, on a été créé comme je le disais tout à l'heure en février 2011, avec une instruction politique très claire qui était « la France ne peut pas avoir une année de plus de retard en matière d'open data ». Donc l'idée c'était d'avoir une plate-forme, qui existe, et d'avoir surtout réussi à engager la dynamique d'open data et d'ouverture des données dans l'ensemble des ministères avant la fin de l'année 2011. Donc on a lancé cette première plate-forme, cette première version de la plate-forme en décembre, le 5 décembre 2011, avec l'idée, évidemment, de continuer à l'améliorer tout le long. Et c'est ce qu'on fait, en ce moment, effectivement, avec une nouvelle version qui va arriver d'ici la fin de l'année, qui sera, a priori, assez radicalement différente, notamment parce qu'elle repose sur SECAN qui est libre par rapport à votre deuxième question ce qui permet de répondre. Et pour l'API, pardonnez-moi, c'est effectivement un chantier sur lequel on est en train de travailler en ce moment. Je ne peux pas vous dire si ce sera en novembre ou en décembre le lancement de la prochaine version, mais en tout état de cause on est en train d'y réfléchir. Mais c'est, oui.

Public : Bonjour. J'aurais un simple remarque. C'est que le site s'appelle data.gouv.fr et en fait data c'est un mot anglais quoi. Bon, je sais je suis informaticien, j'utilise des mots anglais sans arrêt, mais de le voir dans une URL tapée comme ça, ça m'a quand même fait quelque chose que ce ne soit pas données mais data. En fait, je voulais savoir ce que vous en pensiez parce que moi-même j'emploie beaucoup d'anglicismes et de le voir comme ça, je me suis tiens, finalement, on va peut-être tous parler anglais en France.

Alexandre Quintard Kaigre : C'est aussi du latin, datum, data. Je ne ferai pas la déclinaison jusque-là, mais c'est aussi latin.

Rires

Présentatrice : C'est ce dont on était en train de discuter aussi.

Alexandre Quintard Kaigre : C'est une question qui s'est posée effectivement, il y a deux ans, de savoir comment on allait appeler le site français, le site de l'État français. Quand il y a des choses qui sont assez bien identifiées, assez bien codifiées et dont les références sont identifiées, pas besoin forcément de changer radicalement les appellations, les normes, pour avoir envie d'innover. La capacité d'innovation, je pense qu'on est beaucoup plus résolus effectivement à ouvrir la plate-forme data.gouv.fr à l'ensemble des citoyens, associations ou autres y compris des entreprises qui souhaiteraient mettre des données publiques et les partager avec les autres ré-utilisateurs. C'est beaucoup plus innovant, puisque je ne crois pas que ça se fasse dans d'autres États, je pense au Royaume-Uni et aux États-Unis, que de vouloir absolument innover en se disant peut-être qu'on va faire l'exception culturelle bis repetita. Vous savez le site anglais, je dis ça parce que le site anglais c'est data.gov.uk10 qui a été, quand même, un des marqueurs, quand il a été lancé par Obama en 2009, très fort des politiques d'Open Data sur les données publiques. Donc au fond ça permet aussi d'exister dans une communauté internationale. C'est sans doute un des volets qu'on a esquissés tout à l'heure, enfin plus qu'esquissés, qu'on a traités avec le Maroc. Mais vous savez il n'y a pas quatre pays qui dans le monde s'intéressent à l'Open Data. A l'heure actuelle c'est entre soixante-dix et quatre-vingts qui,de près ou de loin, y réfléchissent, y travaillent voire sont passés aux actions. On parlait du Maroc, la Tunisie et l’Algérie aussi. On discute aussi beaucoup avec le Maroc, on essaye de donner nos meilleurs conseils à nos homologues, au Secrétariat général du gouvernement marocain et, après libre à eux, de décider avec leurs parties prenantes. Si vous voulez, l’intérêt aussi, c'est d'exister sur cette scène internationale. Quand il y a des référents et des standards internationaux qui existent il vaut mieux les adopter nous-mêmes plutôt que de vouloir, comment dire, être Français.

Présentatrice : Merci Alexandre.

Alexandre Quintard Kaigre : Je ne sais pas si je réponds à votre question.

Public : Ce n'était pas dans une optique franco-française, c’était dans une optique, l'anglais, l'ultralibéralisme, etc., et plutôt de se positionner par rapport à autre chose.

Alexandre Quintard Kaigre : Je pense que l'approche française, je ne veux pas parler au nom des collectivités territoriales, mais pour l'État et très certainement aussi pour les collectivités territoriales ou les autres acteurs publics qui s'engagent, comme la SNCF, dans des ouvertures de données publiques, disons que, je suis peut-être passé un peu vite dessus, mais la culture française n'est pas forcément une culture de la transparence. Institutionnellement on n'est pas vraiment baignés dans cette… Alors ce sont des débats, en tout cas, c'est une approche qu'on ressent. C'est vrai qu'il y a plutôt un effort à faire au niveau français pour plus de transparence sur le fonctionnement des institutions puisque c'est ça le cœur du sujet aujourd'hui. Après, c'est vrai qu'il faut arriver aussi à exister sur une scène internationale. On n'a pas, pour autant, adopté l'ensemble, comment dire, des marqueurs qui pourraient rappeler une démarche ultra-libérale, même s'il y a aussi un projet au cœur de l'open data, qui est de renforcer les libertés individuelles, de renforcer la liberté d'information, de permettre plus de liberté d'expression également, etc., qui sont, au fond, des valeurs assez intrinsèques au fonctionnement d'Internet.

Présentatrice : Merci. Une petite question.

Public : Je voulais vous demander. Vous avez mentionné des collaborations directes avec le Maroc, la Tunisie et, en fait, je me demandais s'il y avait une volonté de donner une dimension européenne, travailler directement la ligne européenne pour faire de l'open data européenne. Par exemple en Islande, aussi, ils sont assez en avance là-dessus. Est-ce qu'il y a des projets précis là-dessus ?

Alexandre Quintard Kaigre : Le seul curseur qu'il faut arriver à trouver pour ce qui concerne Etalab et l'État, c'est le curseur entre le principe de réalité et l'ambition démesurée. Je veux dire par là c'est que nous sommes sept, comme je disais, et donc on a tous très envie de passer beaucoup de temps d'ailleurs à échanger avec nos homologues étrangers. Je viens de passer deux ans à piloter la position française dans le cadre de la révision de la directive européenne qui fixe le cadre législatif sur la réutilisation des données publiques. Je pense qu'à la fois, un, c'est sûr, ce sujet européen, très européen, pour la France, est mal tombé en pleine année d'élections, présidentielles et législatives. Soyons très clairs, ce n'est jamais évident d'avoir une portée politique sur ce genre de sujet quand vous avez des élections. Deuxièmement, c'est vrai que la France, pour autant, a quand même défendu l'open data fortement et on a inspiré, il faut le savoir, même si on ne le crie pas sur tous les toits, mais on a inspiré le texte final de la directive sur un certain nombre de points. Faire en sorte qu'il y ait des décisions contraignantes, faire en sorte que les redevances soient beaucoup plus encadrées en termes de règles de tarification. Il y a un ensemble d’avancées que la France, évidemment, n'a pas été seule à défendre, c'est aussi le fonctionnement de l'Union européenne, c'est de rechercher le consensus, de rechercher, en tout état de cause, une majorité. On a, nous, notre place dans ces échanges, dans ces discussions, notamment sur les évolutions du cadre législatif et puis des nouveaux textes qui pourraient émaner de la Commission européenne. Ça c'est le premier point.

On discute beaucoup avec des organisations internationales comme l'OCDE ou les Nations unies ou la Banque mondiale qui font beaucoup d'ailleurs, eux-mêmes dans leurs propres organisations, en matière d'open data Je pense à la Banque mondiale en particulier. Et l'OCDE a aussi un réseau, finalement, d'États privilégiés, ce qui nous permet, comme par ailleurs ils font à Paris, mais ça nous permet de discuter assez facilement avec des États qu'on ne rencontre pas forcément tout de suite. On a rencontré récemment la Jordanie, qui sont très intéressés par les politiques d'open data. Ça ne veut pas dire que ça va se faire demain, je ne sais pas où ils en sont aujourd'hui, c’était il y a trois mois. Ça nous permet de discuter, de continuer, nous, en tout cas, à prendre notre part, porter la bonne parole de l'open data sur la scène internationale.

Après c'est vrai qu'au niveau européen, il y a un autre acteur majeur qui est le Royaume-Uni, qui s'est lancé un an, un an et demi avant nous, enfin une année, c’était en 2010. Et le Royaume-Uni, par exemple, est très convaincu et très engagé sur l'open data, donc on a d'excellentes relations avec nos homologues britanniques au Number 10'' et au ''Cabinet Office, ce qui nous permet de travailler très régulièrement la main dans la main. On vient de le faire, par exemple, dans le cadre du G8, de juin dernier, puisqu'il y a eu une charte, je pense que vous l'avez tous vue, pour ceux qui suivent un peu les sujets d'open aata, il y a une Charte Open Data11, signée par les huit chefs d'état du G8, qui a été rendue possible et par l'action volontariste du Royaume-Uni et de la France, parce que le Royaume-uni présidait aussi le G8 donc ça a facilité un certain nombre de choses, de mettre à l'agenda ce sujet de l'open data. Il faut voir que sur les trois priorités de cette année pour le G8, il y a un volet transparence et que, dans le volet transparence, le sujet open data est une des attentes extrêmement forte des principaux pays du G8.

On essaye, si vous voulez, stratégiquement, d'avancer sur l'ensemble des choses qui nous permettent de pousser l'open data, de le promouvoir le plus loin possible avec toujours à l'esprit un certain nombre de fondamentaux que j'ai expliqués tout à l'heure. C'est-à-dire liberté de réutilisation pour les ré-utilisateurs, confiance donnée dans les ré-utilisateurs par les acteurs publics, gratuité des données pour favoriser la réutilisation et l'innovation la plus large possible des ces données et puis, évidemment, favoriser la transparence sur des sujets très précis.

Ce sont aussi des discussions qu'on a dans le cadre du G8 en ce moment. C'est de savoir que les pays du G8 sont donc engagés, mutuellement, à ouvrir un certain nombre de données. Qu'est-ce qu'on veut, nous, ouvrir et qu'est-ce qu'on veut que les autres pays ouvrent, parce que ça peut servir aussi les intérêts de l'Union européenne ? Donc on a, comme ça, des sujets communs, des sujets assez lourds, assez structurels qui dépassent le cadre strict de l'Union européenne parce qu'effectivement, et j'en termine là, mais je l'ai vu sur la révision de la directive européenne où la situation dans les vingt-sept, vingt-huit maintenant, dans les vingt-sept/vingt-huit États membres, ce sont quand même des situations très différentes. Même si, en fait, pour des raisons aussi culturelles, vous avez des pays comme les pays scandinaves, comme la Suède, qui sont extrêmement avancés dans des logiques de transparence.

Maintenant se pose la question, et c'est un appel du pied que je fais à l'audience, mais se pose maintenant la question de la transposition de cette directive en droit français, c'est-à-dire de l'intégrer dans le droit français, dans la loi française. Pour l'instant on avance vers une période de réflexion ouverte à tous, de débats et de discussions qui va être assez large, qui va durer à peu près six à sept mois, qui devrait commencer bientôt. Suivez bien etatlab.gouv.fr, on vous communiquera là-dessus pour permettre justement que l'ensemble de gens qui s'intéressent à ces sujets puissent participer, puissent expliquer ce qu'ils veulent changer dans la loi. Vous avez un certain nombre de dispositions d'ordre légal qui sont assez surprenantes. Vous avez un article, vingt ou vingt et un, je ne sais plus exactement, dans la loi sur l’accès aux documents administratifs qui régit le droit de la réutilisation des données publiques, vous avez une disposition qui vous punit de 150 mille euros si vous faites une mauvaise réutilisation de vos données. Il faut le savoir. Mais ça a dix ans !

Présentatrice : Merci beaucoup. Vu que le temps nous presse un peu, on va s’arrêter ici avec Etalab.

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(29/03/2016 @ 07:50)

Revue de presse de l'April pour la semaine 12 de l'année 2016  Voir?

La revue de presse de l'April est régulièrement éditée par les membres de l'association. Elle couvre l'actualité de la presse en ligne, liée au logiciel libre. Il s'agit donc d'une sélection d'articles de presse et non de prises de position de l'association de promotion et de défense du logiciel libre.

En podcast.

Sommaire de la revue de presse de l'April pour la semaine 12

[Numerama] Comment une marque commerciale et 11 lignes de code retirées ont fait trembler Internet

Par Alexis Piraina, le samedi 26 mars 2016. Extrait:
> Un désaccord entre un développeur de solutions open-source et une application de messagerie a eu d'énormes répercussions sur de nombreux projets.
Lien vers l'article original: http://www.numerama.com/tech/154759-comment-une-marque-commerciale-et-11-lignes-de-code-retirees-ont-fait-trembler-internet.html

Et aussi:
[ZDNet France] LeftPad: un module vous manque et tout est dépeuplé
[Silicon.fr] Retrait d’un module JavaScript: des milliers de projets bloqués

[paris-normandie.fr] Enquête sur la face sombre d’internet: comment se protéger d’une cyberdélinquance envahissante

Par Joce Hue, le samedi 26 mars 2016. Extrait:
> Les cyberattaques ont augmenté de 50 % l’année dernière en France. Peut-on se créer une bulle de sécurité numérique ou sommes-nous tous des victimes potentiellesde la cyberdélinquance? Illustrations régionales.
Lien vers l'article original: http://www.paris-normandie.fr/detail_article/articles/5387167/enquete-sur-la-face-sombre-d-internet--comment-se-proteger-d-une-cyberdelinquance-envahissante

[Silicon.fr] Le code source des logiciels publics librement accessible

Par Ariane Beky, le vendredi 25 mars 2016. Extrait:
> L’administration fiscale s’apprête à ouvrir à tous le code de son calculateur d’impôts. En amont, la justice a confirmé que le code source d’un logiciel de l’administration est bien communicable.
Lien vers l'article original: http://www.silicon.fr/code-source-logiciels-etat-bercy-calculateur-143069.html

Voir aussi:
Le tribunal administratif valide l'avis de la CADA, les codes sources sont des documents administratifs communicables

[Developpez.com] Red Hat réalise 2 milliards de dollars de chiffre d'affaires annuel

Par Michael Guilloux, le mercredi 23 mars 2016. Extrait:
> Dans l’esprit de bien de gens, les entreprises de logiciels propriétaires sont animées par la recherche accrue de profits. Et le monde propriétaire s’opposerait donc à celui de l’open source, où les acteurs ont décidé de faire vœu de pauvreté pour les intérêts de la communauté, en se contentant de simples dons d’entreprises et particuliers qui reposent sur leurs technologies. Eh bien, c’est loin d’être la réalité! L’open source peut également être une source de revenus aussi importante que les logiciels propriétaires.
Lien vers l'article original: http://www.developpez.com/actu/97167/Red-Hat-realise-2-milliards-de-dollars-de-chiffre-d-affaires-annuel-et-devient-la-premiere-societe-de-l-open-source-a-franchir-ce-cap

Et aussi:
[Silicon.fr] Red Hat, 1er acteur Open Source à réaliser 2 Mds de $ de CA

[ZDNet France] Les développeurs désormais plus friands d'OS X que de Linux

Par la rédaction, le mercredi 23 mars 2016. Extrait:
> Il n'y a pas de dogme chez les développeurs: rien que du pragmatisme. Une étude portant sur plus de 56 000 développeurs fait le point sur les usages d'un public très courtisé quand il est compétent.
Lien vers l'article original: http://www.zdnet.fr/actualites/les-developpeurs-desormais-plus-friands-d-os-x-que-de-linux-39834586.htm

[GreenIT.fr] Doubler son espérance de vie grâce à Linux

Par Frédéric Bordage, le mardi 22 mars 2016. Extrait:
> Le site GreenIT.fr en a fait son cheval de bataille et le rappelle régulièrement: c’est la fabrication des équipements qui concentre les impacts environnementaux, bien plus que leur utilisation. De plus, une fois jeté, l’ordinateur représente un déchet polluant. L’allongement de la durée de vie des ordinateurs est donc la meilleure démarche possible du green IT.
Lien vers l'article original: http://www.greenit.fr/article/bonnes-pratiques/doubler-son-esperance-de-vie-grace-a-linux-5624

[SiliconANGLE] New York considers tax breaks for developers of open-source software

Par Mike Wheatley, le lundi 21 mars 2016. Extrait:
> (L'assemblée de l'état de New York va étudier une nouvelle proposition qui pourrait fournir des réductions d'impôts aux dévelopeurs open source) New York state’s assembly is set to consider a new bill that would provide tax breaks for open-source software developers.
Lien vers l'article original: http://siliconangle.com/blog/2016/03/21/new-york-considers-tax-breaks-for-developers-of-open-source-software

[SIH Solutions] Le logiciel libre, l’avenir de l’informatique?

Par Albert Phelipot, le dimanche 20 mars 2016. Extrait:
> Etant, comme Obélix, tombé dans le chaudron au siècle dernier après un échange avec Richard Stallman, le logiciel libre est porteur de potentialités qui nous amènent à penser que le logiciel propriétaire a vécu son âge d’or et qu’il va progressivement céder sa place.
Lien vers l'article original: http://www.sih-solutions.fr/le-logiciel-libre-l-avenir-de-l-informatique

Note

Les articles de presse utilisent souvent le terme « Open Source » au lieu de Logiciel Libre. Le terme Logiciel Libre étant plus précis et renforçant l'importance des libertés, il est utilisé par l'April dans sa communication et ses actions. Cependant, dans la revue de presse nous avons choisi de ne pas modifier les termes employés par l'auteur de l'article original. Même chose concernant l'emploi du terme « Linux » qui est généralement utilisé dans les articles pour parler du système d'exploitation libre GNU/Linux.

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(28/03/2016 @ 19:19)

Apéro April le 23 avril 2016 à partir de 19h00 dans les locaux de l'April (Paris)  Voir?

23 Avril 2016 - 19:00
23 Avril 2016 - 23:59

Un apéro April ?

Un apéro April consiste à se réunir physiquement afin de se rencontrer, de faire plus ample connaissance, d'échanger, de partager une verre et de quoi manger mais aussi de discuter sur l'actualité et les actions de l'April. Un apéro April est ouvert à toute personne qui souhaite venir, membre de l'April ou pas. N'hésitez pas à venir nous rencontrer.

L'apéro a lieu à Paris notamment parce que le local s'y trouve ainsi que les permanents et de nombreux actifs. Membre ou pas de l'April vous êtes les bienvenus. Contactez-nous pour organiser un Apéro April dans votre région.

Quand et quoi

Le prochain apéro parisien aura lieu le samedi 23 avril 2016 à partir de 19h00 dans les locaux de l'April au 44/46 rue de l'ouest, bâtiment 8, 75014 Paris (entrée possible par la place de la Catalogne, à gauche du biocop, au niveau des autolib), le téléphone du local est le 01 78 76 92 80 en cas de besoin. L'apéro a lieu exceptionnellement un samedi car les 23 et 24 avril a lieu un week-end de réunion des membres du CA et des permanents. L'apéro leur permettra de sé détendre et de reprendre des forces :)

En ouverture de l'apéro nous ferons un court point sur les dossiers/actions en cours.

Pour tous les détails et vous inscrire rendez-vous sur le pad.

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(24/03/2016 @ 18:10)

Revue de presse de l'April pour la semaine 11 de l'année 2016  Voir?

La revue de presse de l'April est régulièrement éditée par les membres de l'association. Elle couvre l'actualité de la presse en ligne, liée au logiciel libre. Il s'agit donc d'une sélection d'articles de presse et non de prises de position de l'association de promotion et de défense du logiciel libre.

En podcast.

Sommaire de la revue de presse de l'April pour la semaine 11

[Developpez.com] Le gouvernement américain désire rendre open source une partie du code de ses logiciels développés et partager ces logiciels entre ses agences

Par Olivier Famien, le vendredi 18 mars 2016. Extrait:
> Il est de notoriété publique que le partage du code des applications constitue un avantage intéressant, car il permet à une communauté plus importante d’évaluer ce code et de détecter des erreurs éventuelles. Par ailleurs, la disponibilité du code pourrait donner d’autres idées insoupçonnées afin d’améliorer son implémentation.
Lien vers l'article original: http://www.developpez.com/actu/97025/Le-gouvernement-americain-desire-rendre-open-source-une-partie-du-code-de-ses-logiciels-developpes-et-partager-ces-logiciels-entre-ses-agences

[ZDNet France] La "culture de la rente" française en plein désarrois face à la révolution digitale

Par Guillaume Serries, le vendredi 18 mars 2016. Extrait:
> Basée sur des rentes parfois ancestrales, la croissances des entreprises françaises se heurte au mur de la transformation numérique qui fissure un modèle à bout de souffle, explique Nicolas Mariotte, sociologue de Capgemini consulting.
Lien vers l'article original: http://www.zdnet.fr/actualites/la-culture-de-la-rente-francaise-en-plein-desarrois-face-a-la-revolution-digitale-39834322.htm

[Mediapart] Pourquoi les profs vont boycotter l'accord Microsoft-Éducation Nationale

Par Bruno Menan, le vendredi 18 mars 2016. Extrait:
> Au-delà des raisons éthiques que nous avons déjà exposées, c'est pour de simples raisons de bons sens que les enseignants vont massivement refuser d'utiliser les "outils" mis gracieusement à leur disposition par la multinationale.
Lien vers l'article original: https://blogs.mediapart.fr/ilian-amar/blog/180316/pourquoi-les-profs-vont-boycotter-laccord-microsoft-education-nationale

Voir aussi:
Un partenariat indigne

[La Tribune] Les Chatons toutes griffes dehors face aux géants du Net

Par Sylvain Rolland, le jeudi 17 mars 2016. Extrait:
> Dans le sillage de sa campagne "Dégooglisons Internet", qui vise à lutter contre l’hégémonie des Gafam (Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft), l’association Framasoft travaille à la création d’un collectif d’hébergeurs alternatifs, les "Chatons", dont l’objectif est de populariser les services éthiques auprès du grand public.
Lien vers l'article original: http://www.latribune.fr/technos-medias/internet/les-chatons-toutes-griffes-dehors-face-aux-geants-du-net-557084.html

[Next INpact] Priorité aux logiciels libres: l'April exhorte le gouvernement à la transparence

Par Xavier Berne, le lundi 14 mars 2016. Extrait:
> Alors que les débats sur le projet de loi Numérique doivent reprendre au Sénat à partir du 6 avril, l’Association de promotion du logiciel libre (April) vient de demander au gouvernement qu’il publie la note juridique justifiant son opposition à toute priorisation des logiciels libres au sein de l’administration.
Lien vers l'article original: http://www.nextinpact.com/news/99024-priorite-aux-logiciels-libres-l-april-exhorte-gouvernement-a-transparence.htm

Et aussi:
[ZDNet France] Hackathon - L'administration vous prête son jouet
[ITespresso] Interview vidéo Axelle Lemaire: l'impulsion numérique avant la fin du quinquennat
[Next INpact] Justice: le code source d’un logiciel, document administratif communicable au citoyen
[Next INpact] Le fisc ouvrira le code source de son calculateur d'impôts le 1er avril

Voir aussi:
Le tribunal administratif valide l'avis de la CADA, les codes sources sont des documents administratifs communicables
L'April demande la publication de la note de la DAJ de Bercy sur la priorité au logiciel libre

[LeDevoir.com] Éradiquer Facebook pour sauver la démocratie

Par Fabien Deglise, le lundi 14 mars 2016. Extrait:
> Richard Stallman, le père des logiciels libres, appelle les citoyens à reprendre le contrôle de leur vie.
Lien vers l'article original: http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-societe/465389/eradiquer-facebook-pour-sauver-la-democratie

Et aussi:
[Next INpact] École numérique: une convention avec la CNIL, une charte pour les fournisseurs de services
[Sud Ouest] Le père du logiciel libre veut éradiquer Facebook... pour sauver la démocratie
[ZDNet France] Richard Stallman: "il faut éliminer Facebook qui entrave les libertés"
[Radio-Canada.ca] Le pape du logiciel libre en croisade à Québec
[Radio-Canada.ca] Logiciels libres 101
[LExpansion.com] Richard Stallman: "Il faut éliminer Facebook pour protéger la vie privée!"

[Techrights] Microsoft Has Just Blackmailed Linux Twice in One Single Week and the Media Didn’t Notice or Just Ignored It Because of Microsoft’s Charm Offensives

Par Dr. Roy Schestowitz, le jeudi 10 mars 2016. Extrait:
> (Microsft aime linux au point de l'étranger à mort avec des breverts pendant que les médias ne regardent pas) Microsoft loves Linux enough to strangle it to death with patents while the media isn't paying attention and instead telling us that Microsoft is now a buddy or pal of GNU/Linux
Lien vers l'article original: http://techrights.org/2016/03/10/charm-offensives-distract

Et aussi:
[MacGeneration] Ballmer est guéri du «cancer» de Linux

Note

Les articles de presse utilisent souvent le terme « Open Source » au lieu de Logiciel Libre. Le terme Logiciel Libre étant plus précis et renforçant l'importance des libertés, il est utilisé par l'April dans sa communication et ses actions. Cependant, dans la revue de presse nous avons choisi de ne pas modifier les termes employés par l'auteur de l'article original. Même chose concernant l'emploi du terme « Linux » qui est généralement utilisé dans les articles pour parler du système d'exploitation libre GNU/Linux.

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(21/03/2016 @ 18:31)

Matinale Libreassociation : « des logiciels libres pour coopérer à distance »  Voir?

26 Mars 2016 - 09:00
26 Mars 2016 - 10:30

Le groupe de travail Libreassociation de l'April organise, ce samedi 26 mars 2016, sa première Matinale sur le thème des outils libres utiles pour le travail à distance.

L'objectif est d'expérimenter, avec les personnes présentes, des outils libres pour travailler à distance, de manière écrite, orale et éventuellement vidéo.

Cette Matinale s'adresse à toute personne sans connaissance particulière souhaitant essayer ces outils libres dans la perspective ensuite de les utiliser au sein de son association. Bien sûr, les utilisateurs expérimentés sont aussi les bienvenus (et attendus) car ils seront sollicités pour accompagner et aider les nouveaux utilisateurs.

Pour plus de d'informations, vous pouvez consulter les détails du déroulement prévu entre 9h00 et 10h30 le samedi 26 mars.

N'hésitez pas, avant cette date, à relayer cette perspective de Matinale dans les réseaux associatifs que vous côtoyez et qui seraient susceptibles d'être intéressés. Et surtout, n'hésitez pas à nous rejoindre samedi prochain !

Accéder au salon IRC de la matinale

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(20/03/2016 @ 10:32)

Pavillon Libre en fête sur l'esplanade de l'hôtel de ville de Paris  Voir?

23 Mars 2016 - 00:00
27 Mars 2016 - 00:00

Du mercredi 23 au dimanche 27 mars 2016, à l'occasion de Libre en Fête 2016 les associations de libristes hackers makers sont invitées au Pavillon circulaire du Refer sur l'esplanade de l'hôtel de ville de Paris.

Il y aura un Webcafé Ubuntu-Fr, des jeux et ateliers, un affichage de l'Expo Libre...

Quelques associations présentes : Ubuntu-Fr - April - Café Vie Privée - Framasoft - libreart - Mozilla Web Maker - Parinux.

Venez participer ! Indiquez vos disponibilités.

ATELIERS

GNU/Linux Ubuntu Initiation dans le WebCafé de Ubuntu-Fr
mercredi 13h00 et 16h00
jeudi 16h00
vendredi 16h00
dimanche 13h00 et 16h00

Politique et informatique C'est vous le député ! avec l'April
mercredi 14h00
jeudi 19h00
dimanche 11h00

Dégooglisons Internet, avec Framasoft
mercredi 15h00
vendredi 17h00
dimanche 14h00

Retouche photos initiation avec Lila
mercredi 18h00
jeudi 18h00

Dessin vectoriel avec Inkscape initiation avec Parinux
mercredi 19h00
jeudi 17h00
dimanche 17h00

Internet comment ça marche ? avec Mozilla Web Makers
vendredi 18h00
dimanche 15h00

Protection et de la vie privée en ligne : découvrez qui sont les personnages incarnés par les autres joueurs en suivant leurs traces sur Internet, avec café-vie-privée et/ou Mozilla Web Makers
mercredi 17h00
vendredi 19h00
dimanche 12h00

JOURS

mercredi 23 mars 2016 (13h00-20h00)
13h00 GNU/Linux Ubuntu, initiation
14h00 Politique et informatique
15h00 Dégooglisons Internet
16h00 GNU/Linux Ubuntu, initiation
17h00 Jeu sur la vie privée en ligne
18h00 Retouche photos avec Gimp
19h00 Dessin vectoriel avec Inkscape

jeudi 24 mars 2016 (16h00-20h00)
16h00 GNU/Linux Ubuntu, initiation
17h00 Dessin vectoriel avec Inkscape
18h00 Retouche photos avec Gimp
19h00 Politique et informatique

vendredi 25 mars 2016 (16h00-20h00)
16h00 GNU/Linux Ubuntu, initiation
17h00 Dégooglisons Internet
18h00 Internet comment ça marche ?
19h00 Jeu sur la vie privée en ligne

samedi 26 mars 2016 aucun atelier n'est programmé.

dimanche 27 mars 2016 (10h30-17h30)
11h00 Politique et informatique
12h00 Jeu sur la vie privée en ligne
13h00 GNU/Linux Ubuntu, initiation
14h00 Dégooglisons Internet
15h00 Internet comment ça marche ?
16h00 GNU/Linux Ubuntu, initiation
17h00 Dessin vectoriel avec Inkscape

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(19/03/2016 @ 12:22)

Commandez les dépliants « Formats ouverts, pour quoi faire ? » pour la journée de libération des documents le 30 mars 2016  Voir?

L'April soutient la journée de libération des documents, dont l'édition 2016 se tiendra le 30 mars. Cette journée a pour objectif de rappeler qu'il est important que les formats des documents numériques soient réellement ouverts. Les formats ouverts permettent aux citoyens, aux consommateurs, aux gouvernements comme aux entreprises d'utiliser les logiciels de leur choix, tout en conservant la maîtrise de leurs documents et de leurs données et ce, sur le long terme.

Pour cette édition, nous encourageons chacune et chacun à sensibiliser un maximum d'acteurs, citoyens comme pouvoirs publics, à l'importance des formats ouverts.

Pour cela vous pouvez, par exemple, sensibiliser les pouvoirs publics aux problématiques liées à l'usage de formats fermés pour les échanges avec les citoyens. C'est le cas, en particulier, des formulaires à remplir qui exigent des outils privateurs, mettant ainsi dans l'embarras les nombreux utilisateurs de logiciels libres dans leurs échanges avec l'administration.

Vous pouvez vous informer et sensibiliser à l'importance des formats ouverts et de l'interopérabilité pour tous, notamment en utilisant et en relayant le document de sensibilisation de l'April « Formats ouverts, pour quoi faire ? ». Près de 2 000 exemplaires sont désormais disponibles sur le site En Vente Libre.

Aperçu du poster : Formats ouverts, pourquoi faire ?

Je commande des dépliants « Formats ouverts, pour quoi faire ? »

Vous pouvez aussi signer et faire signer notre appel pour l'utilisation des formats ouverts dans l'Éducation nationale.

Bannière pour appel pour les formats ouverts

N'hésitez pas à inventer vos propres modes de sensibilisation et à nous transmettre vos actions, pour la généralisation de l'usage de formats ouverts et pour l'interopérabilité.

Pour en savoir plus sur cette journée, visitez le site du Document Freedom Day.

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(18/03/2016 @ 15:31)

Une nouvelle figure de l'amateur - Bernard Stiegler  Voir?


Stieglerr

Titre : Une nouvelle figure de l'amateur - Entretien
Intervenant : Bernard Stiegler
Lieu : Institut de recherche et d'Innovation - Paris
Date : Octobre 2014
Durée : 51 min 20
Pour visionner la vidéo

Partage de connaissances et éducation populaire à l'heure du numérique

Transcription

Je m'appelle Bernard Stiegler. Mon premier métier c'est d'enseigner la philosophie. J'enseigne à l'université de Compiègne, je suis aussi directeur de l'Institut de Recherche et d'Innovation qui est attaché au Centre Georges Pompidou et président de l'association Ars Industrialis qui est une association de citoyens qui réfléchissent sur l'avenir du monde industriel.

L'ère du numérique

Le numérique apparaît en 1993. Ce qu'on appelle le numérique c'est la transformation de l'objet informatique en un objet quotidien, qui se décline y compris dans les automobiles, absolument partout aujourd'hui. Le numérique c'est une transformation totale de la vie des gens et de toutes les formes de savoirs : les savoir-vivre, les savoir-faire et les savoir-conceptualiser. Le web, comme on l'appelle maintenant, a rendu accessible à tout le monde l'internet. Moi j'ai commencé à utiliser l'internet en 1989. Le web n'existait pas. J'ai commencé à l’utiliser parce que l'internet, qui vient du réseau Arpanet de l'armée américaine, qui était un réseau, en fait, de défense nucléaire, disons un réseau pour garantir la résilience, comme on dit aujourd'hui, de la défense nucléaire américaine, a été socialisé dans les années 70 par l’armée américaine pour s'attirer, d'ailleurs, la collaboration des universitaires américains, et donc a été ouvert dans une université américaine. Et, dans les années 80, une politique a été menée par les États-Unis pour que, finalement, les universitaires du monde entier viennent sur le réseau internet. Et dans ce contexte-là, moi-même, j'ai eu une adresse internet dès les années 80.

Mais en 1993, ce qui s'est passé c'est que tout le monde est devenu capable d'accéder à ce réseau. Et pourquoi est-ce que ça s'est fait ? Parce qu'un type qui s’appelait Al Gore qui n’était pas un idiot, qui n'est toujours pas un idiot, qui était vice-président des États-Unis à l'époque, suivait de très près ce que faisait le CERN. Le CERN, qui est un centre de recherche européen sur la physique nucléaire, qui a été créé par l'Europe, finançait quelques centaines de scientifiques fonctionnarisés, payés par l'Europe, et ces scientifiques disaient : « Mais aujourd'hui on pourrait, avec Internet et toutes ces choses-là, développer un système qui permettrait à tout le monde d'accéder très facilement et d'échanger des choses, de produire du savoir, de confronter des points de vue ». Ces gens-là, dont le plus important s'appelle Tim Berners-Lee, ont inventé une suite logicielle et surtout des langages et, en particulier, deux des protocoles, comme on les appelle, deux protocoles, l'un s'appelle HTML, et l'autre le protocole d'adressage des URL. Ils ont mis au point quelque chose qu'ils ont décidé de verser dans le domaine public. Pourquoi ? Parce qu'ils ont dit : « On a été payés par la puissance publique, donc ça doit appartenir à tout le monde ». Dès que le CERN a versé dans le domaine public ces technologies, ceux qui se les sont appropriées ce sont les États-Unis, avec Al Gore en tête, qui d'ailleurs, à ce moment-là, a dit : « Il faut défiscaliser toutes les créations d'entreprises, ça va être un boom ». Et il a eu évidemment raison.

Ça a produit une énorme transformation. Moi-même j'ai été missionné, en 1994, par l'Union européenne, enfin par la Commission européenne et la région Nord-Pas-de-Calais. Pourquoi est-ce que j'ai été missionné ? C'est parce que j'avais développé à l'Université de Compiègne un laboratoire qui s’appelle Costech, qui travaillait sur ces questions. Et en 1987 j'avais fait une exposition au Centre Pompidou, qui s'appelait « Mémoires du futur », dans laquelle je disais : « Au 21e siècle, tout sera en réseau. Les gens accéderont à des tas de fonctions et ils pourront manipuler des images, faire des journaux, etc. » Ça apparaissait totalement utopique pour les gens généreux et absolument fantaisiste pour les gens qui me prenaient pour un fou. Et c'est ce qui se passe aujourd'hui.

C'est la raison pour laquelle l'Union européenne m'a proposé ce travail sur l'impact du développement du numérique sur le territoire du Nord-Pas-de-Calais. Et nous avons souligné, évidemment, les pertes de fiscalité, les dangers pour la vente par correspondance, les opportunités, etc.

La grande transformation du numérique c'est l’Europe qui l'a accomplie avec de très bons scientifiques européens, de très bons ingénieurs européens. Nous avons, aujourd'hui encore, les meilleurs mathématiciens du monde, en France. Nous avons un pool d’informaticiens extraordinaires. Moi j'en forme beaucoup. Ils foutent tous le camp en Californie. C'est quand même malheureux ! Et pourquoi est-ce que c'est comme ça ? C'est parce que si vous regardez le rapport Pisani-Ferry, par exemple, qui vient d’être donné, il n'y a pas un mot sur ces questions-là. Le numérique c'est une énorme transformation, extraordinaire, qui ouvre des possibilités fabuleuses, mais qui constitue des dangers énormes. Et si on ne se saisit pas des possibilités qu'il ouvre, alors on va les subir, et on va les subir à nos dépens. C'est ce qui est en train d'arriver à l'Europe en ce moment.

Les enjeux du numérique

Le numérique c'est un pharmacon, au sens où Socrate a employé ce mot. Socrate parle d'un pharmacon qui n'est pas le numérique mais qui est l'écriture, l’écriture alphabétique. Ça peut paraître très surprenant que Socrate dise de l'écriture que c'est un poison. Ça peut paraître très surprenant parce qu'on étudie Socrate grâce à l'écriture et qu'on demande à tous ceux qui lisent Socrate d'appendre à lire et à écrire. Comment se fait-il qu'on empoisonne les cerveaux des jeunes gens à qui on demande de lire Socrate ? En fait, c'est parce que Socrate dit que l'écriture est un poison et un remède. Quand Socrate parle de l'écriture, la société va mal et elle va mal, d’après Socrate, parce que l'écriture lui fait mal. Et pourquoi est-ce que l'écriture fait mal à la cité ? C'est parce que les marchands, d'après Socrate, ce qu'il appelle les sophistes, se sont emparés de l'écriture pour manipuler les esprits des gens. Parce que l'écriture est devenue quelque chose d'accessible à tous. C'est un peu comme le web qui a donné Internet accessible à tout le monde, si vous voulez, l'écriture alphabétique a donné l'accès à l'écriture à tout le monde. Et dans la cité grecque tous les citoyens savent lire et écrire. La première chose que crée la cité grecque, ce sont des écoles. Et ce qui fait que la cité est une cité, c'est que son droit est positif. Qu'est-ce ça signifie ? Ça signifie qu'il est écrit, qu'il est connu de tous : positif en grec ça veut dire thetic, ça vient de la thesis, la position. Il est publié, le droit est public. Il constitue ce qu'on appelle une chose publique, en latin une res publica, ce qui s'appelle la République. Ce qui constitue la cité grecque, c'est la publication de la loi et pas simplement de la loi juridique, ça veut dire les rapports entre les individus, mais la loi géométrique par exemple, Thalès. Et puis finalement la loi historique, Hérodote, etc.

Je veux dire par là que la société grecque, sur la base de l'écriture, constitue ce qu'on appelle des savoirs positifs. Et non seulement positifs, mais rationnels, y compris avec le principe de ce qu'on appelle le raisonnement apodictique qui veut dire le raisonnement démonstratif. À un moment donné, à la fin du Ve siècle av. J.-C, ce qui était la condition de constitution de la cité devient ce qui détruit la cité. Parce que ce qui était mutualisé et ce qui appartenait absolument à tout le monde, les sophistes s'en emparent et ils en font un moyen de manipuler l'esprit des gens.

Si je dis cela c'est parce que je considère que, dans une espèce de très grand raccourci, lorsque Tim Berners-Lee et Robert Cailliau, et tous ceux qui ont créé le web, l'ont mis dans le domaine public, ils ont dit : « Il ne faut pas privatiser le web. Le web doit appartenir à tout le monde, c'est un espace public. Il ne faut pas le marchandiser. » Et malheureusement les hommes politiques européens et les acteurs économiques européens n'ont pas compris ce propos. Le web a explosé, très vite il a fallu créer des serveurs, etc., et tout de suite les gens ont dit : « Mais comment est-ce qu'on finance ça ? » Réponse : Google a donné des réponses, Amazon a donné des réponses. Réponse : on va financiariser, monétariser tout cela et on va le privatiser.

Aujourd’hui le numérique est devenu empoisonnant. Pourquoi est-ce qu'il est devenu empoisonnant ? C'est parce que, loin de faire ce pourquoi il était fait au départ, à savoir faire monter l'intelligence collective en garantissant l'ouverture du débat public à tout le monde et en créant, avec le web, des possibilités formidables par exemple de participation, de contribution, d'échange, de vulgarisation intelligente, c'est pour ça qu'il était fait, et de controverses scientifiques, de transparence de la circulation des informations et de la production des savoirs, eh bien il a été progressivement préempté, et aujourd’hui il est devenu ce qu'on appelle des plates-formes. Le numérique aujourd'hui, bien sûr que le web existe toujours, mais de plus en plus les gens vont sur le numérique à travers Amazon, par exemple, à travers Facebook, à travers des réseaux sociaux qui sont de plus en plus privatifs.

Et il y a là, malheureusement, une évolution qui ressemble beaucoup à celle qui s'est passée avec les premiers sophistes et qui est extrêmement toxique. Elle est très toxique et, en plus, elle est en train de préparer une autre très grande transformation qui est l'automatisation généralisée de la société.

Je voudrais décliner deux points sur ce sujet.

Premièrement, je fais partie du Conseil national du numérique. J'ai, avec mes amis du Conseil national du numérique ou mes collègues, participé à l'écriture d'un rapport qui vient d’être rendu public, il y a deux ou trois jours, qui s’appelle Jules Ferry 3.0. C'est un rapport que nous avons produit dans le cadre de ce qu'on appelle une auto-saisine, puisque le Conseil national du numérique a le droit de se saisir lui-même pour dire : « Il y a un sujet très important qu'on ne traite pas et nous avons pris la décision de nous exprimer collectivement sur ce sujet ». Ce sujet c’est le numérique à l'école.

Personnellement ça fait, je l'ai dit tout à l'heure à travers l’exposition « Mémoires du futur », ça fait presque trente ans que je travaille sur le numérique et l'impact du numérique sur le savoir, et je fais partie des gens qui considèrent absolument indispensable de faire pénétrer le numérique à l'école. Il n'y a pas que moi qui pense ça. Microsoft aussi pense ça. Google aussi pense ça. Toutes sortes de gens pensent cela. Je suis pour l'introduction du numérique à l'école, mais intelligemment. Je ne suis pas pour qu'on vienne fourguer des tablettes, comme ça, sur le marché scolaire, en donnant ça à des profs qui ne savent même pas ce qu'il faut en faire, en les déstabilisant totalement devant des mômes qui vont se moquer d'eux, en disant : « Pam, vous voyez, mon prof n'est même pas capable d'utiliser le truc », et pour finalement ruiner l’Éducation nationale.

Ce que je veux dire par là, c'est qu'au Conseil national du numérique nous pensons absolument indispensable d'introduire le numérique à l'école, mais d'une manière raisonnée. C'est la raison pour laquelle nous avons dit que le numérique doit rentrer à l'école, bien sûr, mais pas forcément en maternelle, peut-être même pas en CE2. Parce que moi, par exemple, je pense que pour utiliser un ordinateur il faut d'abord avoir appris à lire et savoir bien lire. Je ne pense pas qu'il faille utiliser l'ordinateur pour apprendre à lire. Il y a des gens qui ne sont pas d'accord avec moi au Conseil national du numérique là-dessus, d'ailleurs. Bon, c'est un débat. Mais en tout cas ce débat, pour l'instruire, nous avons préconisé que, dès l'année prochaine, l’État français finance cinq cents thèses, tous les ans, sur le numérique et les savoirs, et que ces thésards fassent un travail avec des écoles, avec des lycées, avec des collèges, avec des universités, avec les étudiants, pour faire de la recherche-action et de la recherche contributive, pour faire élever le niveau de compréhension de l'impact du numérique sur les enfants, sur les savoirs, etc. Et aussi pour réfléchir au fait que, par exemple, l'histoire contemporaine est totalement transformée par le numérique. Les mathématiques sont transformées par le numérique : aujourd'hui on fait faire des démonstrations automatiques par des ordinateurs. C'est un changement total des axiomes, des pratiques des mathématiques. Il faut évidemment que les profs soient formés à ça. Maintenant le numérique est là. On ne peut pas attendre qu'on forme une génération. C'est dix ans former une génération de profs, donc il faut le faire entrer tout de suite, mais avec un accompagnement scientifique et donc on a une démarche de type-là.

Aujourd’hui c'est le savoir dans sa totalité qui est transformé par le numérique. Il faut donc absolument que la France et l’Europe se donnent une puissance intellectuelle, collective, majeure. Imaginez que l’Italie, l’Allemagne, la Belgique, l'Angleterre, la Suède en fassent autant. Cinq cents thésards chacun. Disons que l'Europe produirait chaque année cinq mille thésards. Ça veut dire qu'au bout de dix ans, on a vingt-cinq mille thésards européens qui vont travailler là-dessus, et comme il y a des directeurs de recherche, on a cinquante mille chercheurs. Alors on peut commencer à discuter avec la Chine et les États-Unis. Je dis la Chine parce que le plus gros calculateur, aujourd'hui, est à Pékin. Il n'est pas aux États-Unis. La Chine et les États-Unis ont une politique du numérique. L'Europe n'en a pas ! Et ça m'amène au deuxième problème.

Peut-être avez-vous entendu dire que Jeff Bezos, le patron d'Amazon, il y a quelque mois, a annoncé qu'il allait recruter dix mille robots. Il a acheté, il y a trois ans, deux ans et demi, une entreprise de fabrication de robots. Et il a répondu à ce journaliste anglais qui avait, je ne sais plus pour quel grand canard, très bon journal anglais, qui s’était fait recruter chez Amazon comme magasinier, et qui avait fait un article qui a fait le tour de la planète, en disant « mais Amazon c'est pire que le 19e siècle. On les traite mais vraiment comme de la merde. On a des conditions de travail infernales, on travaille avec 50 degrés, ce n'est pas climatisé et on a un rythme et on devient dingue. » Bezos très tranquille, très serein : « Pas de problème, aucun problème. Dix mille robots ! Je n'ai pas besoin de ces gens-là. Ils ne me servent à rien. J'ai conçu mon truc depuis le début pour ça ! », ce qui est vrai. Si vous regardez l'architecture des entrepôts d'Amazon, ils sont faits pour que des robots puissent absolument tout traiter. Et donc, depuis cette année, il implante dix mille robots dans les entrepôts.

Si vous avez lu le supplément EcoFutur de Libération d'hier ou avant-hier, hier, il y avait tout un truc sur la robotisation de la médecine dans lequel Laurent Alexandre, le patron de DNA Vision, qui est un chirurgien dit : « Dans vingt ans il n'y aura plus besoin de chirurgiens. Les gens auront plus confiance dans les robots que dans les chirurgiens, parce que le robot est plus fiable que le chirurgien ». Le journal Le Soir de Bruxelles, c'est un journal belge, grand journal de Bruxelles, c'est l'équivalent du Monde un peu, a titré, le 19 juillet dernier :« Dans dix ans nous pourrions perdre 50 % de nos emplois ». Et sur quoi est-ce qu'il s’appuyait ? Sur une étude d'Oxford qui a été faite aux États-Unis, qui a montré que 47 % des emplois pourront disparaître dans dix ans, en Amérique du Nord, par la robotisation. Cette étude a été reprise par l'Institut Bruegel, en Belgique, et l'a appliquée à l'économie belge et ils ont dit :« C'est 50 % en Belgique et grosso modo ce sera pareil dans tous les pays européens. »

Bill Gates, le 13 mars dernier, à Washington, dans un truc qui s'appelle l'Institut de l'entreprise américaine, qui est un think tank, a dit à ses collègues patrons, c'est un truc qui ne réunit que des grands patrons : « Dans vingt ans, il n'y a plus d'emplois ! » Il y aura des emplois, mais ça sera des exceptions, comme aujourd'hui il y a des gens qui sont professions libérales ou qui sont artistes, c'est l'exception. Il y aura des robots. Tout sera remplacé par des robots.

Ce qui est très intéressant c'est qu'il conclut. Bill Gates. en disant : « Vous savez, si vous voulez qu'il y ait encore un peu d'employés, il faut baisser les charges sur les salaires, il faut diminuer les salaires ». Donc il emploie ça comme un argument. évidemment. pour encore diminuer quoi ? Le pouvoir d’achat. Mais le problème c'est que le pouvoir d’achat il est produit par les salaires. Et si le pouvoir d'achat descend, la consommation descend. Alors qu'est-ce qu'il faut faire pour entretenir le pouvoir d'achat ? Eh bien il faut créer des subprimes et des credit default swap, c'est-à-dire des systèmes où on va faire de la cavalerie numérique automatisée pour dissimuler l'insolvabilité et, à un moment donné, ça craque. Depuis 2008, nous sommes très mal, nous les Européens, parce que ça fait six ans maintenant que ça dure, que ça a craqué, et on ne s'en remet pas. Et c'est plus grave que 1929 ce qui s'est passé en 2008.

Robotisation de l'économie

Dans les années qui viennent il va se poser un problème incontournable, avec lequel on ne pourra plus éviter de le poser. Ce problème c'est que la majorité des employés, quand je dis employés je ne parle pas des employés de bureau comme on le disait autrefois, c’était ça qu'on appelait les employés autrefois. Un employé c'est un salarié. Donc d'Alan Greenspan à la femme de ménage en passant par l'urologue, le chirurgien dont je parlais tout à l'heure qui ne vous opère plus de la prostate parce que les robots font ça mieux que lui et les avocats, parce que les avocats sont en train de se retrouver au chôme-du, dans ce moment très dur aux États-Unis déjà, tous ces gens-là vont se retrouver licenciés. Je ne parle pas, évidemment, des ouvriers qui travaillent à la chaîne. Mercedes a déjà, depuis des années, une entreprise qui produit les moteurs des grosses cylindrées, à Munich, où il n'y a aucun employé. Enfin si, il y a dix ingénieurs, voilà. Le reste ce ne sont que des robots. Tout ça c'est fini!

Et ça pose un très gros problème, c'est que tout ce que vont produire ces robots, il n'y aura plus personne pour l'acheter. S'il n'y a plus de salaires, il n'y a plus de pouvoir d’achat, et s'il n'y a plus de pouvoir d'achat, il n'y a plus d’acheteurs. S'il n'y a plus d’acheteurs, il n'y a plus de marché, donc tout se casse la gueule. Inévitablement!

En fait je pense que c'est une très bonne nouvelle, la robotisation. C'est la nouvelle que Karl Marx, dans les Grundrisse, dans les Fondements de la critique de l'économie politique avait, en 1857, posé. Il n'a pas repris cette thèse ensuite dans Le Capital, mais il disait à ce moment-là : « En réalité les machines vont encapsuler de plus en plus de savoirs. Et à un moment donné, elles seront automatiques et il n'y aura plus besoin de salariés ». Il a dit ça Karl Marx. Il a dit : « À ce moment-là, eh bien l'homme pourra se mettre à vraiment travailler, parce que travailler, ce n'est pas être salarié. Le salarié ne travaille plus. Le salarié, il fait ce qu'on lui demande parce qu'il a été prolétarisé ». Qu'est-ce que c'est que le salariat ? C'est la prolétarisation. Les salariés apparaissent lorsque leur savoir est capté par la machine, qu'ils deviennent un serviteur d'une machine dont ils ne savent plus comment elle marche. C'est ça la prolétarisation que décrit Karl Marx en 1848. Et en 1848, il dit : « Et ça touchera tous les salariés ». Pas seulement les ouvriers, ça commence par les ouvriers, après ça sera les cadres, ce qu'on appelle les agents de maîtrise, puis les ingénieurs, puis finalement ça touchera tout le monde.

Eh bien figurez-vous que le 23 octobre 2008, il y a un type qui a été convoqué à Washington, il s'appelle Alan Greenspan, et on lui a demandé de s'expliquer. « Mais M. Greenspan, comment se fait-il que vous ayez nommé Bernard Madoff à la tête du Nasdaq ? Pourquoi avez-vous laissé s'écrouler Lehman Brothers ? Et les subprimes ? Et les credit default swap ? Etc. C'est vous tout ça. C'est vous le patron de la banque fédérale. » Quelle est la réponse de Greenspan ? Il dit : « Messieurs attendez, non, ce n'est pas moi ! On a donné un prix Nobel d'économie qui préconisait l’automatisation des traitements pour aller plus vite que les hommes à faire de la vente d'actions à la nanoseconde, pour permettre de combler l'insolvabilité ! C'est pour ça qu'on a créé les subprimes ». Il dit : « Maintenant je me rends bien compte, on est le 23 octobre, ça fait deux mois que je vois la catastrophe. Je me rends bien compte que c’était une énorme erreur. C'est une énorme erreur », dit-il « parce qu'on a perdu l'intelligence du fonctionnement de tout ça. On a tout délégué aux automates. On a tout délégué à des algorithmes et, en réalité, on n'avait plus de critique du fonctionnement de ces automates. On avait perdu la connaissance du fonctionnement de ces automates. » Qu'est qu’il dit Alan Greenspan ? Il dit qu'il a perdu le savoir de l'économie qui a été piqué par les automates. Mais il dit exactement ce que dit Karl Marx en 1848.

En 1857 il dit : « Mais la conséquence ça sera qu'il y aura des robots », il n’appelle pas ça des robots, il appelle ça des automates « qui se développeront et finalement tout le monde pourra avoir du temps, pour quoi faire ? Pour apprendre, pour développer de nouvelles formes de savoir et finalement pour être capable de dés-automatiser les automates ».

Qu'est-ce que je veux dire ? Je vous recommande la lecture d'un article1 qui est paru dans Le Monde diplomatique d'un roboticien, informaticien, automaticien et mathématicien qui s'appelle Frédéric Kaplan. Je le connais très bien, je l'ai fait venir à plusieurs reprises ici au Centre Pompidou. Il travaille en Suisse, à Lausanne, et il a écrit un article sur Google il y a deux ans. L'article s'appelle « Quand les mots valent de l'or ». Le sous-titre c'est « Le capitalisme linguistique de Google ». Il explique que Google a fait de la langue un trésor. Pas seulement de la langue, mais des gens qui utilisent les langues. Les centaines de langues du monde entier sont aujourd'hui tracées, traquées, par des technologies de traçabilité, par les algorithmes de Google et avec ces algorithmes, Google, par l'utilisation de ces algorithmes et l’analyse en temps réel des comportements de vous et moi sur Google, est capable de faire de la traduction automatique qui n'est pas de très bonne qualité. Mais si vous recevez un message en chinois, par exemple, moi je ne lis pas le chinois, vous pouvez mettre votre message reçu en chinois sur Google Translate et vous aurez une traduction. Google me prend de vitesse. Je suis en train de commencer à taper un mot, et hop il me termine le mot et puis il me propose plusieurs autres mots avec ce qu'on appelle un popup. Et en fait il m'attire sur les AdWords, parce qu'il a intérêt à ce que j'aille voir ça. Parce que là, pour ça, ce sont des mots qu'il a vendus aux enchères. Il les a vendus aux enchères sur le marché des AdWords, parce qu'il garantit le résultat quand il vend un mot aux enchères, chaque fois qu'il y a un hit sur ce mot-là, eh bien il garantit son résultat. Et en plus, quand il dépasse le résultat, il peut augmenter sa prime.

Donc c'est un système extraordinaire, fabuleux. Moi je m'en sers tous les jours, je vais sur Google peut-être deux/trois cents fois par jour, mais ça me pose un problème. Ça me pose le problème de, progressivement d'abord, vous l'avez peut-être remarqué sur vous-mêmes, l’autocomplétion. On trouve ça sur Google, on trouve ça sur les SMS, on trouve ça, en fait, partout aujourd'hui. Tous les systèmes font de l’autocomplétion. L’autocomplétion, ça a pour effet que, ça vous arrive peut-être de relire vos mails et de dire : « Oh là là, toutes les fautes que j'ai laissées dans ce mail ! » Nous sommes tous dis-orthographiés, c'est ce que montre Frédéric Kaplan. Et nous le sommes parce que nous nous habituons progressivement à ce que le robot garantisse l’orthographe à notre place. Mais Frédéric Kaplan dit : « C'est bien, mais ça va poser un problème à un moment donné. Parce que quand on sera totalement dysorthographiques, le robot n'arrivera plus à nous corriger, ça deviendra absolument incohérent ».

Et ça, c'est en train d'arriver aux jeunes générations. C'est pour ça que je veux qu'ils apprennent d'abord l'orthographe avant d'utiliser les ordinateurs. C'est pour ça que je veux, moi je n'ai jamais été contre l'emploi des calculettes à l'école, mais à une condition, c'est d'abord qu'ils aient appris les tables de multiplication, les résolutions d'équations, les extractions de racines carrées, etc. Parce que sinon ils sont dépendants du système, ils sont prolétarisés. Il faut aujourd'hui utiliser l'automatisation pour déprolétariser les individus.

Vous savez, aujourd'hui c'est bien connu, tout le monde apprend ça à l'école maintenant. Quand j'étais petit on n'apprenait pas encore ça à l'école. Maintenant on apprend à l'école que l'univers est en expansion, qu'il est entropique c’est-à-dire qu'il s'indifférencie. C'est une grande combustion nucléaire qui aurait eu lieu à l'époque de ce qu'on appelle le Big Bang et cette grande combustion nucléaire produit des cendres qui retombent, et qui retombent dans un désordre généralisé c'est-à-dire une indifférenciation de l'univers.

Depuis Schrödinger, qui était un grand physicien, mécanique quantique et astrophysique, etc., Schrödinger et beaucoup d'autres, cette théorie de l'entropie a connu une autre théorie qui s'appelle la théorie de la néguentropie. Schrödinger dit au début du 20e siècle : « Le vivant c'est un processus de néguentropie, de lutte contre l'entropie». Les êtres vivants vont dans le sens contraire de l'univers. L’univers se dégrade, tout devient poussière, tout se décompose. Par exemple le granit que vous voyez, dans cent ans, ce sera du sable, etc. Tout fout le camp, si vous voulez, comme nos corps se dégradent, mais tant que nous sommes vivants nous luttons contre notre propre dégradation en mangeant, en copulant, et finalement, depuis Darwin, on sait que tout ça produit de la différenciation, de ce qu'on appelle de l'évolution. La théorie de l'évolution de Darwin c'est un effet de ce que Schrödinger appelle la néguentropie.

Les langues, les objets techniques, les œuvres d'art, c'est une super néguentropie. C'est une manière que l'humanité a de différencier encore plus, de produire de l'intelligence, c'est ce qu'on appelle de l'intelligence. C'est-à-dire que des singularités, je ne sais pas moi, Léonard de Vinci par exemple : ce type dessine, il y a déjà pas mal d'années maintenant, quelques siècles, un truc qui vole. Et Clément Ader, à la fin du dix-neuvième dit : « Ce truc qui vole il va vraiment voler ». C'est le premier avion. C'est très singulier de penser un truc qui vole. Ça c'est une entropie faite par des êtres humains, pas simplement par des asticots ou des grands singes, mais par ce qu'on appelle les êtres humains. Ces êtres humains ont la capacité à développer des choses, à produire énormément de nouveautés et les langues qui sont extrêmement diversifiées, y compris à l’intérieur d'une même langue : la langue de Proust n'est pas la langue de Molière, qui n'est pas la langue de Camus ou de Zola. Donc il y a des singularités qui inventent sans arrêt la langue, y compris la bonne de Proust, Françoise dont il dit : « Mais elle aussi engendre des fautes ». Elle a inventé quelque chose de la langue. Il reprend les inventions de sa bonne, de Françoise.

Eh bien Kaplan montre que Google est en train de détruire cette diversité, parce que Google hiérarchise tous les mots en fonction de ses annonceurs, donc un petit peu comme la hiérarchisation du JT, si vous voulez, du journal télévisé je voulais dire, progressivement, au gré de la variabilité linguistique. Et en plus, la dysorthographie fait que, progressivement, on devient de plus en plus dépendants de Google donc on perd de la compétence linguistique et orthographique et ça c'est très dangereux. Et c'est le même problème que Greenspan. Les robots c'est très bien à condition de développer une intelligence collective capable de les dés-automatiser et de les faire évoluer donc d’être plus intelligents que les robots. D'utiliser les robots pour ce pourquoi ils sont utiles et, à un moment donné, de les brider, de les limiter et d’inventer d'autres types de robots pour produire quelque chose de nouveau. Pour cela il faut développer ce que nous appelons, à Ars Industrialis, une économie de contribution.

L'économie contributive

L’économie de contribution c'est une économie qui ne repose plus du tout sur le partage d'abord entre production et consommation.

Je vous disais tout à l'heure pour solvabiliser la production industrielle, il faut du pouvoir d'achat. Ce concept de pouvoir d’achat n'est pas très ancien. Ça date de Keynes. Vous savez qu'au début du 20e siècle, un type qui s’appelait Henry Ford inventait le travail à la chaîne. Henry Ford était un lecteur de Frederick Taylor. Il a repris les idées de Frederick Taylor et il a dit : « On peut multiplier par trois, quatre, cinq, dix, la productivité en mettant des méthodes de travail scientifiques dans la production ». Mais il a très vite compris que son problème ça serait de vendre. Parce que c'est très joli de faire un million de bagnoles par an, c'est ce qu'a fait Ford au bout de quinze ans de ce modèle. Ça a commencé en 1908, exactement cent ans plus tard ça s'est cassé la figure, d'ailleurs. Mais bon ! Vendre un million de voitures, il faut qu'il y ait des clients pour vendre un million de voitures. Donc Ford a dit : « Pour qu'il y ait des clients, il faut que les voitures ne coûtent pas cher et que mes ouvriers gagnent très bien leur vie et ils pourront acheter les bagnoles qu'ils produisent. » Ça, c'est le modèle qu'on appelle fordiste. Ce modèle, en fait, n'a pas vraiment marché. Il a marché un certain temps et puis ça s'est cassé la figure parce que toutes les structures du capitalisme américain, qui était ultra spéculatif, étaient incompatibles avec ce modèle. Donc il y a eu la crise de 29. Et entre 1929 et 1933, un type qui s’appelait Roosevelt a réfléchi. Il a fait venir un type qui s’appelait Keynes d'Angleterre. Et finalement ce Keynes est arrivé en disant : « Il faut complètement repenser le système, il faut créer un Welfare State à l'américaine, qui va garantir un pouvoir d’achat minimum, des conditions de travail, une limitation du temps de travail, une éducation, une protection sociale, etc. » Et c'est comme ça qu'est né le keynésianisme. C'était de donner du boulot aux gens. On se retrouve avec le même problème en ce moment. Maintenant arrive la robotisation totale. Et la robotisation totale, ça veut dire qu'il n'y aura vraiment plus du tout d'emplois.

Qu'est-ce qu'il faut faire ? Il faut redistribuer du pouvoir d’achat par d'autres voies que le salaire. Il n'y a pas d'autres solutions, il n'y a plus de salaires. Et c'est tout à fait possible. À Ars Industrialis nous disons qu'il faut reprendre le modèle des intermittents du spectacle, parce que, en fait, la question qui va se poser demain c'est de produire de plus en plus d'intelligence.

Le numérique, je reviens à la question du numérique, a une très grande vertu. Vous avez vu ça, vous utilisez Wikipédia comme tout le monde. Vous pouvez peut-être penser, comme certains universitaires français, que Wikipédia c'est de la crotte, etc. Ils disent ça, mais ils s'en servent aussi. Et c'est archi-faux que c'est de la crotte. Ce n'est pas vrai du tout. Wikipédia, il y a une étude qui a été faite, est plus fiable que les encyclopédies logicielles. C'est de meilleure qualité, c'est mieux relu, c'est mieux critiqué et, en plus, c'est beaucoup plus rapide. C'est-à-dire que vous avez des articles sur une découverte qui a été faite il y a quinze jours. Allez voir dans l’encyclopédie Universalis, vous attendez cinq ans pour avoir un article sur une découverte ! Donc il ne faut pas dire que ce n'est pas bon, c'est archi-faux.

Wikipédia, ça a constitué une force contributive. Qu'est-ce que c'est que cette force contributive ? C'est une force qui produit plus d'intelligence. Cette intelligence est produite sur Wikipédia par à peu près cinq cent mille à un million de contributeurs qui sont des contributeurs assez permanents. C’est-à-dire que ce sont des gens qui modèrent des articles. Il y a des centaines de millions, en fait à peu près deux milliards de personnes, qui utilisent Wikipédia. Je dis à peu près deux milliards parce qu'il y a deux milliards d'internautes sur la planète et tout le monde utilise Wikipédia, c'est le cinquième site mondial. Ça fonctionne avec cinquante salariés. Ça ne produit pas une thune, c'est-à-dire qu'il n'y a aucun business modèle. Ça ne vit que des dons, et ça s'est développé à cause de ce qu'on appelle la libido sciendi, l'amour du savoir. Il y a des gens qui ont développé ça parce que, tout simplement, ils aiment ce qu'ils font. Il y a des pêcheurs de truites par exemple là-dedans. Il y a des gens qui vont vous dire, ce sont des gens qui savent pêcher à la mouche, il n'y en a pas tant que ça, qui vont vous dire : « Attendez, non, ce n'est pas comme ça qu'on pêche à la mouche. Je suis désolé et la meilleure façon de faire une mouche, c'est comme ça que ça se fait ». Donc vous trouvez la pêche à la mouche, vous trouvez un article sur le deuxième principe de la thermodynamique, vous trouvez tout ce que vous voulez sur Wikipédia.

Toutes les formes de savoir-vivre, de savoir-faire et de savoirs conceptuels sont sur Wikipédia. Et c'est fabuleux. Ça produit une valeur colossale. Wikipédia c'est une entreprise purement coopérative, contributive. Il n'y a pas de but lucratif. Google c'est à but très lucratif : c’est aujourd'hui le meilleur taux de rentabilité du monde. Ils ont piqué la publicité à peu près à tout le monde et ils gagnent des milliards. Moi je me souviens très bien, en 2000, quand je suivais Google, tout le monde disait : « Pff ! Google ça ne marchera jamais ! » Google c'est une entreprise contributive. C'est une entreprise contributive que je combats, dont je me sers sans arrêt, j'en suis un des clients et des fournisseurs, mais c'est contributif parce que je contribue à Google. En me servant du moteur de recherche de Google je nourris le moteur recherche Google. Le contributif, c'est aussi un pharmacon. Tout est un pharmacon. Il y a du mauvais contributif. Tout ce qui se développe aujourd'hui, Amazon, Google, Facebook et tous ces machins-là, c'est contributif. Ce n'est pas le modèle classique, mais c'est du mauvais contributif parce qu'il reste financé par le consumérisme. C'est ce que j'appelle un hyper consumérisme. Mais ce que je crois c'est que c'est un contributif transitoire. Si vous voulez, Google, c'est comme les voitures hybrides de Toyota. Ça marche à l'électricité et à l'essence, en attendant d’être tout électrique. Eh bien, il va y avoir du tout contributif. On n'en est pas encore là. Il y aura du tout contributif quand il n'y aura plus du tout de salaires : on sera bien obligés de redistribuer.

Alors il y a deux façons de dire « on va redistribuer ». Il y en a une, d'un type que vous connaissez bien qui est Milton Friedman, le théoricien ultralibéral, élève de Hayek, etc., qui dit : « Il faut laisser jouer le marché à fond ». Il a inventé un truc qu'on appelle aujourd'hui le revenu minimum d'existence. Ça ne vient pas du tout des gauchistes ou des hackers, ou je ne sais pas. C'est Milton Friedman qui a dit : « À un moment donné, on n'aura plus besoin de salariés, donc il faudra bien leur donner un revenu minimum d'existence. » C’est-à-dire qu'il faudra faire en sorte qu'il y ait une classe de sous-pauvres, mais qui aient quand même encore de quoi acheter un peu, et puis des gens ultra-riches.

Moi je ne crois pas du tout à ce truc-là. Je pense que c'est totalement insolvable, outre que socialement c'est injuste et que ça conduit forcément à des conflits sociaux absolument violents. Je pense qu'il faut développer ce que nous appelons, nous, le revenu contributif fondé sur le modèle des intermittents du spectacle. Pourquoi ? La valeur contributive qui se produit aujourd’hui sur Wikipédia, c'est ce qu’un ami à moi et un collègue de l'université de Compiègne qui s'appelle Yann Moulier-Boutang, appelle l’économie pollen. On sait aujourd’hui que les abeilles permettent de produire de la valeur monétisable à travers le miel : les apiculteurs récoltent le miel des abeilles et le vendent. Mais la valeur qui est produite par les abeilles ce n'est pas le miel, vous le savez bien, c'est la pollinisation des végétaux. Les abeilles, et plus généralement les hyménoptères, sont des animaux, des insectes qui pollinisent les végétaux. On dit que Einstein aurait affirmé que l’humanité crèverait d'avoir tué les abeilles, parce qu'Einstein savait très bien que si on détruit les hyménoptères, il n'y a plus de fécondité des végétaux. Et s'il n'y a plus de fécondité des végétaux, il n'y a plus rien à manger, ni de végétal ni d’animal, parce que l'animal mange des végétaux. Et donc c'est la chaîne, toute la chaîne du vivant qui est détruite. On est, en ce moment, arrivés à ce stade puisque, aujourd'hui, en Chine, il y a certains endroits où il n'y a plus d'hyménoptères. Et on est obligé de polliniser à la main. La pollinisation c'est quelque chose qui n'est pas monétisable. Si on veut le monétiser, ça ne marche plus. Si on veut faire des gens qui vont vendre des abeilles pour polliniser ça ne marche pas. C'est quelque chose qui vient en plus.

Ce que je crois c'est que l'économie de contribution c'est une économie de pollinisation. Et je pense que le problème de l'humanité de demain, enfin de la génération qui vient là, les jeunes qui vont vivre le passage de sept à neuf milliards d'habitants, c'est ce qu'on nous annonce pour les trente ans qui viennent, cette génération-là, il n'y aura plus de travail : elle va devoir être extrêmement intelligente. Quand je dis extrêmement intelligente, ça ne veut pas dire simplement être capable d'extraire des racines carrées ou de faire des théorèmes. Ça veut dire intelligente au sens où, à l'époque de Mme de La Fayette que Sarkozy avait dit :« On ne va pas ressortir ça », on appelait intelligence. L’intelligence c’était la relation sociale, être en bonne intelligence avec les gens. Il va falloir sortir du consumérisme qui nous a quand même tous crétinisés. Regardez comme on est totalement désocialisés, on a des comportements de gorets en tant que consommateurs. On se comporte vraiment n'importe comment, comme des porcs. Et ce n'est plus vivable. C'est d’ailleurs pour ça qu'il y a des mômes qui passent du côté du djihadisme extrême, qui ne sont pas des musulmans, parce qu'ils ne croient plus du tout à ça, ça les dégoûte, ça les rend méchants. Il y en aura de plus en plus des gens que ça rend méchants tout ça, parce que c'est bête. La bêtise rend méchant. Il faut élever l'intelligence ou le niveau de l'intelligence. On va avoir besoin de produire énormément de capacité collective. Et donc, au lieu de donner un revenu minimum d'existence aux gens, il faudra donner un revenu contributif, sur le modèle des intermittents du spectacle.

Comment ça marche les intermittents ? On donne à des gens de l'argent, ce n'est pas somptueux mais c'est correct, ça permet de vivre correctement. Et donc ça leur permet d'aller suivre des cours, par exemple les cours de INA Formations, j'ai été directeur de l'INA pendant quelques années, ça leur permet de rencontrer des gens, de réfléchir. Ça leur permet de se donner du temps pour produire quoi ? De l'intelligence, de la dés-automatisation. Et pendant ce processus où ils se dès-automatisent, ils développent des idées et à un moment donné ils trouvent, je ne sais pas moi, le Théâtre du Rond-Point, l'INA, ou je ne sais pas qui, qui leur dit : « Tiens, si tu venais pendant trois mois avec nous en production avec tes trucs ». Et ils créent quelque chose de nouveau et alors là ils rentrent en production. C’est-à-dire qu'ils monétisent, ils augmentent leur salaire, ils passent à dix mille euros par mois, ou je ne sais pas quoi, ils accumulent des droits pour être éligibles à la contributivité. Et donc ils ont garantie que le travail qu'ils ont fait s'est socialisé, donc il a été utile à la société et donc ils prouvent qu’ils sont contributifs. Ils peuvent retourner ensuite à leur truc.

Je pense que ce modèle doit être généralisé parce que, alors ce modèle ou un autre, ce modèle peut être transformé, amélioré, mais le modèle, là, repose sur l'idée de ce qu'on appelle la contributivité : je vous garantis un droit de faire ce que vous voulez, en utilisant Wikipédia, en allant à l'INA, ou en allant à l'école ou en regardant des MOOC, ou ne je ne sais pas quoi, à condition de valoriser votre développement, votre capacitation comme dirait Amartya Sen, à un moment donné, dans un projet collectif. Ça peut être une association, ça peut être un service public, ça peut être créer une entreprise, faire du business. Voilà. Mais vous valorisez une partie de votre spectacle, comme les intermittents du spectacle. Et vous valorisez votre chose et vous le monétisez. Et cette monétisation, qui n'est pas forcément faire du business, ça veut dire simplement rentrer dans un circuit d'échanges, vous rend des droits pour redevenir contributeur, pour redevenir un intermittent qui va vous permettre de développer, par intermittence donc, votre capacité.

Je pense que ce modèle doit se développer. Il se développera inévitablement parce qu’il n'y a que ça qui soit rationnel. Je pense qu'il faut, aujourd'hui, créer un système pour que la valeur des gens profite à tout le monde. Et ça, c'est ce qu'on appelle l’économie de contribution. Cette économie de contribution c'est un modèle de redistribution. C'est ce dont je viens de parler, mais c'est aussi un modèle d'organisation du travail.

J'ai commencé à m’intéresser à ces questions-là, moi, quand j'ai commencé à travailler avec des développeurs informatiques et j'ai découvert le logiciel libre. Et le logiciel libre c’est un modèle contributif en matière d'organisation du travail. Dans les modèles de logiciel libre, tout le monde peut prendre la parole. Il n'y a pas de hiérarchie. Il y a une hiérarchie, mais ce n'est pas une hiérarchie fordiste, si vous voulez, ou keynésienne, c'est une hiérarchie très différente, et c'est une démocratie entrepreneuriale, si vous voulez. Et en plus, il n'y a pas de consommateurs : c'est-à-dire que quand vous utilisez un logiciel libre, vous êtes invité, en tant qu'amateur, à contribuer à ce logiciel, en proposant des transformations du logiciel.

Et ça m'amène à la fin de mon propos sur la contribution. L'économie de contribution c'est une économie d'amatorat où les gens ne sont pas les professionnels d'un côté et les professionnels de la profession d'un côté, comme disait Godard, et puis de l'autre les crétins, le public, qui doivent consommer. Non ! Au départ Godard était un spectateur. Godard, lui, il voulait analyser les films. C’était un amateur de cinéma. C'est Henri Langlois qui lui a transmis ce virus, la passion du cinéma. Il s'est mis à faire des films, au départ pas pour faire des films, mais pour montrer comment il les voyait. Et je pense que c'est comme ça que naissent les grands artistes, les grands écrivains, mais les grands personnages en général ce sont des amateurs. Ce sont des gens qui font les choses pour l'amour de l'art, c'est ça que veut dire amateur. Après, qu'ils soient professionnels ou pas professionnels, c'est secondaire.

L'économie de contribution c'est une économie d'amatorat. Sur Wikipédia vous avez plein d’amateurs. Et cet amatorat qui est une forme de la libido sciendi, amatorat ça vient d’amour, amor, amateur ça vient de amor, aimer, c'est une forme de la libido au sens de Freud, mais c'est une libido sciendi, c’est-à-dire que c'est une libido sublimée dans un travail, un travail au bénéfice de tous. Donc on retrouve quelque chose qui s'appelle tout simplement la civilisation.

Rôle de l'amateur

Quand nous avons créé l'IRI c’était à la demande du Centre Pompidou, à la demande, plus exactement, d'un président du Centre Pompidou qui s'appelle Bruno Racine, qui est maintenant le président de la Bibliothèque nationale de France, et qui avait présidé mon conseil d'administration lorsque j’étais à l’IRCAM. Et quand j’étais à l'IRCAM, j'avais proposé aux gens de l'IRCAM d'utiliser toutes ces technologies extraordinaires qui ont été développées pour les compositeurs, d'en faire des technologies pour les amateurs, et pour les amateurs au sens le plus large du terme, c’est-à-dire pour les gens qui écoutent de la musique, tout simplement. Bruno Racine a beaucoup soutenu cette politique, il m'a aidé à convaincre le ministre de la Culture de l'époque, qui était Jean-Jacques Aillagon, et le ministre de l’Éducation nationale, de donner de l'argent à l'IRCAM pour développer des choses comme ça. Puis un jour il m'a demandé de venir au Centre Pompidou pour développer ce genre de choses pour tout le Centre Pompidou, pas simplement le champ musical, pour la musique bien sûr, avec l'IRCAM, aussi pour le spectacle vivant, pour la peinture, pour tous les arts, la littérature, le cinéma.

J'ai commencé par le cinéma. Nous avons développé ici, il y a huit ans, un logiciel que vous pouvez trouver en ligne qui est libre d’accès, c'est un logiciel libre, qui s'appelle Lignes de temps donc, et qui est un logiciel que nous avons développé pour créer des ciné-clubs d'amateurs en ligne à la façon dont Henri Langlois et les Cahiers du cinéma les envisageaient, il y a fort longtemps. Jean-Luc Godard, François Truffaut et quelques autres, tous ceux qui s'occupaient des Cahiers du cinéma, au départ, n'étaient pas des cinéastes, c'étaient des critiques de cinéma. Ils avaient sur le cinéma américain, en particulier, et le cinéma français,une partie, en particulier Jean Renoir et des gens comme ça, des idées très précises. Et ils passaient leur temps à la cinémathèque de France. Il se trouve qu'un jour, le Nagra et la caméra 16 sont apparus sur le marché. Ils se sont achetés ces matériels, Nagra, caméra, etc. Et ils ont fait des films d'un nouveau genre, c'est ce qu'on appelle la nouvelle vague. Ce sont des amateurs.

Moi-même, à l'époque, pourquoi est-ce que je rêvais d’une caméra Beaulieu ? C'est parce que je faisais partie de la Fédération française des ciné-clubs de France. Ça, ça n'existe plus. Les ciné-clubs, il n'y en a plus. Et nous, quand nous avons créé l'IRI, nous nous sommes dit « le Centre Pompidou doit devenir l'organe de la réinvention des amateurs de cinéma ». Et nous nous sommes dit « avec le numérique et le web, on peut annoter les films ». Donc on a créé un système qui permet d'annoter des films. On a d'ailleurs fait venir les premiers membres des Cahiers du cinéma, Jean-louis Comolli et un certain nombre d'autres, Alain Bergala, etc.

Avec eux, avec une dizaine de très bons connaisseurs qui ont fait partie des Cahiers du cinéma, on a essayé de reconstituer une critique cinématographique en ligne. Nous avons d'ailleurs un projet avec le CCAS2 pour développer des communautés de contribution d'amateurs. Nous avons avancé beaucoup sur ce genre de choses, nous avons fait ça pour le festival d'opéra d'Aix-en-Provence, nous avons fait ça pour le Théâtre de Lyon, nous travaillons pour toutes sortes de gens, nous travaillons pour France Télévisions, nous avons fait des choses aussi pour France Culture, où nous mettons en place des systèmes qui permettent aux individus de partager leurs points de vue. Et partager leurs points de vue non pas simplement comme on peut trouver sur les journaux comme Mediapart, Rue89, et maintenant tous les journaux, quasiment, avec des gens qui donnent leur point de vue et c'est souvent extrêmement pollué par toutes sortes de comportements bizarroïdes et en plus c'est un peu informe. Nous, nous travaillons sur des nouveaux modèles de réseaux sociaux, qui sont des communautés d'amateurs, où il y a, pour entrer dans la communauté, des protocoles qui sont partagés et des processus de modération collective, à travers ce que nous appelons la catégorisation contributive, et où des groupes se forment et, en particulier, pour réactiver les polémiques et les controverses.

Si vous regardez aujourd'hui une critique de film, de film mais aussi de technologie ou de, je ne sais pas, par exemple un article sur l'avenir des nanotechnologies, un article sur telle molécule dans le monde de la pharmacie ou un article sur tel film de Fincher qui vient de sortir, etc. Qu'est-ce que vous trouvez ? Ce n'est pas de la critique du tout, c'est du marketing plus ou moins rédactionnel. C'est-à-dire, ou bien j'éreinte le truc, ou bien je l'encense, mais je ne vais jamais utiliser des arguments critiques parce qu'on considère aujourd'hui que le public est débile et ne comprend rien. Ce qui est archi-faux. Le public comprend très bien et il voudrait faire de la critique. Donc aujourd'hui il n'y a plus de critique, dans les modèles classiques. Mais ce qui ressort et qui marche comme Wikipédia, ce sont des choses qui cherchent à reconstruire de la critique.

Donc nous, nous essayons de développer ce que nous appelons des espaces critiques et des outils contributifs pour développer de la critique. Et, par exemple, nous avons des programmes avec France Télévisions, ou d'autres, pour faire de la lecture contributive.

Imaginez que mille personnes lisent le même roman. C'est très intéressant qu'elles puissent partager leurs notes. Pour ça, il faut développer des outils de partage, c'est ce que nous sommes en train de faire. Alors là nous sommes en train de le faire, en réalité, pour des astrophysiciens et pour des historiens, parce que nous sommes en train de développer ça en ce moment pour les doctorants, pour les étudiants de master, etc., parce que nous pensons que ça devrait devenir, finalement, des outils de base des instruments de recherche. Mais ce sont aussi des outils de base pour des amateurs en général. Donc nous pensons qu'il est possible, dans le champ culturel en particulier, de reconstituer non pas une consommation culturelle, parce qu'aujourd'hui malheureusement les gens sont des consommateurs. J'ai été très frappé quand j'ai créé l'institut, il y a neuf ans, ici, de lire une étude du Musée du Louvre qui disait qu'en moyenne les gens passaient 42 secondes devant les tableaux du Louvre. Donc vous avez une espèce d'incompatibilité entre, d'un côté, le temps des œuvres, qui est un temps de la contemplation, de la fréquentation, de l'intermittence, et de l'autre côté le temps du consumérisme, qui est de 42 secondes par tableau, parce qu'il faut faire du chiffre, il faut faire tant d'entrées par jour et ça, ce n'est pas possible. Donc nous avons développé pour le Centre Pompidou des travaux pour essayer de faire que les gens reprennent du temps et reconstruisent des publics d'amateurs.

Je ne sais pas si vous le savez mais le Centre Pompidou ça a été un très grand succès. Tout le monde promettait l'échec garanti, et ce qui a fait marcher le Centre Pompidou ce sont les amateurs. Parce que ceux qui ont créé le Centre Pompidou et vous savez que c'étaient des gaullistes, amis avec les communistes, enfin amis plus ou moins, mais disons qu'ils se respectaient, ils avaient fait la guerre ensemble, ils ont utilisé les comités d'entreprises et les correspondants du Centre Pompidou, les méthodes qui étaient utilisées par ce qu'on appelle l'éducation populaire. Et moi j'ai travaillé avec le Centre Pompidou à cette époque-là, ça existait encore. Il y avait des correspondants. Qu'est-ce que ça veut dire ? C'est que dans toutes les villes de France il y avait des gens qui étaient les correspondants du Centre Pompidou. Et quand on faisait une nouvelle expo au Centre Pompidou, les correspondants venaient, donnaient leur avis, pouvaient emmerder le commissaire et les commissaires râlaient. Mais en même temps ça créait une espèce de dynamique, de vraie dynamique d'éducation populaire. Et aujourd'hui ça, le numérique, ça permet de le faire à la puissance dix. Il y a aujourd'hui à réinventer l'éducation populaire, mais avec ces technologies. Ça ce n'est pas facile parce que quand vous allez voir les professionnels de la profession qui s'appelle l'éducation populaire, « hou là là, moi ces technologies-là je ne connais ». Ils ne veulent pas être mis en question. Personne ne veut être mis en question, mais il faut se remettre en question.

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(18/03/2016 @ 13:15)

Intervention de l'April à Nancy lors de la 1ère rencontre Rézonumérique  Voir?

24 Mars 2016 - 10:00
24 Mars 2016 - 16:30

L'April interviendra le jeudi 24 mars 2016 dans le cadre de Rézolutions Numériques, « cycles de rencontres territoriales pour accompagner les associations dans leur transition numérique. »

Deux sessions d'une quarantaine de minutes auront lieu le matin sur le thème « Logiciel libre et monde associatif : une convergence à renforcer » et seront co-animées par l'April et Lolica, le Groupe d'Utilisateurs de Logiciels Libres (GULL) en Champagne-Ardennes.

En fin de matinée, une table ronde intitulée « Transition numérique, quels enjeux pour les associations ? » permettra à Laurent Costy, administrateur de l'April et co-animateur du groupe de travail Libreassociation de l'April, de souligner l'intérêt, pour les associations, de faire l'effort d'utiliser des logiciels libres.

L'après-midi sera entièrement dédiée à un Barcamp, sorte de Forum ouvert ou chaque participant apporte et vient chercher informations et compétences.

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(16/03/2016 @ 16:11)

Dernière mise à jour : 01/05/2016 @ 16:57

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